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Poème partagé par StJust – création poétique en ligne
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Lucie n’est pas venue. Je suis toujours fidèle,
Chaque année je m’y rends en espérant pourtant,
La voir comme autrefois, posant comme modèle,
Au centre des beaux-arts, pour quelques étudiants.Lucie ne chante plus, n’apparaît plus sur scène,
J’aimais discrètement aller à ses concerts,
Ses propos étaient crus, mais pourtant pas obscènes,
Je les trouvais légers, ils étaient comme offerts.Lucie ne sculpte plus, ne pétrit plus l’argile,
On dit qu’elle a cessé de peindre, à présent.
J’aimais bien ses dessins, j’aimais ses doigts agiles,
Elle est sur le Bottin aux abonnés absents.Si Lucie n’écrit plus, cela doit nous surprendre,
C’était comme un besoin, une nécessité,
Elle lisait beaucoup, voulait toujours apprendre,
Elle était inspirée, aimant l’adversité.Lucie a disparu, nul n’a de ses nouvelles,
Ses amis d’autrefois, semblent bien ignorants,
Beaucoup l’ont oubliée. Qui d’elle se rappelle ?…
Je constate le fait, tout en le déplorant.De Lucie aujourd’hui, çà je me le demande,
Que reste t-il, à part un livre et des photos,
Des toiles dispersées, que nul ne recommande,
Des oeuvres non signées, gardant l’incognito.Lucie est dans mon coeur, lorsque « petite fille »,
Je l’ai connue venant demander du travail,
Curieuse, spontanée, le regard qui pétille,
Elle me fascina, dans le moindre détail.J’étais bien plus âgé, de suite en sa présence,
J’éprouvais un besoin de la faire rêver,
Je voulais la combler, de bien-être et d’aisance,
Devançant ses désirs, la gâter, la gaver.Étonnée au début, ell’ vit en ma conduite,
Un moyen détourné, comme pour l’acheter,
Car on croit rarement aux offrandes gratuites,
Pour un cadeau reçu : faut-il s’en acquitter ?…En fait, je l’ai compris, bien plus tard, par la suite,
En elle j’aimais ce côté petite soeur,
J’en ai toujours rêvé, et sa venue fortuite,
Me combla, je l’avoue, elle entra dans mon coeur.Et malgré sa froideur, ses soupçons, ses reproches,
Si je fus maladroit, je fus toujours sincère,
Je tentais vainement, de nouvelles approches
Vint son côté ingrat. Las !… qui toujours ulcère.Puis un jour profitant, d’une très courte absence,
Elle subtilisa et ceci à dessein,
Dans ma chambre un objet, c’était une évidence !…
J’avais donc abrité un serpent dans mon sein.Je lui demandai donc, pour un motif futile,
De ne plus revenir pendant un certain temps,
Je la rappellerai quand ce serait utile.
Je ne l’ai jamais fait… il y a bien longtemps !…Lucie ne viendra plus, je n’irai plus au centre
Des beaux-arts, je le sais, on ne la reverra.
Maintenant, je n’ai plus, ces serrements au ventre,
Éprouvés autrefois : le temps me libéra.…
St Just ( Joël Gauthier ) 18.2.14
En souvenir de Lucie Montiel.…
🪶 Signature de la plumeLa poésie ne souffre ni l'à peu-prés, ni la médiocrité. Seule la recherche de la perfection doit nous animer dans ce domaine. Il faut donc être impitoyable avec ses propres écrits et ne rien se laisser passer. Il y a toujours un moyen de corriger une erreur, une mauvaise rime, une mauvaise tournure.
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