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DÉROUTE (SLAM)

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoBordsdeLoire, le 31-03-2014 18:38.
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    Plume d’or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoBordsdeLoire
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      • Réponses: 258

      Poème partagé par BordsdeLoire – création poétique en ligne

      DÉROUTE

      La Loire qui coule à mes pieds crottés
      Quelque part près des Ponts de Cé
      Transporte un peu de ma mémoire
      Charrie un peu de mon histoire.
      S’enfonce dans les sables mouvants
      Mon destin de poète déclinant
      Le long du cours, je clame mes rimes
      Personne n’entend ce que j’exprime
      Ici comme ailleurs on n’écoute pas les fous
      Même en Anjou
      Surtout lorsqu’ ils sont trouvères
      Alors je ramasse mes pauvres vers
      Que j’enferme entre les pages
      D’un carnet devenu cage
      Semblable à une prison
      Aux épais murs de gris béton.
      Le fleuve file son tortueux chemin
      Sans se préoccuper de mes alexandrins
      Des oiseaux crient plus fort que moi
      Comme pour mieux couvrir ma voix !
      L’un d’eux vient de me chier sur la tête
      Le renégat de volatile, la sale bête.
      La Loire insensible poursuit sa route
      S’insinue dans mon esprit le doute
      Une mouette me survole et rigole
      Rien ne va plus, je dégringole
      Un chien me pisse dessus
      Me voilà interpellant Jésus
      Je tombe bien bas
      Et rencontre Judas
      Bizarre, ils se ressemblent tous deux
      Miroir déformant, sauve-qui-peut,
      Iscariote va aux chiottes
      Tandis que Jésus me chuchote :
      « Laisse tomber tes vers et ta poésie
      Sauf s’ils proclament l’anarchie
      Lèves la tête et regardes-moi
      J’en ai ras le bol d’être sur cette croix
      Deux mille ans de calvaire
      Et ces millions de faux-frères
      Qui défilent sous ma nudité offerte aux regards
      Pas toujours très sains, ça me donne le cafard
      Non ! Mon gars, tire-toi de cet enfer
      Qu’est la poétique, l’alexandrin et les vers »
      J’ai suivi les conseils du camarade Fils de l’homme
      J’ai fuit. Tous les chemins mènent à Rome
      Et je me suis retrouvé dans la capitale
      C’était un soir de Bacchanales
      Au bistrot des joyeux drilles
      Vers la place de la Bastille
      A chaque poème déclamé devant les spectateurs
      Un verre de gros rouge pour apaiser le rimeur
      Alors j’ai récité encore et encore
      Jusqu’à plus soif, jusqu’à l’aurore
      Au petit matin, rond comme un polonais
      Sur le trottoir, titubant, pas très frais
      J’ai pris un billet sans retour
      Pour mon ultime parcours
      A fond la caisse, le T.G.V filait sa route
      Direction: station terminus: déroute.

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