- Ce sujet contient 16 réponses, 15 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
crisroche, le 28-06-2015 14:23.
-
CréateurSujet
-
28 juin 2015 à 14h23 #2632721
Poème partagé par crisroche – création poétique en ligne
Il leur fallait trancher la terre
Trancher à vif des têtes, des lignes ou des ponts
Pour faire la guerre puis la refaire
Tra la la la , tra la la lère
C’était la tactique militaire
Qui tranche un corps d’armée
L’âme légère.
Pierre-Louis SESTIER -
CréateurSujet
-
AuteurRéponses
-
-
2 avril 2014 à 14h01 #2909827
-
2 avril 2014 à 15h25 #2909829
Bonjour Pierre-Louis
Un poème concis mais qui en dit beaucoup et mène à d’autres textes.
Amicalement
Nat

—
Voilà un poème de Siegfried Sassoon:
CONTRE-ATTAQUE
Depuis des heures nous avions atteint le premier objectif
Quand l’aube pointait, telle un visage dont les yeux cillent,
Blafard, hérissé et rogue, aveuglé de fumée.
D’abord tout semblait aller bien, nous tenions leur ligne,
Les sapeurs à leur poste, les Lewis en place,
Et le cliquetis des pelles creusant plus profond la tranchée.La mort avait pourri l’endroit ; des jambes vertes, gauches,
Balancées en l’air, étalées, jetées le long des sapes,
Et des bustes basculés dans la boue qui aspire,
Ballottés comme des sacs à sable piétinés, mal remplis,
Et des culs à l’air, trempés, des cheveux emmêlés,
Des têtes gonflées, avec des caillots, englués dans la vase.Puis vint la pluie- la bonne vieille pluie !
Un soldat bâillait, à genoux contre le remblai,
Secouant le matin voilé de brouillard.
Il demandait quand les Allemands s’y mettraient ;
Et bien sûr, ils y sont allés au quatre vingt quinze,
Qui fauchait, sûr comme le destin, sans un raté.Muet dans le fracas des obus, il voyait éclater,
Soufflant la terre noire et les barbelés dans les bourrasques d’enfer,
Et les postures de géants s’envolaient en lambeaux de fumée.
Il se cachait, se dérobait, dans le vertige sans frein de la peur,
Mourant de fuir, haïssant l’horreur étranglée
Et les gestes de boucherie frénétique des morts.Un officier descendit la tranchée à tâtons ;
« Debout, en première ligne ! » Il continua…
Haletant et gueulant, « Première ligne…contre-attaque ! »
Puis la brume se leva. Bombardement sur la droite
Vers la vieille sape; mitrailleuses à gauche;
Et devant surgirent des formes floues, trébuchantes.» Mon dieu! Ils nous viennent dessus! » Les balles claquaient,
Il se souvint de son fusil…Feu nourri…
Et il s’y mit, enragé, sauvage…Puis un bang
Le ratatina et le roula de côté, l’envoya d’un coup
Gémir et se tortiller : personne pour l’aider. Il étouffait
Et se défendait des battements d’aile écrasants des ténèbres,
Perdu dans le fouillis confus des cris et des pleurs…
Bas, et plus bas, et plus bas, il s’enfonça et coula,
Saignant à mort. La contre-attaque avait échoué.—–
A propos de Sigfried SassoonNotes prises dans le recueil que je possède :
(D’autres informations prises sur le Net)« Sassoon ne recule pas devant un propos résolument satirique, s’en prenant explicitement à l’incurie des gradés, à la veulerie des planqués, à la stupidité de ceux qui ne voient en la guerre qu’un spectacle héroïque et édifiant. Il n’y a pas de héros mais plus sûrement le dégoût de tout ce qui nourrit la guerre et la fait durer. »
« IL publie en juillet 1917sa « Déclaration d’un soldat » où il fait part de toute sa défiance à l’égard des autorités militaires
(Il était un jeune officier anglais et il a vécu cette guerre dans les tranchées.)« Je crois que la guerre est délibérément continuée par ceux qui ont le pouvoir de la terminer » Ainsi certains de ses poèmes s’en prennent-ils aux généraux gâteux, à ces vieilles badernes aigries qui bâfrent aux meilleures tables, tout autant qu’à ces pères ventripotents qui appellent de leurs vœux une guerre assez longue pour donner à leur fils une chance de monter au feu. De même règle-t-il son compte aux plumitifs qui exaltent la guerre, émerveillés du grand nombre de tués. Il y a de toute évidence chez Sassoon une veine de satire et d’humour noir, c’est à dire, désespéré. »
—–
Excuse la longueur de mon passage!!🪶 Signature de la plumeLes haillons de l’amour ne se reprisent pas . Nataraja.
-
2 avril 2014 à 17h51 #2909851
ne jamais oublier …
🪶 Signature de la plumeC'est beau d'?tre seul(e).
?tre seul(e)ne signifie pas ?tre solitaire.
Cela signifie que l'esprit ne vit pas sous influence et qu'il n'est pas pollu?
par la soci?t?.
[Jiddu Krishnamurti] -
3 avril 2014 à 5h47 #2909886
Tu as raison, de vouloir donner à ces évènements cette tournure d’esprit, légère comme une comptine d’enfant. L’innocence de cette chair à canon était une arme bien légère pour une tranche de vie d’homme..
Mes amitiés Pierre-Louis
🪶 Signature de la plumeQuand le po?me a des beaut?s, quelques taches ne me choquent pas
-
3 avril 2014 à 5h49 #2909888
ça fait mal, il faut s’en souvenir pour ne plus en souffrir, et le cœur continue de saigner pour eux, ces héros,
amitiés
yann
-
3 avril 2014 à 6h07 #2909893
Grinçante comptine ! Bravo !
🪶 Signature de la plumerecueils de mes po?mes disponibles : Cliquez sur les liens ci-dessous
https://www.edilivre.com/la-dechirure-des-jours-nicole-ride.html
http://www.edilivre.com/comme-une-plume-au-vent-nicole-ride.htmlou bien FNAC / Amazon
-
9 avril 2014 à 8h35 #2910543
Merci à vous, bien amicalement.
-
9 avril 2014 à 11h28 #2910569
L’Art Militaire: un pacte que les hommes ont scellé pour se battre, se tuer, s’égorger , se dépouiller de manière ingénieuse…
amitié
hamid
🪶 Signature de la plumeMes Romans viennent de para?tre : " LES LAMES DU SILENCE" chez EDILIVRE
"LE coffret en bois d'?b?ne " chez ?ditions MUSE
et mon recueil de po?sie"Tranches de Vies " chez Edilivre -
15 avril 2014 à 0h23 #2911059
concis, magnifique!
🪶 Signature de la plume
Lire, c?est rencontrer du monde, au plus profond de soi.
-
15 avril 2014 à 5h35 #2911062
mais l’âme reste, mémoire
Amitiés
🪶 Signature de la plumeEvE-LyNe
-
7 juillet 2014 à 1h29 #2911520
merci de ce partage cher ami
🪶 Signature de la plumeJe ne suis qu'un individu de plus dans le rouage dans la vaste machine cosmique. Moi, qui croyais ?tre libre et autonome, je ne suis qu'une poussi?re dans l'univers...
-
27 juin 2015 à 17h41 #2911780
Les hommes sont fous de faire la guerre qu’on nous laisse vivre en PAIX !
Merci j’ai adoré le style autant que la forme
Luz
🪶 Signature de la plumeLes gens vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir... Et meurent comme s'ils n'avaient jamais vécu. Le Dalai Lama . Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit? Khalil Gibran
-
27 juin 2015 à 17h56 #2911781
L esprit guerrier est coupable de bien des maux ….
-
28 juin 2015 à 14h23 #2911782
merci à vous tous pour vos commentaires.
-
-
AuteurRéponses
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.


