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Paroles: P. Briollet – P. Dalbret
Musique: Paul DalbretRiches ou pauvres quoi qu´on fasse sur la Terre
Notre existence est une chose éphémère
Et des pendules le tic tac incessant
Semble nous dire « Tout passe avec le temps »
Voici l´enfant qui vient de v´nir au monde
Sa mère penchée vers sa petite tête blonde
Vers la pendule placée près de son lit
Jette un regard et soucieuse se ditSi l´on pouvait arrêter les aiguilles
Au cadran qui marque les heures de la vie
Nos p´tits enfants si mignons, si gentils
N´ grandiraient pas pour déserter leur nid
Lorsqu´à vingt ans, un jour, ils se marient
Sans un regret, ils partent et vous oublient
Et les mamans dont ils brisent l´espoir
Pensent « On voudrait près d´ soi toujours les voir
Rester petits garçons ou petites filles
Si l´on pouvait arrêter les aiguilles »Un malfaiteur, pour expier son crime
Est condamné au châtiment ultime
Dans sa cellule, il entend ses gardiens
Dire tout bas « Ce sera pour demain »
Le lendemain, il voit que l´aube se lève
Et ses idées se brouillent comme dans un rêve
Il est secoué de terreur et d´ remords
Et dit, tremblant, sentant venir la mortSi l´on pouvait arrêter les aiguilles
Au cadran qui marque les heures de la vie
J´ n´aurais p´t-être pas, lorsque sonnait minuit,
Commis le crime dont je vais être puni
Il a suffi d´une fatale minute
Pour que d´un homme je devienne une brute
Mais quoi, voici l´horloge de la prison
Qui sonne le glas de la séparation
Plus qu´un espoir, mon Dieu, pour ma famille
Si l´on pouvait arrêter les aiguillesDans les campagnes ainsi que dans les villes
Règne le calme et chacun vit tranquille
Sans se douter qu´un orage gronde au loin
Pour bouleverser la paix du genre humain
Un peu partout, en Europe, en Afrique
Les noirs dessous de l´infâme politique
Sèment la guerre, horreur de tous les temps,
Que nul ne peut arrêter et pourtantSi l´on pouvait arrêter les aiguilles
Au cadran qui marque les heures de la vie
On n´entendrait plus le tocsin sonner
Pour enlever nos fils à leurs foyers
Quand à l´instant où tous les bras travaillent
Quoi de plus triste que l´heure des batailles
Peut-être qu´un jour retrouvant sa raison
L´homme maudira la guerre et ses passions
Plus de tueries ni d´hommes qui fusillent
Si l´on pouvait arrêter les aiguillesTous emportés par l´effroyable ronde
Les années passent si vite pour tout l´ monde
Que l´on se dit « Pourquoi se jalouser
Se faire tant d´ mal au lieu de s´entraider? »
Deux pauvres vieux, usés, cassés par l´âge
Sentant venir l´heure du grand voyage
Encore unis, comme dans leur jeune temps
Dans un baiser, disent en s´enlaçantSi l´on pouvait arrêter les aiguilles
Au cadran qui marque les heures de la vie
Nous n´aurions pas la triste appréhension
D´entendre l´heure de la séparation
Après avoir passé toute une vie
A nous chérir sans aucune jalousie
Le coeur bien gros on n´ devrait pas penser
Qu´un jour, hélas, il faudra nous quitter
Vivons d´espoir, à quoi bon s´faire tant d´ bile
Puisqu´on n´ peut pas arrêter les aiguilles!Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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