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Arrêter les aiguilles. Berthe Sylva (1937)

  • Ce sujet contient 3 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoadn, le 24-10-2014 04:03.
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    Avatar photodaniel46
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      Paroles: P. Briollet – P. Dalbret
      Musique: Paul Dalbret

      Riches ou pauvres quoi qu´on fasse sur la Terre
      Notre existence est une chose éphémère
      Et des pendules le tic tac incessant
      Semble nous dire « Tout passe avec le temps »
      Voici l´enfant qui vient de v´nir au monde
      Sa mère penchée vers sa petite tête blonde
      Vers la pendule placée près de son lit
      Jette un regard et soucieuse se dit

      Si l´on pouvait arrêter les aiguilles
      Au cadran qui marque les heures de la vie
      Nos p´tits enfants si mignons, si gentils
      N´ grandiraient pas pour déserter leur nid
      Lorsqu´à vingt ans, un jour, ils se marient
      Sans un regret, ils partent et vous oublient
      Et les mamans dont ils brisent l´espoir
      Pensent « On voudrait près d´ soi toujours les voir
      Rester petits garçons ou petites filles
      Si l´on pouvait arrêter les aiguilles »

      Un malfaiteur, pour expier son crime
      Est condamné au châtiment ultime
      Dans sa cellule, il entend ses gardiens
      Dire tout bas « Ce sera pour demain »
      Le lendemain, il voit que l´aube se lève
      Et ses idées se brouillent comme dans un rêve
      Il est secoué de terreur et d´ remords
      Et dit, tremblant, sentant venir la mort

      Si l´on pouvait arrêter les aiguilles
      Au cadran qui marque les heures de la vie
      J´ n´aurais p´t-être pas, lorsque sonnait minuit,
      Commis le crime dont je vais être puni
      Il a suffi d´une fatale minute
      Pour que d´un homme je devienne une brute
      Mais quoi, voici l´horloge de la prison
      Qui sonne le glas de la séparation
      Plus qu´un espoir, mon Dieu, pour ma famille
      Si l´on pouvait arrêter les aiguilles

      Dans les campagnes ainsi que dans les villes
      Règne le calme et chacun vit tranquille
      Sans se douter qu´un orage gronde au loin
      Pour bouleverser la paix du genre humain
      Un peu partout, en Europe, en Afrique
      Les noirs dessous de l´infâme politique
      Sèment la guerre, horreur de tous les temps,
      Que nul ne peut arrêter et pourtant

      Si l´on pouvait arrêter les aiguilles
      Au cadran qui marque les heures de la vie
      On n´entendrait plus le tocsin sonner
      Pour enlever nos fils à leurs foyers
      Quand à l´instant où tous les bras travaillent
      Quoi de plus triste que l´heure des batailles
      Peut-être qu´un jour retrouvant sa raison
      L´homme maudira la guerre et ses passions
      Plus de tueries ni d´hommes qui fusillent
      Si l´on pouvait arrêter les aiguilles

      Tous emportés par l´effroyable ronde
      Les années passent si vite pour tout l´ monde
      Que l´on se dit « Pourquoi se jalouser
      Se faire tant d´ mal au lieu de s´entraider? »
      Deux pauvres vieux, usés, cassés par l´âge
      Sentant venir l´heure du grand voyage
      Encore unis, comme dans leur jeune temps
      Dans un baiser, disent en s´enlaçant

      Si l´on pouvait arrêter les aiguilles
      Au cadran qui marque les heures de la vie
      Nous n´aurions pas la triste appréhension
      D´entendre l´heure de la séparation
      Après avoir passé toute une vie
      A nous chérir sans aucune jalousie
      Le coeur bien gros on n´ devrait pas penser
      Qu´un jour, hélas, il faudra nous quitter
      Vivons d´espoir, à quoi bon s´faire tant d´ bile
      Puisqu´on n´ peut pas arrêter les aiguilles!

      Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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