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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Dans la cour de l’asile de Montfavet
Assise sur un banc, Camille écoute les Napoléons :
Un grand, un petit, un chauve, un grisonnant déclamer.
Elle entend Waterloo, imagine les bataillons.Depuis combien de temps est elle dans ce jardin,
Tous les jours elle ne sent que la faim,
Robespierre surgit d’un bosquet, « On leur coupe la tête »,
Charlotte Corday à ses talons reste muette.Dans le brouhaha des Empereurs, Camille revoit Rodin
Prés du Baiser, se serrant tous deux, amants :
Les mains du géant posées sur son bassin
Du fond du jardin arrivent les hommes en blanc.Elle revoit ce matin où dans son atelier
Les mêmes hommes, de blanc vêtu, à la vie
L’enlevèrent , jetée dans un fourgon, ballante
Conduite en Enfer, malgré tous ses cris.Parfois le petit Paul vient lui rendre visite,
Sa morale catholique dégouline de son costume,
Il lui reproche sa mauvaise conduite,
Peut il sentir sa triste amertume …Les Napoléons refont la Campagne de Russie face aux infirmiers,
Les coups pleuvent, les cris, les hurlements jaillissent,
Camille se met à hurler, à crier, à battre des pieds,
Des mains rudes l’agrippent, la serrent, pleines de malices.Dans sa chambre d’asile, attachée à son lit
La faim la tenaille, la faim la tenaille
Camille rêve à Rodin, à leurs épousailles
A son atelier, à leurs baisers, à la douceur de la vie…
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