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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
A mon grand étonnement, la table prés des grandes vitrines
Etait ce jour de Mars drapée d’une étoffe noire.
Je m’étais habitué dans cette brasserie de voir les bobines
Enjouées de deux sympathiques vieillards.Le patron tout en s’occupant des clients me raconta leurs histoires:
– » Vous saviez que les lettrés les surnommaient : « Bouvard et Pécuchet « ,
C’était les meilleurs amis du monde depuis leur enfance.
Leur mères étaient voisines et le même jour donnèrent naissance
A deux garçons, tous s’en étaient amourachés.
Tous les matins, prés des bassins du Palais Royal
Les deux mamans promenaient leurs landaus.
Puis tout simplement sur les bancs de l’école communale
Commença leur amitié sans le moindre raccroc.
On les voyait toujours ensemble, même en vacance,
Les matins ils préféraient aller à la buissonnière ,
Ils se partageaient les filles à leur convenance,
Tous les adultes se prêtaient à leurs prières.
Leur adolescence, c’était l’occupation, les allemands.
Sans la moindre peur, ils se firent résistants,
Distribuant les tracts, collant les affiches,
Sur les barricades pour aider les britishs.
Viens le temps des honneurs, jeunes décorés.
Les voilà étudiants, entrant en politique,
Pour De Gaulle ils ont l’âme patriotique
Mais toujours ensemble sans se renier.
Au fil des années, rien n’entame leur amitié,
Ils épousent deux sœurs de bonne famille,
Se partagent leurs maitresses sans regrets.
Cette table, ils en avaient la pupille.
Au début de la semaine, l’un deux est mort :
Un arrêt du cœur, rendant son ami malheureux.
A l’enterrement, sur la tombe fraiche
Il s’écroule et meurt pendant le prêche.
Vous voyez, je vais garder ce linge sur la table
En souvenir de ces amis si affables. »
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