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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Mon jeune Nicolas, je sens que mon heure arrive
La Mort armée de sa faux ne tardera pas à trouver le chemin
Qui conduit à mon lit, tel est notre triste destin
Viens prés de moi pendant que ma mémoire se ravive.J’ai perdu mes parents vers mes douze ans, devenu orphelin
J’errai sur les routes de France, quémandant un crouton de pain.
La triste situation de brigand semblait être mon avenir
Quand le Sieur Etienne m’attira par son sourire.Sieur Etienne était un jeune berger devenu chef d’une croisade,
Nous n’étions pas des croisés armés sur leurs destriers
Mais Trente milles enfants menés par une folle bravade
Vers Jérusalem , vers les remparts de la Sainte cité.Il faut croire qu’un ange veillait sur moi, sur la route
J’entendis les premières notes d’une mélodie,
Les premiers mots d’une étrange poésie.
J’abandonnai la croisade et sa future déroute.Je suivais partout le troubadour, comme un ombre.
A force de me voir partout , Arnaud le voyageur
Me prit comme page, décida de me sortir de la pénombre
Et de m’enseigner les trésors de son art avec ardeur.Arnaud était un professeur sévère n’hésitant pas à donner le bâton,
Mais j’appris sous son enseignement à lire, écrire, jouer des instruments.
Avec le temps, je devenais le copiste de ses magnifiques chants
Pendant les fêtes dans les châteaux j’accompagnais ses chansons.Chrétien de Troyes était de ses plus grands amis,
J’assistais ainsi à la création des récits de la Table ronde :
Lancelot, Perceval, la quête du graal , les plus grands récits
Nous étaient dévoilés, sous sa plume féconde.Je commençais à cette époque d’écrire quelques chansons,
Mon cœur était tendre et dans le fin amor
J’offrais mon cœur aux demoiselles sans remords,
Volages étaient mes amours comme mes déclarations.Les récits de la table ronde semblaient vieillissants
Les jeunes demoiselles rêvaient d’amour courtois ,
J’étais jeune et beau, mes poésies bien charmantes
je fis sourire , embrasser leurs beaux minois.Il est vrai que mes nuits se passaient plus souvent dans bras
D’une tendre soubrette, les Demoiselles je les évitaient
Seul me suffisaient leurs tendres sourires que quelques ébats,
Ils arrivaient que des troubadours finissent aux gibets !Entre les jongleurs, les musiciens , j’allais mon chemin
C’est ainsi que je t’ai recueilli mon petit orphelin.
Ce que mon maitre me donna je te l’ai offert
En ouvrant mon cœur sans le moindre regret.Les temps passent vite, nous sommes les derniers troubadours
Je sens le temps d’une nouvelle Poésie, d’un renaissance .
Va donc en Italie, je sens la naissance d’un nouveau jour
Des Génies germent sur la Terre de ce pays en effervescence .Les lourdes armures des chevaliers vont rouiller,
Les Châteaux vont laisser leurs remparts,
Sur les chemins viendront d’autres comédiens
Le Beau Troubadour deviendra Poète.
Prépare toi à ce nouveau monde sans t’effrayer
Le Printemps arrive après les frimas
Tend moi encore tes mains
Je pars dans la paix…
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