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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
A ma fenêtre, j’entends passer le Métropolitain
Il file vers Stalingrad, le Boulevard Barbés ,
Montand rejoue les Portes de la Nuit prés des caisses
Mais pourrais je dissimuler mon malaise ce matin.Sur les grillages les footeux tapent du ballon ,
Les dealers fourguent leurs barrettes ,
Les petits voleurs revendent leurs butins,
Fatiguées sont les putains aux pieds mollassons,
Les trimardeurs fouillent les poubelles ,
Les gosses vont à l’école avec entrain.Dans la rue Secrétan je vais acheter du pain
Je n’entends plus les chansons du Sahel ,
Les matelas posés sur le sol se sont envolés
Tel des tapis volants vers d’autres contrées.Puis je oublier les regards perdus de ces voisins,
Effacer de ma mémoire leurs effroyables Odyssées,
Hélas d’autres les remplaceront demain
Même si les flics s’acharnent à les évacuer.Mais toujours passe le Métropolitain
Prés du bassin de la Villette
Vers la Chapelle, Pigalle sans fin
De ma fenêtre je cache mon chagrin.Caché prés d’un réverbère j’aperçois une tente ,
Les matelas reviennent me hanter, les pauvres damnés
Ne cesseront de traverser leur continent
Pour un espoir de vie, de liberté…
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