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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
I – les jeunes années
Sa mère a sa naissance ne l’avait pas embrassé
Sinclair était un bébé laid, sans sourire, à la peau grise.
Très vite la sage-femme l’avait jeté dans un panier
Le nourrisson oublié dans le coin d’une chambre sinistre.Au fil de son enfance il apprit la dureté de la vie,
Sa laideur était son pire ennemie.
Ses parents avaient engagé un précepteur, un homme sévère
Qui a coups de cravache lui apprenaient à ne pas marcher de travers.A douze ans dans la grande bibliothèque il découvrit son Graal :
Le Pavillon d’Or de Mishima , le moine bègue et laid
Etait son double, son frère de souffrance dans ce lieu infernal.
Dix ,cent fois il relut les pages, s’abreuvant dans cet alphabet.A quinze ans , ses parents décidèrent de l’envoyer au Lycée,
Dans sa poche le Pavillon d’Or était sa seule bible.
Il se moquait des moqueries de ses condisciples, leurs biles
Ne faisaient qu’effleurer son âme, il s’en moquait.Je ne sais pas comment mais je devins son ami,
Sans doute ma douce folie d’aimer la Poésie
Etait pour Sinclair le premier pas vers l’amitié,
Je lui lisais les Fleurs du Mal à l’ombre de l’été.Sinclair m’écoutait prés de la fenêtre, à la lumière de la Lune.
Je le voyais sourire, un doux sourire qui le rendait beau.
Parfois il me lisait un chapitre du Pavillon d’Or, appuyant sur les mots
Comme un grand comédien, un Lucchini à la chevelure brune.Je ne lui connaissais aucune petite amie, même ses doux poèmes
Faisaient fuir les Demoiselles, comme le moine il les bégayait
Rouge comme un pivoine, fragile comme une azalée.
Son humeur se faisait alors tempêtes, cœur rempli de haine.A la fin des études je quittais Sinclair pour commencer ma vie,
Il retourna chez lui après six ans d’oubli de ses parents.
Mais la chance lui donna une douce fortune, un accident
D’avion le libéra d’eux, offrant une nouvelle chance à mon ami.Il hérita de leurs fortunes, quelques milliards volés à des retraités.
Son père était banquier d’affaire chez Morgan, Paradis fiscaux
Des Bermudes, Luxembourg attendaient l’héritier.
Sinclair décida de devenir mécène, l’argent le rendait beau.Aujourd’hui je reçois son invitation pour le Nouveau Pavillon D’Or,
Un asile, un Paradis contre la laideur du Monde.
Les enfants ne sont pas admis pour le séjour, indique notre Hôte
Mais tous se précipitent pour la Ronde.à suivre…
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