-
Sujet
-
Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Quand mon cœur part en solitude, loin des rires et des chants,
Mon âme rejoint l’autre monde sur une barque fragile ;
Comme un spectre de Shakespeare à la face livide
Elle se tient imposante , immobile sur la proue du chaland.Menée par un guide muet aux yeux cousus de fils d’or,
Aux lèvres fermées sans le moindre gémissement,
Les rames de bois blanc fendant les eaux prudemment
D’une mer lugubre aux clapotis mélancoliques aux abords.Alors qu’un instant je ne voyais devant moi que l’horizon
Bordé de nuages gris, sombres et tournoyants
L’île apparut devant notre esquif comme un ancien géant,
Eclairée par un rayon de Lune s’embellissant en doré tison.Les falaises autrefois sombres et granitiques devenaient bijoux
Nimbées d’une parure d’or comme le sont ceux des esclaves maures,
Les moindres secrets de l’île prenaient des reliefs admirables tels les mandragores
Aux écailles dorées, fluorescentes immobiles sur des ardents cailloux.En son centre se tenait un bois de cyprès s’élevant vers les cieux ,
Sur les cotés deux bâtisses en marbre blanc aux fenêtres fermées ;
Aux murs silencieux comme les tombeaux des tristes damnés ,
A leurs pieds trois marches d’un triste escalier disgracieux.Abandonnant mon guide à son morne labeur j’avançais vers les demeures,
Nul gazouillis de rossignols, nul écureuil jouant sur les branches,
Tout sur cet île appartenait à la Mort et à son silence;
Dans ma poitrine je n’entendais plus les battements de mon cœur.Frappant de la lourde tige de bronze la majestueuse huis de la maison
J’attendais la dame de l’île qui venait me chercher pour l’ultime baiser,
Elle apparut devant moi comme les derniers soupirs de l’été
Puis en baisant ses lèvres carmins j’abandonnais de vivre toutes raisonsL’île des morts tableau de Bocklin
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.