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Poème partagé par yoledelatole4 – création poétique en ligne
L’ombre de ces jours passés
Il a la tête baissée, le bonnet rapiécé, son ombre elle est émoussée
Il a le sourire cadenassé, ces chaussures harassées et les mains gercées
Il a aussi le visage cabossé, son sourire est souvent pincé, même glacé
Les regards sur lui ne font que s’esquisser, ces yeux sont toujours plissés
Il s’endort là où les chiens n’osent pisser, là où les bancs sont crevassés
Pour cet errant c’est un euro les WC et bien souvent il n’a jamais assez
Pourtant quand vous le croisez, vous ne voyez que lui et pas l’ombre de ces jours passés
Pourtant quand vous le croisez, vous ne voyez pas l’ombre de cet enfant avec des ballons rouges et bleu qui au ciel dansait
Quand il avait cinq ansIl a le regard la tête baissée, ces chaussures tabassées et son ombre est terrassée
Il a le sourire froissé, l’allure d’un enfant décontenancé, et le pas souvent pressé
Les mains quelque fois lui jettent quelques pièces qu’il s’empresse de vite ramasser
Il s’endort là où les nuages sont angoissés, là où la lune froide ne fait que passer
Pour cet errant c’est deux euros les douches et bien souvent il n’a jamais assez
Pourtant quand vous le croisez, vous ne voyez que lui et pas l’ombre de ces jours passés
Pourtant quand vous le croisez, vous ne voyez pas l’ombre de cet enfant que sa mère embrassait quand il se blessait
Quand il avait six ansIl a les yeux baissés, le regard vers un autre passé et son avenir le guide d’un pas désintéressé
Il a le regard empressé, les chaussures délassées et son ombre est trop lourdement cabossée
Les enfants plus souvent lui tendent un sourire et il leur rend gêné et presque embarrassé
Il s’endort là où les cauchemars ne veulent pas passer, là où les rêves ne sont que froissés
Pour cet errant la nuit c’est un parc ou un parking si il ne s’y fait pas chasser ou tabasser
Pourtant quand vous le croisés, vous ne voyez que lui et pas l’ombre de ces jours passés
Pourtant quand vous le croisez, vous ne voyez pas l’ombre de cet enfant qui dans la nuit sanglotait et que sa mère venait embrasser
Quand il avait huit ansIl a le regard ailleurs dans ce froid glacé, les yeux vers un lointain passé
Il s’est endormi cette nuit près d’un village, il est mort dans un fossé
Il avait l’allure d’un homme ou ce qu’il en restait, une ombre froissée
Il s’est endormi près d’un orme, près de lui quelques affaires amassées
Pour cet errant la vie s’est terminée sous une nuit d’étoiles éclaboussées
Pourtant si vous l’aviez croisé, vous n’auriez pas vu cet homme qui fut fiancé
Pourtant si vous l’aviez croisé, vous n’auriez pas vu cet homme qui avait divorcé
Pourtant si vous l’aviez croisé, vous n’auriez pas vu cet homme que la nuit a ramassé
Ni celui d’un enfant heureux qui l’été mangeait des crèmes glacées et qui des ballons dans le ciel faisait valserIl était un homme broyé sans présent ni avenir, avec un cœur qui de plus en plus palissait
Il était un homme enfant qui avait cinq ans ou peut être quarante-quatre ans, qui le sait
Il était un homme enfant qui est parti un jeudi d’hiver comme une existence qui a glissait
J’ai vu son ombre heureuse de repartir là où les nuages les champs embrassaient
J’ai vu son ombre et avec lui un garçon qui des ballons l’été faisaient danser
J’ai vu un homme qui était marqué de bleus et qui comme une pensée n’a fait que passer🪶 Signature de la plumela nostalgie est un bouquet de fleurs enfoui au fond de votre coeur , qui vous embaume quand remontent les souvenirs du bonheur , yohann
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