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Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne
L’hôpital-kaléidoscope
Mon pas impropice à la chambre
Je le livre au soir fenêtré ;
La chevelure errone l’orbe
Dans l’étagement qui flavesce.Comme les vaillances iriennes
Des turquoises me considèrent,
Braises de ciel parmi la mer,
Qui brûleront leurs tissus fins.J’ai flagellé de mon sélam
De fiers albâtres impensés,
Épétalant le florilège
En indécis de roseur fée.Au même moment que la nuit
Clame l’incarnat tessellé,
J’obombre des voeux longs qui m’ailent
Le sang de la jeune adieusante.Chétive
de la gaze des ramures hiémales
s’extrait infime l’arc nitescent
venant s’inscrire dans son carcan
de presque halola pulvérulence du sagittaire
lacte les inatteintsle carquois vague et bée parmi les galaxies
étrangères à la formule multiplicative
de l’empenne et de la pointele fatum du disparoir est le trait dardé
il traverse l’arborescence
qu’a fusinée le premier instant de mon sang
impropice aux allégresses récoltantesL’escalier de safran
Si malingre sur les rochers de la rive
sa peur désormais un foulard de soie dénoué
à même le vent
son sang malade cette voile blanche
continûment contre la pourpre ouatée du lointainquand se confirme tout autour d’elle
la dernière fête de l’été
elle sent revenir le monstre exilé dans ses os
et elle esquisse le geste qui violente
avec la hurlée qui laisse seulmais de rythmes et d’alcools la foule se cuirasse
…………………………………………………………………….Son pas véloce et vaincu dans les rues innommables
les premiers luminaires acquis aux cheveux d’or
ruissellent le long de son corpsle jardin précise les lignes de son épuisement
devant la si ancienne bâtisse
qui joue à être son château d’enfancele jardin mais aucun des bancs fallacieux
qui cernent le bassin et sa naïade de fer bleuissantelle marche vers l’angle ravisseur
et s’étend sur l’étroit escalier
dont une lampe finement treillissée safrane la pierrede son visage de neige elle attend la fonte
et elle lui parle
à la leucémie
comme à une féale
des décisives cavaleselle dit qu’elle voit ici
la couleur exacte de sa douleur et de sa solitude
qu’ainsi partagées
qu’ainsi déposées sur la nuit
comme le feu de l’âme sur l’encre du poème
elles ont moins d’empire en elleles marches qui montent
et celles qui descendent
ne la concernent plus
elle s’endort au milieu de l’escalier de safranÀ l’aube avec sa vie
s’éteint la lampe niellée de proiesIntervalle
Étique et paisible cet homme
dont les yeux réunis aux pensées
font un camaïeu de jais
Sa barque le porte debout
Dans ses mains boucanées
une épuisette s’arque
Il va épurant un seul geste
à l’émondoir de l’allure idéale
patient fouilleur de sa voie
cet intervalle de corolles et d’eau solaire
entre les chantiers qui tapagentLes étoiles odysséennes
par myriades la vitrerie
ruisselle de la défiguration des cielsles silhouettes charivaresques
enchevêtrent des phonèmes
où les mythes se sont amuïset je me serai enfuie vaine
parmi l’incandescence
qui ligote et pointille les grands conifèreséchoient au spastique borée
la fantasmagorie du déliement fécond
et la ressouvenance des frémisseusesaffleurant diaphane ma nostalgie
un sachelet enfle
et tournoie
ascensionnel
par à-coupsmimodrame du baluchon de la galaxie
Prestidigitation
grands arbres de l’arrière-saison
ramescents pinceaux
qui variamment
imagez la fixité
sur la trame des cielsla patience de mon regard
jusque-là votre épigone
aquarelle les prémices d’un volde la passerelle propice à mon voeu
tout l’évanescent pointilléLe sagittaire féerique
pour arquer sa balustrade
un balcon
provoque le bleu marinede leur bondissante récurrence
par-dessus l’étoilement qui sille
des dauphins l’ajourentenclosent la liqueur nauséeuse
houlée par un corps lacunaireravissent
les oiseaux voilagés qui neigeaient leur essorune nageoire de drap
blessée d’entrebâillure
affirme la plongéeet déjà découpeurs de la vitre
qu’un globe safrane
ils ne s’éteignent pas
ainsi dardés dans l’abysse nocturneLa jeune cancéreuse au lavabo
Depuis ce matin
le savon est un coeur rouge
Et les mains à laver
iront inéluctablement le perdantSur la blanche soucoupe sonore
où la jeune femme le repose
il commence de saigner
Grisée par le parfum nouveau
de longtemps elle songera
devant l’ovale d’un miroir
dont le reflet l’interditDe ce coeur quelles seront
et la taille et la métamorphose
quand après quelques matins encore
par-delà quelques sursitaires fraîcheurs
venues aux poignets minimes
le rythme
qu’au fond d’elle il lui fait la grâce d’enhardir
aura cesséMatutinale
Chienlit
des lueurs
des véhémences qui flamboient
des reflets colosseset fouler le cuivré d’une ruine panique
ouvrir le sang
la mer des desseins
pour une vacance à notre image
pour une trouée où s’abandonne
le réflexe mâtiné de contratfaire et penser
à leur dépouillé de silex et pyrite
dont un heurt encorefiligrane le sourire dans l’étincelle exhaustive
Lumière et soif
rayonna l’agrume
sous le gouttellement de la lame
et les lumières erratiques
et les reflets orphelins
se réunirent en le nectaril s’évasait au bord de la table
concilié un temps encore
avec la rumeur du verresa franchise de flambeau
et le clair-obscur de mon sang
obvièrent à la promiscuité
pour tout le charme d’une demande :
que deviendra cette soif ?quand la fenêtre eut un cri de corolle
son rose héritait
il s’allumait par degrés
bouleverseur de sa définition
et buvant les vanités du soirmais soufflé
par l’alliance des heures et des sombres
il se lova déjà sous les patiences d’aurorespendant qu’éparse dans le carrellement des alentours
fraîchissait une orangeade ambrée
pour le vivier des silhouettes
et l’adolescence des solitudesPerrault perpétuel
un ovale d’eau encristale la nudité
comme sombrent
comme reposent
ouvertes les mains minimalesl’abstruse gestuelle
se dispersela lamelle du savon
fleure un végétal à réinventerl’éclairage s’étant lassé
son reliquat atermoie dans les délicatesses de métalil a semblé qu’un déchiffonnage de papier
préludât au conte du boîtierahane la musique
du ballet
les voix débonnaires
et fées relaientS’endormir
incidence de la meurtrissure promise par le fuseauun sfumato alite
oiseleur de bleus amuïsUn secret
sur les lèvres
enlumine
son effleurescenceredressé
son rough
le corps
ruisselleet sur la buée du miroir
échange son entier reflet
contre cette arabesque d’une fugacité de princeVernale
avec sa cambriole d’incarnat
s’enfuit la neige félinel’instant désaliéné
va roborant l’escapadecette convalescence d’un sud
dans la reverdie pétillée
où le bris considèrele prélude à la corolle
aune le pas d’effaçureet susciteur des mille ajours
ondoie le soufré des lisièresRaphaëlle peignait son printemps
cette piaillerie
se sera emparée de l’après-midi
et l’aura retenueOr un sabot
égal
transparaît– cavalier
en ton prodige serein
tu sais une traversée
par laquelle tu ne t’éloignesni ne t’approches –
le meurtre
du méditatif losange
borne l’aquarelleAfin que se désanéantisse la rencontre
le regard pers
favorise une arborescence
dans la furieuse effluence d’andrinopleLe blanc et le noir
Neiges
cendre d’une candeur
après un feu
qui oisela le corpsubiquité
de la métamorphoserenonciation
au chemin des fondrièressous les vaporeuses intermittences
d’une étoile de platine
le deuil
partage ses empreintes
avec les grandes terres blanchesle noir déjà
dans un long jet d’oiseau
a ouaté son itinéranceMusicaline
découpé dans l’aisceau
l’acajou d’un bestiaire
où proémine le dragon sentinelle
dont les abiès aplombent l’haleine ignescente
avec une goutte de soleil
que le deuxième brin de sol
ne laisse pas d’instillerarachnéens
les ajours disséminent
un infime tremblé de cordes de lyreà travers les heures lentes
avec des sons secrets d’étoile
une à une les notes cycnéennes
se départent des corollesqui vont par-dessus le rose diamantin
s’inclinant vers l’orphée perpétuelSuicidaire
sous le bleu germinal et laïque
un tréfileur safrane
elle a son orient
l’entaille qui subjuguela veine de roseau pers
dans la vannerie des rayons
des diagonales abiétines
et des rues qu’orangent les longs soirsla chair a capitulé
calme refrain des os
effusion de froment clair
sur les neiges de l’adretLa fenêtre du guérir
un geste
encore
à la crête du sangmaléficiante affirmation
et s’éteignirent les couleurs tissues
qui mentaient par tant d’oiseaux
évanouisseurs de vitreavant les vespérales prémices
sur les rayons naïfs en leur délai de charmille
le demeurant de la pluie
suspend un penser de transparence
au rose pâle du pétaleun diamant traverse
astral payeur du dilatoire
de la chuteCette soif nouvelle
donne au recueillir
une forme d’oeil sans le périssablecéladons et pourpres obombrés
une frondeuse bouquetière
avec un infime de lampe
déploie le papier cristal de la nuit
où se délient et s’éthérisent les corollesSurréelle
les douze dernières marches
de l’escalier
s’évanouirent
dans le même temps que sonnèrent les douze coups
de midiet je demeurai suspendue
appartenant par degrés
au poudroiement des horlogesChambre nomade
le lé des éléphants de moire
s’émeut à de soudains cortèges
clairant ses plis paysagésla lucarne déguerpie
un losange voyage la lumière
au long du mur balafréla serrure appesantit sa réflexion
l’angle feint de briser
le nuagiste d’éteindremais bouquetière sans cueillaison
elle muse déjà sur le papier peint
rappelé à la corollescenceet son fidèle éclat épousant l’oreiller
un indistinct de feuilles et d’ailes
emporte la jeune sommeilleusePurifiât
à mon retour enfin dans le respire
dans le volume secret tenu pour la chambre
le brasier des voilages silencés
en faveur des épiphanies du rosechaque victuaille est attablée par la lumière
le pain des spicilèges blondoie
le diamant fraye dans l’eau
l’agrume s’affide l’enlumineurtoute la charge du sac mélanérythrin
mon épaule de lune qu’hémosigne son enfonçure
les foudres de moelle qui auront parfait mon épuisement
sont les affines du feu idéaljusqu’à la chrestomathie des cendres
qui délinéamente des vols
venus rentraire la paroxystique ardeur
à l’innocence de la métamorphoseFenêtre d’immaculation
équerre d’abondance
des traits se croisent
à l’inassouvissement du voir
frères de sombre et de safran
sereins débords de luminaires
sur la vitre insomnieusele bleuir qu’on parcelle
mais nulle anachorétique aventure
pour s’essentialiser d’un pareil lotles verticales assénées et les sols
les ramures et les silhouettes monotonisées
l’alphabet des rabâcheuses santés
se récréent dans la surprise de la blanche issuemurmure-moi psyché leucémique
ton oracle d’osséine !Il y aurait le passage
du verre déréel
et fluer en linges épars
atteignant aux lendemainspagailleuse aorte de neige
achiffrante aiguadière d’une radieuse liqueur
à travers le silence d’hôpitalLe thé de la mer intime
parent de l’abat-jour
qui ne se sera pas éteint
à même les intermittences de la nuit
le thé
se coule
dans la patience transparente d’une tasseà travers son ambre sobre
où se ramifient les timidités du rose
le papillon qui éploie un coffret laqué
enfle ses ailesvoiles
dont le voyageant parfum
afin qu’infime par infime
se déconsidère le vieux cap
détisse les fastueuses ocelles
sur une étale sans partir
donnée à l’instant clairAtypique rose
à épanouir d’aquarelle
sur le mur sa roseur
le calendrier prévaut contre la fenêtre
avec son résolu qui rosoie
la corolle surmonte l’énumérative coulure
et paysage un plus étonné regard
après si long temps de boucles luies
le sang y décèle sa destination
où le pétale serre le pétale
suffit
à l’absorption de la plus carniglyphique des heures
et les aigus dont s’argentait le dardement du passage
ont part au soupçon d’effluveChambre liquide
Enfin sourcée par la nue vaporeuse la lumière flue
le carmin des voilages infuse
haute la rose s’y baigne et s’y retrempe
émancipée du vase des funèbres versées
et la pâmoison qui va l’arquant
par-dessus ton portrait
si marine déjà malgré l’écrin talismanique
malgré la porcelaine les reliures
voués à tant d’étincelles
sémaphores des liens brisés
sur l’inenvisageable littoralPar les yeux d’hôpital
ouverte
la fenêtre
méconnu
le geste
raturé de rayons
qui l’autorisaun voilage
embrume la poignée
la provision quadrillée
repaît le vaporeux
les plis convoient
plus essentiellement que les veinescloche et pouls
en alternance
jusqu’à la confusion
du battant aortiqueun estompement de bestiaire au fusain dubitatif
s’émancipe de l’arbredes surgies de lumière
espacent la promiscuité d’argent et d’ardoisequand donc devint caduc
le colifichet des corolles
dont s’effeuillaient les aurores ?Étoile injonctive
éclatant débord
lave de platine
où migrent les horizons
pour le frai des candeurset les vieilles substances et matières
cèdent à leurs ombres qui frissonnent
ondoyantes et diaphanesLa connivence des ors
l’ample mauve où s’étendre
délasse des blancheurs d’hôpitall’escalier
pour bannir un dernier fredon
exauçant par degré un long voeu de silencela chambre conjugue la fenêtre neigée
avec la lampe des nuits transfixéesles huiles alchimiques
nettes des vieux motifs
éclipsant ce qui cèle et les bois négateurs
atteignent aux lumières aventurièresle rouge dolent a troqué la distance contre le rayon
et sur la tranche du florilège
flamboie la tessiture
dévouée aux poèmes à venirTradescantia
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