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Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne
Treize-et-un tableaux
Avec le Diptyque de Leukaima
1
– Mais enfin !… Vous n’allez pas me dire… vous, Sherlock Holmes, vous n’allez tout de même pas me dire…
– Si, mon cher Watson, si ! C’est moi, Sherlock Holmes en personne, tout à fait sain de corps et d’esprit, qui vous le dis : dans cette enquête à nulle autre pareille, il est temps que nous laissions au surnaturel la place légitime qui lui revient !
– Ainsi, vous vous mettez à croire aux fantômes ?… Ou alors, serait-ce votre première renonciation ?…
– Rien de tout cela, mon cher Watson… mais, tout naturellement, la première vraie leçon qu’il m’est donné de recevoir de l’invisible !
Le chien des Baskerville
Sur la lande, elle court, blondeur fauve, à la brune,
Vers l’auburn paternel des vitrages priés.
Hugo, surexcitant son louvet, ses limiers,
A bondi du manoir dont la pierre s’illune.La proie est ce soupir pendant qu’un signe aboie,
Noir, croissant, fantastique, enflammé de fluor ;
Dans la meute il érupte, effusant le cruor,
Et happe le maudit dont il montre la moie.Voilà donc la légende ainsi qu’on l’a transmise…
Or, tout récemment, l’hoir des Baskerville est mort,
Un cryptide à l’entour empreignant sa mainmise.Puisque la nuit transpose un genêt en rayon,
Sherlock, tapi, s’émeut des ondes qui surdorent
Le secret distançant l’élucidation.2
Melancholica artificia
Son acharné désir
d’oeuvrer au château du Louvetier
avec la déclaration que ses brûlances résurrectionnelles
délinéamenteraient les bêtes fauvesAssis immobile depuis la sommation occidentale
les merlons lui lacunant la murmurière multitude
il commençait à se sentir nocturne auteur de la désheuréepour que volcane la géométrie de la tour
où l’impulsion fatale mime encor la réponse
il avait mystique
pulvérisé et tamisé le tilleul
où furent appris à l’enfant le parfum l’âme et l’altesseMais quel tranquille éparpillement sur une aire
dont la ténèbre s’empare décisivementSeule l’épiphanie du flambeau hurlé
comprend cette soudaineté vermeille
qui parsème l’aigremoreet croît
exaspérée
la clameur au pied du foyer invariéun satellite en division
renonçant sa complicité
de nulle parcelle ignée ne douera
le possible de la girandoleen interminable parachèvement d’arc
il va
en image ameutée des affinités violies3
Cimetière rouge
ici le penser ne s’égaille plus
ici les meurtrissures
reçoivent leur baume d’aval
et d’insondable proximité
une rose gironde
s’ébat à la manière d’un coeur
si près de la poitrine de pierre
qu’argente et cuivre et dore ce prénom
la quintessence des soupirs fait ondoyer les grands saules
pour un horizon ton chandail rouge s’effile
accroché par les ressauts
des premières étoiles4
Loup ange
Montait de son aversion une aptitude
à souffler l’hyacinthe et le safran
qui fenêtraient le castelmais d’un pas si duveteux
la créature bimeurtrie en fit le tour
envieuse des dyades possédées par le balÀ la lueur du regard d’aventurine
jailli par intervalles
réunissant les foyers en l’angle du carreau
bien des cavalières rompirent leurs accolementsDes corolles glacées fouaillent son éperduement
irrépressible le vouloir de miniaturiser
jusqu’à ce lanterneau qui s’emboueet le cordonnet ignescent de l’horizon
où ardent les pestilences aliformes
avec l’immatérialité du message mêléesau bord du bassin
dont l’interroge le murmure liquide
elle confie son insolite organisme
d’expectation et d’accoisementLe suède égal du pas précise la rencontre
Leurs mutités taillent le charivari
pouls d’hypogée avitaillant la quintessenceCelle qui sera venue
se redresse délieuse
et présente son loup à l’ange
qui ne remet pas l’allomorphie de son afflictionCe princial copeau de planète
veloute un silence inconnules étoiles effondrent la durée
des mots s’y sont parachevés
avec l’empire de feindre la beauté intrépide
et de férocer la vitalité du renvoiL’axiomatique gré qui bat aux entrailles
arrache les hommes l’un après l’autreSur ses intermittences de lustre où va croissant un démon
l’instinct de prévaloir déchaîne ses cognuresDu sfumato pers
le lancinement se ramifieacharnée sa diadramance du jardin
résolue à reprendre au tristeor quelle disparition recompose effluves comme allées !
Orphelin de rose et d’orangé
puisque la lumière a appris la sépulture
le sentiment d’aube ajoure les extrêmesson accord des franchissements poudroie
La faim dépure la quête
par les lymphes exténuées l’appel sopranise
Gésir
jusqu’aux mains stellaires
à même les atlantes gamopétales
jusqu’à la rémission des solitudeset le papillon
transfixe la diaphanéité des joues
qui simulacrèrent la pressionquelque rai exauce un vol nué
Un peu de feutre mystique où
glisser l’approche
puiser les minuties d’altrosumer
si le velours a su masquer la figure putride
il libère l’irradiance du deuilL’étreinte
d’entre les appétences humides
a relevéQui danse métis une telle confirmation
acquiert au vaste l’anacrouseet sur le lissé de l’étoffe nocturne
mime
l’essor au sein de grands crayonnés d’ailes adamantines5
Instant d’église
les spirales de mélanairain
ont enjoint à la grille les récurrences
avec leur dernière révolution
délinéeuse de tarasqueelles se lovent autour des ors chétifs
des simulacres albescents
des platines tremblés de l’orient pariétalet pour obliquer une croix
ce ru d’ombres qui les corollel’eidétique arrière-fond
filtre les prémices d’un pianofortede l’alme nocturne des sopranes moniales
s’étoilent les voussures6
Les heures limbiques
_La déréliction de rubis_
Sang fissile
ses lamellivagancesles fétus tourbillonnent
la feinte rapatrie ses orsl’effarouchement
sera blanchi par le volil reste au corps
ce mouvement
qui suranne les directions
et vaespaçant les aubiers désunis
_Presque mars_
trémulements
et fugitivités des ombres
dans le jonquille et le brique
des rideaux qui flambent en vouloir de fuseauxce sentiment
de passement sûr
et de destination
qui inverse les frimas de la systoleElles ont convergé vers un félin
dont le sommeil encre les désirs du jardin_Brûlions_
Radieuses de papillons les aventureuses
chuchotaient leurs confidences
afin d’attester le foyer commun
à la robe et à l’aileun souffle
relayant leur soupir éclaireur
les approcherait de l’envoldéjà leur complexion
restituait ses sommes aux humus… Précédant d’un instant de déploration celui-là
qui a proscrit la rupture
la mère est devenue feuet s’il advient encor
à l’enfant appréhensive
de toucher par un levant aux ares du précontinûment l’enceint cet incendie
qui nue d’escarbilles la reverdieet porte à la consomption
le secret atelier des soieries printanières_Extraction_
La transformation vaste de la gare
est suspenduela fixité du machinosaure
domine l’amoncellementd’une stridence recroît
la rubrique du train
décroît d’un crissementnoir soudain
au bord de la béance
un glissement
va félinant les prémices du soir de gazeavec les minéraux qui ambrent son regard
_L’heure limbique_
des étages acérins
treillissent le chantier
la convoitise du mouvement se calfeutre
dans une éclosion de bâtisseen caillou myriadaire
pyramide la mélancolie des jardinsune récurrence de poussière d’eau
inachève la lumière cycnéenneambulatoire arcure
un corps emmantelé
rescape le bleu marine
où vague un lactescent bouquet7
Amourer
Ce soir-là
Angélique ne rentrait pasAprès une portion de nuit accordée à l’attente, il apprécia de plus en plus l’énigme qui sourdait de l’accoutumance inespérément frangible
Les jours qui s’écoulaient changèrent l’épouse en disparue et les hypothèses échancrées et les élucidations écliptiques désennuyèrent un peu son oisiveté
L’écriture d’un livre commença à l’occuper, que la suspecte entraperçue silhouetterait inlassablement
Prié de se rendre à la morgue il nia psalmodique au dévoilement de la dépouille les évidences du cardigan encore presque turquoise et de l’anneau presque noceux encore
tandis qu’à un autre roman
à un autre style
l’invitait peut-être
la lividité fantastique de la noyade8
Route d’Alle
dans sa recrudescence ce dardement bleu
où robinsonnent les lettres lucidesle dolent point de mire assermente l’itinéraire
l’épanchement thésaurise la distance
des fruits d’ailes
inversement se détachent
et leur récolte-nielle ira pulvérisant la stationdes soupirs du ponant
la crueur apprend à exhaler sa lumièrela paille la réunit en son fétu
que parmi la caillasse
à l’orée du renoncement
emprunte et allonge cette allure élytrale9
Deux femmes et deux hommes
Sur la jointure délinéée d’une terre et d’un ciel
ce que pèse le mûrissement de l’étoile
cette ardeur d’épilogue funambuleet lilialement la main de diligence va déliant
afin que la nacelle au mouvement soit dédiéequ’elle fut l’adolescente surrégleuse du mystère
en témoigne le diadème
qu’elle soulève de la porcelaine du front
et qui délivre la cascatelle de jaisle ponant s’enamoure
dans la psyché des fulgurances minéralesmais dans l’ubiquiste éteignement qui flue
il gouttetandis que le reliquat lapide
l’insurrection sparsile des berges
jusqu’à convaincre de cris
et de cruors les carreaux de rocouCette gracilité d’un corps sonore
à la charybde du sombre inclinée tellementet quel numineux
sinon cette translation de mes dépures
pour traduire en lexies
ce canotage des silences
entre la créature qui se taisait et la réticence du lémureUn rêve d’île amarra l’améthyste sous l’arche
Ces turpitudes et ces entailles de mêlé-casse
leur durée a donc un pont de crépuscule
mais tout en bas
plus que l’élixir des poumons prestidigitatrice
une scintillation qui va muant la chute en agenouillementsur la chance de la paume
les nuances violines énumèrent les anges effusl’orfèvre-joaillier qu’elle missionna
la regarde être ravie
de venelle en galerie
précieuse et cycnéenne glisserà chacun des passements
de plus en plus ovés
qui la tiennent désormais pour affine
la ville retrempe l’escamotageau sein de la transparence
danseuse de confin
à la façon d’un lance-pierre
la prometteresse fait tournoyer la chaîneUn tyranneau bleu dérivait sur le fleuve écarquillé
une lampée lie-de-vin
était sertie dans sa glabelle
imprécisée toujours
par les mirances aurorales de la palinodie10
Au mur, derrière les moroses
un triangle de lumière
avec un triangle d’ombre
la diagonale qui les joint
élime mes acquis
mes discours, mes canons
mes succulences convaincues
et la peur qui saille
des nettetés d’encre ou de linge11
Ces quelques mots en manière d’avertissement…
« Tout le monde doit mourir un jour, et n’est-il pas plus beau de vivre brièvement, avec honneur et courage, que d’avoir une vie longue dans des conditions honteuses ? » écrit, le 28 avril 1945, Maria Magdalena Goebbels, avant d’empoisonner au cyanure ses six enfants, puis de se donner la mort, avec son mari Joseph Goebbels, Ministre de l’Éducation du peuple et de la Propagande de l’Allemagne hitlérienne entre 1933 et 1945.
Il va de soi que consacrer à cet être qui a fait partie de l’humanité, ce poème de onze hendécasyllabes, ne signifie ni adhérer à l’idéologie de la fanatique, ni cautionner le geste démesurément, ‘sublimement’ dirait Marguerite Duras, tragique de celle qui fut aussi une mère.
Madame Goebbels
Ce sixième soupir redressant la mère,
Dans le cyan mordoré de la casemate,
Elle appuie un long baiser sur chaque enfant
Dont le prénom s’entend comme un aromate.Puis, qu’ils s’essorent de l’empire qui tombe,
Aux six elfes qu’elle a revêtus de blanc
Elle chante le lied qui feutre la bombe.Du battement elle fait une altitude
Où peigner leurs cheveux d’or infiniment
En passant les poisons de la turpitude,Pour s’étranger de l’après l’unit au père
12
Et lui offrir un luisel
Se proposant d’onder la relique des symphonies
le vol tréfila l’air désencombréen note noire
de manière que l’obstacle vaste fût effleuré
il solfierait l’embryonrais d’un est cloisonné
des portées eurent jaillitravesti la coda
pour jumelle vraie de l’anacrouseLa concorde des angles mitoyens
esquissait le négatif étreint par sa lyrede l’entier de son hoirie susurreuse
le ponceau chantourné des règles
revint diagonaler à travers les prestidigitations des voilagesAprès que toute l’impéritie fut exprimée
dans le point de langueur
qui sourdait au comble du horion
l’évanescence de la trace épigrapha l’imagierAllumé le safran
saumonée la cascatelle du linge
qui a diaphanéisé le suspens de son hygrophore léopardpar-delà les poignes transformantes de l’hybris
les agnosies du métal
les quant-à-soi de la céramique
se proclament au parsemis des réfléchissementsAffûteresse des phalanges
la dépouille vole-affirme la descente
anthologue des lenteurs
en deçà des équidistances
que pertuise et obombre un congéor d’emblée pour fortifiement de l’essor
le jaillir tout à sa formule d’eau
puis outre l’incurie du tourbillon
par degrés une sveltesse diaulescente
jusques à ravir cet alifère écho
luiselant l’insaisi de sa clouure astrale13
La moissonneresse
d’entre les fuligines moindries
rayon d’éteulelimbes tétragonaux
effleuré l’abat-jour albescent
l’oblique de leur coulé
pendant que la prémisse du mur
portée par un arrière procrastineà considérer le chevet déjà
ils manifestent un lambeau de rose
accueillant comme un moïse
la lexie abandonnée
au plus sélénien de la nuit qui carrelleleur mue aprilovalente
filme la triade d’une défoliée
dont les nervures ramifient
des foudres à travers les mordorésleur faucille d’ignescence trémule
le long d’une inflorescence inconnue à l’eau
juchoir pour la découpe d’un oiseau hématoïde
à l’orée de l’abîme
autant que de son premier trilleleur geste de besogne se noie
dans leur ondoyant titane
afin que chuchoteuse la dédorure d’un plein chagrin
syllabe le spicilège des painsen presque sar désormais
foyer d’aglaophème et de pisinoé
de parthénope et de leucosie
ils élongent leur épousement jusqu’à l’angle
qu’ils douent de fléchage
et qu’ils approchent du dardement de la proueet si quelque temps plus grave trouve à les brésiller
l’évanouissement par degrés de leurs grains
n’est point s’éteindreaffins de mes yeux ouverts
que l’intermission de la facture onirique
n’affide point au truisme corporella lymphe
toute la lymphe a fuiune entrebâillure en manière de style
dimidie le bleu silhouette des voilagesles plis fuselés et les croix
ont figé la sveltesse
l’élégance d’une chorégraphie dévouée
à la recherche de la prosternation fusionnellepour châsses
deux hautes horizontalités pyramidales
d’ombre et de tigrures
enchargent le sang
tout le sang
dont s’étrange la phoenicophanie
avec la rubacelle rêveuse de ru qui s’enfeuilleet l’adolescence du matin ira les scellant
de lattis ocellés
et d’air tout cheminant
de ce qui poudroie
et s’iriseEnsemble
Il y aurait leurs mains claires
parmi l’aube prime
il y aurait leur influx commun
de l’assentiment à l’accoladeLeurs deux écritures se sont liées sur un papier en fleurs
qu’elles abandonnent au sud injonctif du séjour
un corridor comme infranchi les glisse si légères
la fusion de leurs fois a éthéré la chairIl n’a paru aucun prodrome qui va voilant un dessein d’or
nul bourreau classique n’aura aiguisé leur acte
mais, follets opalins si fugacement femmes, traverser
une dernière fois l’automate multiple des villes
le face-à-face des crocs de vitre où boulevarde l’ogre marchandLa lettre lucide et confinée thésaurise tous les mots
et sur la falaise la mère et la fille se considèrent
dans leurs vêtures désaliénées que moire une lumière d’aïeule
et du germe de sourire procède leur jetéeCouleur du soir sur la mer
il y aurait un oiseau
il y aurait un essor
de la houle à l’étoileDiptyque de Leukaima
_dédié aux leucémiques_
I
Leukaima
rebelle à la stance carnée
à l’encyclorubine à ses haleurs somnifères
luire a transmué la falibourde des sémacèles
en cet iris se paradisant de son hiatusle testament caroliné par la défiance
emmantelle la rotation de la vitrine saoulepoudroyée
une brusquerie va mélodiantphotons hématies quintolets
que la ravine soudaine ne discerne
où désormais baller prévaut contre la chuteau déferlé des draps de morbidesse
Leukaima fraye dans l’arithmodulie
ce rameau tout absenceles frontons protestent de superstition
leur trismégiste pierre
il leur fulgore les causaux regards
et avérément bâtisseur l’organe pluriel relaiele découpoir des volutes égaille enfin
l’huis des navrances coïncidéeset l’hôpital aura pour naufrage
la désinvolture du flamboi
qui va myriodérivant sur l’adagio
auquel s’est affidée cette corporifiable systoleII
Leukaima s’embarquant à bord du Transmue-âmes
enfin cette justesse de feuilles et d’humus où s’étendre
où rentraire au respire scient l’hamadryade qui soupire
éployant le déliement de jais des cheveux
et l’incarnadin des paumes sibyllinescomme il a compris tout le retour
se prolonge à travers la complexion
le bris de la ramescence
qui est advenu sous la dernière richesse du pasune bête faramine s’atomise
afin qu’aoûte l’énergie autochtonele léger tremblé de l’étang
dilection des miroirs
elle recompose le récipient de ses conjointes mains
pour puiser la fraîcheur d’un plasma
de cime et de ciel
de vaticination de rose
et d’orange pastelet d’envol
elle contemple cette liliale envergure
que la trajectoire va illuminantdepuis la libellule sertisseuse
du marbre funéral et de la plante d’eau
de la première rencontre parmi la xanthiosite clairant un espace conventionné
avoir ainsi persévéré à s’ailer
apparente à la nova des symbiosesavant que celle-là ne s’occidente dans les fugitivités de la rubrique
revenue masquer l’élan
elle a clos ses paupièresc’est en artisan de patience qu’y affleure le soir
aux fins de réapprendre la sombreur
pommelée de la fractale de l’oiseauTradescantia
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