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Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne
I
suggestions_
la silhouette
au coeur du trigone qui condamne le passage
on lui a tranché la têteeffleurant mon pas de contrevenant
maintes feuilles contrefont
le marron des chérubins putrescibles
où proémine le chef funèbre
un trou érupte
la pelletée phéophore réitèrede décidence en décidence
une minute d’air nomade vient dérebuter un papier
sur la candidature duquel
une encre violine image la résurgence d’un thrèneII
l’apparu_
soudaineté duale
ces rubicelles lycofrages
d’un regard quitrans-
fixe l’oréenattée de secret
et d’albumd’onirifié
et de réelIII
vivification_
incluse dans la fenêtre
une bête noire rayonneet la divise
une verticale fauve
que lisère du blanc casséelle amorce le bondir
et sa langue qu’elle tire
ovalise l’andrinople et la crueurchacun des sabots gorgé
des imminences des chocs
afin que les transparences quadrétoilentIV
de la lampe à la lampe_
l’abat-jour matutinal
avec sa lumière safran
couledevient un ruisseau
tout le jour
je marche sous la pluie battantejusqu’à ce grand lac
qu’allument les feuilles d’automneV
cacochyme_
elle glissait lentement
à travers la pause des souffles
après que les faîtes
eurent effeuillé longuementelle n’éprouvait plus la faim
enfantine des roncesabandonnant ses émaciements
au parsemis de la chute polychrome
qui allumait les arantèles verrièresun essor comme bris fit ce papillon
des ignescences niellées de poudrinVI
bestiaire sylvestre_
parmi le silence
bruissé d’orledu cri
poignit la lettrineet la ramure en jaillit
actinies treillissant vers le cieltandis qu’entre les libers verticaux
une silhouette de cryptide
sertissait son instant
dans l’ardente répercussion du vert plurielVII
église artérielle_
bordeaux radial
tout au bout de la nef
un coeur dépeintles systoles verrières
vêtent de rutilances tuniquées
l’angoisse et la bienveillance
le numineux vulnéraire
et le demi-secret d’un angeVIII
sentiment de sinople_
puissamment sur ma halte
le vent souffle et
sait les voeux de trouées
où la traverseren émotions
il mue les faîtes
et l’érinye se délite
avec la plus fugaceau scintillé de l’alumelle
le sang échéant
allume ses nouveaux vaisseaux
ses nouvelles issuespour gagner les verts et se mêler
aux ralentis de leur myocarde adoptifIX
nova_
le beige transitoire
de la semi-lune
par-dessus la guipure des faîtesle spadassin n’en finit plus
de distancer le coup
dans l’imminence des étoilesles métaphores attrites fluent
les prosodies mélancolieuses et orantes gouttèlent
l’effus va se profilant
en clair d’évadéX
misère miraculeuse_
cette voix goujate et piètre incarcère la forme acuminée entre les contrats d’une tache qui avilirait le tapis de la chambre vingt-quatre
(rire triste et vigoureux)
or l’heur de la fantaisie a saisi là tout un délinéament ichtyoïde pour s’épanouir
et le reliquat d’arantèle suspendu au plafond patiente jusqu’à l’aubaine des pêches
il n’est pas exclu qu’accompli le poisson s’évade par la fenêtre en mansarde parmi la persuasion de pluie marine
il restera toutefois l’étoile liliale de la taie d’oreiller
sa nage tranquille en le vêpre onirique
à côté de mes veules appâtstandis qu’en une dernière foudre mince
s’évanouira le filXI
sépulturées_
dans la voirie neigeuse
qui aura évincé la boue
pour préluder aux transparences
les feuilles d’automne
endormant leurs limbes ignescents
ont gagné un luisel
à l’enfance même du cristalXII
transmutation_
le couchant
mais essentiellement ce qu’il fait de la chambre
avec l’instrument de la fenêtre en mansarde
que j’ai entrebâilléeinstrument
car il y a imminence musicienneet même organe
car il y a le vivant s’évertuantcomme il appose le tremblé
de ses quadrangles mirabelle
sur les fleurs prasines de la tapisserie si écloseun devoir de différence empreint les corolles
une exigence de cloison féeun nectar et son butineur naissent
de la reluctance du jour qui expireXIII
la dernière proie_
une sphère de soie
tissue de bleus et d’ors
lentement descend
vers l’appétition du jaguaraprès quelques rebonds
sur la tacheture frémissante
elle roule les reliques du rouge
loin de la griffe pannéeXIV
rescousse_
enluminures des carreaux
pointillés des réverbères
serpentements duals des voiesparsemis du contrebas
les lueurs de la ville
à l’orée de la nuitvont mosaïquant un phare
pour guider la cathédrale
sur la mer de brumeXV
les galaxies silenciées_
ce soir les flambois zéphyriens
de la forêt haussée au fusain
brûlent le poème mystique
transmis à l’encre d’étoile
sur le rouleau bleu nuitdont le souffle du déploiement
époudre le sépulcre lactescent de l’auteur
et le fermail de l’almageste princepsXVI
suicidé_
des heures de vent sont délivrées
le jaune pâle nervure une voile
la roseur de son ovale enflesur la main diaphane
gouttine une rade fraîchelorsque les pulpes se desserrent
une nuance de pouls dernier
fait papilloter un sillageXVII
le pleur-ciel_
sur la veilleuse
de la tombe
cet ange peint
les yeux clossous la flamme
surabonde
son silo de larmes safranXVIII
sagittaire_
la brume estompe les arches du pont
dardées
les tours dans l’immobile
les feuilles d’automne adverses à la résurgence des rais
les flèches de jais pour la cible et l’aile affinesXIX
couronnement du surréel_
une longue suite
de traits d’ombre
au bord de l’hectarema main
sait en faire
une réunion multicauleet mon pas
sait partir
à la recherche de ses corollesXX
suicidance_
de son chandelier
qu’incèrent les coulures ruinistes
le tango veuf d’une flamme
domine le bain
et son oscillatoire vivantcette chair d’orange claire
qui ouvre
et élonge les emperlements de son anglele miroir qu’embue du safran
détient un secret
qui passe le reflet
de la complexion échappant le coutelas
à son relèvement d’entre les eaux algidesXXI
émancipation _
à la pointe de chacune des branches de la rose des vents s’exhalait ce cerf-volant même que la main vulnéraire de l’enfant est sur le point d’échapper quand promener ainsi le ciel en laisse va meurtrissant jusqu’aux bleus les météores de son regard
XXII
legs périhélie_
au pétale rose
j’ai remis
le demeurant de ma viele vague va scénographiant
les palindromes de la durée
à l’acmé diaphaneXXIII
arborescence_
du titre d’une pièce lointaine
une Égypte onirique m’ennuagepar ses pulpes généreuses
un sycomore m’a engourdie
à son écorce le sommeil m’adosseet parmi le succès nocturne
les palpitations exquises
qui fleurissent ses ramées
vont constellant ma scène assoiffée de répliqueXXIV
ravissement_
mes soifs s’étanchaient surtout
à sa lenteur clarinée de verseusetout autour de la cascatelle de thé
couleur d’aurore éclosière
l’immuance en céramique bleue
des papillons kyriellesXXV
après la giboulée_
gifle de neige
donnée à ta pierre tombaledans l’ovale dédoré
le visage fondà chacune de tes transparences
fait escale l’arc-en-cielXXVI
juillet nué_
une jaillie
nielle de son oiseau
l’azurson éploiement nébuleux
souffle et relustre
les coquelicots frumenteuxXXVII
révélable_
lentement
s’ouvre le bordeaux des voletsle rose diaphane des corolles
parsème les alentours
de sa béance feuilletéela latence est défiée par une pulsion de coffrets
et des aigrettes multiplient
l’oblique volante au-dessus de la routemon voeu de délivrance aussi
s’enhardit à empenner ma péripétieXXVIII
cardiaque_
prélude à l’automne
le sinué des feuilleset leur diagonale plurielle
inachevable estompement des fûtssystoles vermeilles et or
de brisequi approchent du coeur
XXIX
la vieille maison_
les volets de grenat
sont déclosles carreaux
brûlent de corolles garancebûcher des reflets
et du fantôme qu’ils déguisentXXX
rouge_
marinier
de la briseun pétale
fait halteun rai
telle une épinglela pierre aussi
saigneXXXI
extinctions_
dans la salle d’eau
la cire ruiniforme
aura enseveli le chandelieren flamme négative
un papillon points’en détache
et volète
jusqu’au safran inégal
qui lingote la lampelonguement prodigue
de sinuosités
et de rebondsenfin au clair d’orangé
il se pose en patience de plaieXXXII
voleurs d’éclats_
les intermittences des nuées
rallumaient sur l’édifice
les ors dont les griffons s’étaient demi-vêtusde passage en passage tramant une envie
tumultueusement des freux
iraient diminuant l’ascendant d’un soleilXXXIII
aux prémices de la fenêtre et de l’abat-jour_
des émanations de croix
dans le trouble lamellé
du safran blêmeun levant est supplicié
un rhombe lactescent
trémule d’asyndète
au mitan des armoiresorphelin de la clarté
XXXIV
au bal céleste_
un délicat nuage noir glissait
ses métamorphoses sur les étoileset presque de concert
nous nous sommes écriés :
« Regarde, la lune va mettre son loup
et pourtourner les yeux qu’elle a posés sur nous ! »c’est depuis ce nocturne-là
que je m’évertue à raviver
ta voix et ton parfum
avec des poèmes lucides
qu’un aérien velours masqueXXXV
vitrail résurrectif_
ce rai
de tous les franchissements
autour duquel s’étoffe
ton épiphanieXXXVI
fenêtre de l’embellie_
rose
un drap
cascatelle suspendueet la vétuste lanterne
son rêve
d’y retremper la lande de ses ciresXXXVII
messidor après la guerre_
tant de sang linceulé
de nocturnales cyanéesà déblondir pour jamais
nos moirures de painXXXVIII
relèvement d’entre…_
partout
dans la maison de Marianne
des fragments de craiemulticolore ossuaire sporade
et l’enfant Louise
infatigable
à redessinerà rédimer
à réinventer
le corps sur le tableau noir
XXXIX
sanguine_
parmi la façade
que le courre insole
des dorages léoninent un découpagedans le dernier quart des degrés
qui me dévoient et qu’il domine
les mines de mes carotides exécutent une proieXL
fraction d’octobre_
la bruine perlière
platine l’effeuillementsanguines digitées
et xanthies
nervurent ce rêve
de transparenceoù passer la saison de méchoir
XLI
aumône_
mon coeur
en oripeaux de mendiant
pour ce rai du levant
vaisseau pollinique des voilagesXLII
réconfort_
de carreau
en carreau
le serpentement
d’un floconsa morsure de fraîcheur
dans le sel de mon pleurXLIII
crayonnage d’enfant_
entre le bonhomme de neige
et la fillette rose
un coeur orangé
qui le dispute à l’arbre
pour affruiter les nuagesXLIV
au cimetière de Zhoushan Xiaosha_
au travers de mes pensées
la ravissante libelluleet l’éclat joignant l’éclat
m’est soufflée la solutionXLV
partages_
s’élucide et s’irise aujourd’hui le foyer de la force qui me fut donnée au moment où il fallut lever avec ton père et ton frère le poids de ton cercueil blanc
quand je vois cette libellule inlassablement revenir entre le ciel et ton stûpa infatigablement prenant sa part de mes journées sans trajectoire et sans réponse
XLVI
ailes soeurs_
j’escompte retourner à Zhoushan en oiseau parent de ta cendre et en résurgence surprise de transpercer le fabuleux
XLVII
le cryptide hyalin_
dans l’angle du carreau
se réfléchit le crépuscule de la chandelleun félin mûr
tombant de l’arbre
en est pénétréau milieu de la cour se figeant
son regard
est un oeil bleu cendré et une flambe à l’équerreXLVIII
adoptions_
aussi je consacrai
des journées entières
à parcourir les voiries
pour recueillir les étoiles fouléeset dans la modicité
de ma paume s’incurvant
ces denses orphelines des altitudes
savaient étancher leurs soifsXLIX
aube_
à la pointe de mon bistre insomnieux
se perce et se dilacère
le vague fuligineux des masses émergentesil en jaillit des corolles hiémales
qui arquent en roses un ciel
au-dessus de la cour
que viennent furtiver des gemmes de félinsL
du feu au feu_
ma tempe effleurée
par l’oiseau de cendrema pensée fugitive
déjà évanouie dans le brasier urbainLI
nuance_
sur un degré
de l’escalier
qu’octobre pyrochrome
illuminaitpar lequel je progressais
vers le jardin public
enlyré de l’absolu de l’enfancece morceau de papier
rouge
dont la mouillure
parut récente
il manque
du cruor
quelque part
au plus guerrier des alizarinesLII
la jeune passante_
l’éclaircie
vole les moroseset tout à coup
dans l’hymne ruisselé de la ville
sur les barbes lucides
d’une plume perdue
ce pas
gracieux
et complice
à en recomposer l’oiseau
qui préludait au premier cielLIII
apesanteur_
tout le rose du jour
réuni en cet aluminium globulent
qu’a foulé mon pasd’anthracites en automnures
de mélancolies en réembrasements
abstrait des directions
et de leurs contratsil s’évertuera à décacher les jardins
LIV
séjour_
j’aime, au bout de tous mes nomadismes, revenir dans ce logis qu’on appelle « la petite chambre », foyer où d’abord convergent toute sorte d’inflexions de voix insaisissables, pour s’éteindre par degrés, et ensuite faire saillir, laisser peser, le fruit du plus nourrissant silence ; la récurrence des oiseaux de couleurs baignant dans la lactescence des voilages, qui ne les dilue cependant pas ; et ceux-là qui sont gorgés de la nuance rouge sang tendent ardemment vers l’incandescence vermeille de la poignée qui claire la promesse du vol et du ciel
LV
ravissement_
il traversait le long clair-obscur de la forêt
lorsqu’il franchit la lisière
il s’aperçut que le bouquet
qu’il avait ourdi de musarderie
en musardise à travers les champs circonvoisins
était entièrement effeuillémédusé il essaya de revenir sur ses pas
une brume parme, des linéaments incarnats, des ondes bleu effaré
allaient métamorphosant et approfondissant le clair-obscuril desserra la caducité de son poing
et tandis que les tiges sans pétales s’échappaient
aux fins de joindre l’humusle sublime lever de sa main fit une étoile éclatante
LVI
désir de dérive_
au faîte empoussiéré de l’étagère
l’ange
de toute sa nudité de bronze
se prélassantmire
l’écaillure et la brisure de son vol
dans l’outremer du grand vaseLVII
prise_
poussière d’eau
dans la lumière froment
de la lampe circulaireles fils arachnéens
scintillent d’absencemais les grandes ailes éployées
que la pulpe ingénue de mon index
dessine dans la buée des carreaux
circonscrivent l’azurLVIII
par-delà_
de toutes leurs couleurs
les enfants font avec la rue
de pétillantes sinuosités
et les perpendiculaires
les plus abstractricesLVIX
éclat d’éternité_
et d’un soir
s’augmente
l’arcaneaussi du jardin
se prononce
la saillie lumineuse
du rosedard vrai
dont frissonnent les flancs
de l’ogresque tempsLX
goniokinésie de l’automne fluvial_
l’angle
infatigable
que refait l’oblique sud
des foisons de feuilles décidues
avec l’horizontale du courant où elles nordissentLXI
impassible_
à l’intérieur d’un lanterneau
au pied de la madone écailleuse
une bougie brûle
son semblant d’éternitéfraction marmoréenne
où trémule du roseparangon du vent qui agite
le long lé de la mer
en traversant les cimes
où sombre ma prièreLXII
théâtre_
myriades de cigognes
effarouchées
par mon pas à l’arrêt
elles s’envolentravissant l’étoffe prasine des prés
qu’elles tirent sur l’acte azurinLXIII
plaie_
une feuille
lance dansante
écorche
le vent qui l’emportela venelle
où je m’engage
effusion
de solitudeLXIV
de promenade en promenade_
depuis si long temps de rêverie
ce ne sont plus
des branches brisées
au-dessus de la rivièreles berges
pêchent à la ligne
l’éternité du courantLXV
nuagelet_
bleu ciel
et s’il s’approchait de la cruauté
l’oiseau lilial
qui se défait indéfiniment
dans ta vastetéet que la cadence palinodique
reconfirmant la crueur du ponant
aliène des envergures
et des hautessesLXVI
impressions d’église_
de très hautes ouvertures, nutricières des rêves du vitrail, allument les ors qui ceignent, enrubannent ou arment
la blancheur éclatante des suggestions qui vêtent les hagiosomes consume le succès de la matière
une mélancolieuse musique sera récurremment discontinuée par cette tousseuse spectrale que je tiendrai pour une moniale lorsqu’elle aura trouvé l’espace et le temps du cimetière de mes fées
Tradescantia
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