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Sujet
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AQUEDUC DE JONCASSE
Nous serions passés là, sans le voir, perdu qu’il aurait été dans les buissons sauvages. Un œil inquisiteur, bientôt admiratif devant la qualité et l’ingéniosité de l’ouvrage. Et nous aurions aimé être de cette époque : peut-être aurions-nous participé à cette remarquable réalisation, devenue une nécessité : pourquoi les ruisseaux des Rosiers et de la Joncasse auront-ils été dans l’obligation de se déverser dans le Canal du Midi, privant de leurs bienfaits les cultures en aval ?
Aurions-nous eu l’idée de construire un passage en siphon ? Serions-nous assez ingénieux pour concevoir ce passage avec des matériaux étanches et solides et de luter les blocs avec de la chaux hydraulique ?
Nous aurons demandé le concours d’ingénieurs et d’artisans éclairés, maçons et puisatiers pour concrétiser les plans que nous nous serions échinés à coucher sur du vélin.
Enfin, après moult difficultés vaincues, nous nous serions attachés à réhabiliter le cours des ruisseaux en aval. Le grand jour arrivé, nous aurons dévié les ruisseaux vers le siphon et nous aurions franchi le canal pour découvrir le flot bouillonnant retrouver son cours antérieur sous les vivats des paysans et les congratulations des officiers du Roi.
Nous aurions invité les ouvriers et artisans à partager notre satisfaction au cours d’un banquet qui se serait tenu dans la foulée de l’inauguration. Tout se sera bien passé, les vins, viandes et volailles à la broche auront été engloutis sans barguigner dans les chants et la bonne humeur.Parceval
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