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Rhodophanies

  • Ce sujet contient 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoTradescantia, le 06-08-2022 01:12.
  • Créateur
    Sujet
  • #2695043
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoTradescantia
    Membre Oasis
      • Sujet: 480
      • Réponses: 1116

      Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

      Sa main
      pour calligraphier le poème
      qui vérace
      aux primes aubes de notre rencontre
      en elle insistait sur mon essence

      esseulement
      réclusion
      taciturnité
      jusqu’à l’épure de l’agnelle

      que sa résonance a déclose

      et ce ne serait pas une fugacité
      puisqu’en le cadre
      s’harmonieraient le bois et le rose

      Mais écrire…
      ce thoradelphe irait
      disjoignant

      Par la fatale leucopoïèse
      si souvent je lui avais tramé une agonie
      afin de souffrir la palinodie de ses sentiments
      et la distance accore

      Une après-midi de hauteur
      son pas fut déçu par le bisse

      et l’interminable glisse
      dans le pierrier fit réel mon conte thanatique

      parsemis de carmin
      sur le nimbe nival de sa détête de jais

      Ensuite d’un bluff de violoncelle
      ce poids des albes bois
      cinglés de cirrochryses

      qui eussent claquemuré son corps

      Feu abstrus
      acausales pulvérulences

      Des dorescences creuseresses
      pour l’aplomb de son nom
      dans la mirance douteuse des noirs

      Lyse
      palynogenèse
      de tous les contrats

      il fallut tant
      se désencombrer
      avant de se dévouer
      à l’errance

      je lotis la bibliomanie
      entre mes ébriétés hyperboréennes

      affrontant les amoncellements aimés
      j’inventai des rituels
      de scission
      et d’abandon

      Hardiesse et persévérance
      ont épiphanié une chambre

      vivre et songe se coalisent

      léger
      le rose se diffusant
      interroge

      aorte et poumon s’en inspirent

      elle ne convainc pas
      sa source de voilages

      après long temps de quadrilatère
      ombreux
      ou contrit
      ou commémoratif

      les vers offerts
      vont flottant

      doucement se désassemblant

      syllabes
      renouant avec les prémices disponibles

      le jour clair telle la volubilité des possibles

      L’agnelle
      ne serait pas continûment taciturne

      elle a quelques mots à dire elle aussi

      elle est capable de répandre elle aussi
      la splendeur

      sa résistance
      qui hurle à même le réel

      Écrire…
      l’affliction devient ce geste
      semeur d’alphabet

      C’était aux confins du don
      là où se délinéamente le sacrifice
      ce voyage qui me déplaçait depuis le signe de son allophanie

      cette maison pour sa naissance

      la grâce des galops
      peinte sur l’éploiement d’un éventail

      les acajous laqués de l’ébénisterie
      arquant au-dessus des draps pastel
      ses déliements de fleurs

      ces drames solaires pour pelliculer ses enfances

      mes larmes dorénavant réfléchies
      dans la masure d’ombre suintante
      où l’aïeule a prodigué le frais perlage de ses fruits

      un morceau du minéral porté par l’archipel
      et taillé en l’amour qui accote
      et accomplit deux êtres
      a essencielé mon bagage

      Écrire…
      le blanc
      qui donnera du repos à la reconquête manuscrite
      la couverture déjà l’agrée

      et l’incarnat des corolles arboré
      gorge un extrait de ramée
      et systole les vaisseaux du titre
      au-dessus de l’atrament qui débaptise

      Je suis revenue dans les indécisions bienfaisantes de la chambre

      lumière
      une part du rose
      se cristallise

      aussi reparue la délicate limite
      entourant l’expectative du verre

      son adéquate surface où disposer
      le bouquet de l’hôtesse
      le présent du frère
      le florilège de l’agnelle

      et de poème en poème le courant
      que la conscience ne possède
      et qui revient du tréfonds avec la voix d’Homme

      dissuade l’heure
      d’enténébrer l’ondoyant ouest de voile

      Extrait du Journal poétique de la Jeune leucémique des lisières

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    • Auteur
      Réponses
      • #3392830
        Mascotte d'Oasis
        Avatar photodolores
        Membre Oasis
          • Sujet: 5309
          • Réponses: 62918

          Bonjour Tradescantia,

          De la jolie prose merci du partage
          Bonne journée amitiés

        • #3392860
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photoNoireLune
          Membre Oasis
            • Sujet: 1482
            • Réponses: 52493



            Bonjour à vous… .Tradescantia
            Une écriture qui a crevé le plafond
            de la splendeurissime poète rit

            Très amicalement…


            La Po?sie ?a sert ? faire du bien...
            ?a d?noue le n?gatif...
            et ?a devrait ?tre rembours? par la s?curit? sociale...
          • #3392867
            Administratrice
            Avatar photoSybilla
            Maître des clés
              • Sujet: 17854
              • Réponses: 198274

              Bonjour Tradescantia,

              De superbes images poignantes et lyriques en tes mots surréalistes qui touchent les coeurs !

              Douce journée cher ami poète !
              Toutes mes amitiés
              Sybilla

              Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
            • #3393028
              Plume d'or
              ★★★★☆☆
              Avatar photoTradescantia
              Membre Oasis
                • Sujet: 480
                • Réponses: 1116

                Bonjour,

                Ce petit enchantement au profond des bois : une feuille en forme de flamme semblait flotter dans les airs au beau milieu du raidillon. Je passai, l’effleurai ; elle parut s’accrocher à mes vêtements pour continuer la promenade avec moi… Mais elle se détacha aussitôt et se mit à osciller féeriquement derrière moi… Mon esprit refusait d’accéder à l’explication par trop rationnelle, et il se défiait du prosaïque, lorsqu’un rayon de lumière aurorale se confondit avec le fil de l’arantèle et porta la feuille à incandescence.

                . . . . . . . .

                Vous qui avez vaillamment voyagé un moment dans les rhodophanies, dans les épiphanies, c’est-à-dire dans les manifestations du rose, vous qui avez partagé les mots de vos sentiments, veuillez recevoir notre Gratitude plurielle…

                Avec ses ukases, l’écriture _ ce thoradelphe _ peut parfois éloigner, ou étranger, l’être qui était pourtant considéré comme l’âme soeur depuis si longtemps… Il est parti. Son espace et son temps ne sont plus les mêmes. Sa présence atteint à une complexion qui n’est plus celle de la chair, à un regard qui n’est plus celui des yeux. Un abîme de neige, de pierre, et de polysémie l’a pris jusqu’aux fleurs rouges du sang qui constelle… Mais l’écriture, mais le poème… et jusqu’à une forme d’absolution et de résurrection à travers les métamorphoses du rose en lequel d’abord fut encadré son propre appel, sa propre calligraphie, son propre poème, aux fins d’essayer précisément d’apprendre à l’autre ce que pourrait être :

                « sa résistance
                qui hurle à même le réel » 

                La journée vous soit étonnante et transportante ! …

                Tradescantia

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