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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne
I
A celle qui est partie
Chacun de mes départs de la cité latine,
Nîmes, se reposant sur les monts cévenols,
Provoque à mon retour les déprimants survols
De gros orages noirs sur mon âme chagrine.Je crois abandonner le fruit de mes amours
Parti depuis trois ans bien loin de sa famille ;
Je n’admettrai jamais cette fuite, ma fille,
A tous tes arguments et buts je reste sourd.Et bien que le présent te montre satisfaite
De ta nouvelle vie, affichant ma défaite,
Ton éloignement m’est des confins sans espoir.Je sens au fond moi qu’après une visite
Au pays qui te prit dans sa nasse maudite,
Un jour, je m’en irai… pour ne plus te revoir.II
A celle qui est restée
Il pleut sur la nature et triste je médite…
Avec les pleurs du ciel, la gaieté se flétrit :
Mon amertume approche une rive interdite
Et tel un migrateur fait son nid dans l’Esprit.La douleur est intime à l’âme qui palpite
Et je déroule encor l’émouvant manuscrit
Pour rechercher parmi les pages la pépite
Qui, d’un destin maudit et sombre, me surprit.J’avais rêvé meilleure existence pour elle,
Oh pas des jours de reine ou d’altesse modèle,
Non, mais pas la maman de deux handicapés.Que fait donc la Nature à semer la souffrance ?
Ma fille, je t’avoue une grande ignorance
Mais te plains de franchir tes chemins escarpés.
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