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Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne
_Quadriptyque_
La cueilleuse du dernier automne
la grise pierre brouillardée de jaune
bornait la place désertele tremblé des guirlandes pâlies
festonnait le vent d’octobresi long temps d’absence humaine
avait changé la solitude
en gestationelle parut
moire et candeur
enfant foulard d’un azimut recomposéelle s’inclinait sur les feuilles de couleurs
ne cessant d’inventer ses bouquetset flammaient les phalanges des anciens emparements
à l’image des faîtes caducsCreuset
Il n’y avait plus d’œil qui les contemplât
athlètes dépouillés de leurs médailles
nul métal
ne brillait plus à même le coeur
dardant sur la multitude idolâtre
depuis les degrés qui se drapent
les traits de la sélection et de l’ostentatoireIl n’envisageaient plus leurs gestes et leurs pas
leurs corps affrontés
n’avaient plus qu’un poids d’oubliance
et de leurs tréfonds montait une pâle valeur
qui allait effaçant leurs visages
répliqués pourtant en manière d’immortelsLa nuit dans laquelle ils étaient entrés
s’émancipait du retour de l’étoile
et comme en l’encre du livre à venir
comme en une fuligineuse promesse
ils suffoquaient s’efforçant d’êtreAucune pensée ne dépassait le morne sentir
aucun mot ne distançait le long soupir
des reliquats de sueur traversaient l’inquiétude
l’ennui se chargeait de musculatures fantômes
et au plus fort de la ténèbre immobile
les volés étaient portés à croire
que se fût éteinte l’idée même du volQuand un rayon fulgura
mais si lointain…
nous n’aurons pas la force
nous sommes devenus imperceptibles…
nous pouvons tout de même nous souvenir
de notre ancien don d’essayer…Alors comme les anciens hommes d’efforts
ils se redressèrent et partirentL’indéfinissable lueur croissait
révélant par degrés leur chemin
des journaux déchirés avec des écrans brisés
des caméras des podiums des orgueils
amalgamés en une ruine affreuseIls trébuchaient sans cesse
ils déchiraient leurs chairs
et la douleur qui leur venait
et la couleur du sang ainsi redécouverte
ne se distinguaient pas de la clartéElle était hors de toute géographie
comme un lac originel et profond
où bouillonnaient l’or, l’argent et le bronzeet ils demeuraient là tout au bord
la fusion prodigieuse
leur inspirant déjà des soifs et des faims insolitesMais le dernier méphistophélès
assis morose en face d’eux
sur la rive de la dernière lumière
n’aimait pas le néant
au point d’user comme d’autant de moules
de ces aubaines d’âmes videsL’incommunicable
Aux prémices du jour diagonalé de plume
sur la forêt déclive allaient glissant deux loupsl’un semblait la source des papiers vierges
l’autre rappelait le principe des encresJe ne sais quelle navrante humeur déjà enjoignit des veneurs au tumulte du métal
et des griffonnages rançonneraient le blanc
et des hiéroglyphes silencieraient la plaie dans le noirÉglise
À force
le vent
à force de lugubre
éteint l’or et le sang
charbonne l’azur
des vitraux
La voûte
comme une brume de cendre
voile l’oreille éternelle
qu’allait atteindre
l’Énigme
qui chuchote
ou qui chanteTradescantia
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