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Celle qui partit au fort de décembre _ précédé de Fugitivité, et de . . . . . . . .

  • Ce sujet contient 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoTradescantia, le 25-10-2022 02:45.
  • Créateur
    Sujet
  • #2696860
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoTradescantia
    Membre Oasis
      • Sujet: 480
      • Réponses: 1116

      Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

      _Hexaptyque_

      Fugitivité

      Un vitrail allume
      et colore le grand bouquet du choeur
      se dressant à gauche de l’autel

      les rouges et les roseurs prédominent
      le verre du grand vase s’efface

      au sol s’allongent jusque sur les murs
      les mêmes nuances
      telle la terre
      où s’originent les corolles
      et avec laquelle leurs flambeaux se coalisent

      le bouquet est d’autant plus radieux
      que le reste du choeur demeure sombre

      je pense à une tombe lointaine
      à l’orée d’une grande forêt,
      qu’il a le pouvoir de métamorphoser,
      et les colonnettes de marbre refleurissent
      et les lions de pierre atteignent aux enluminures
      et la calligraphie qui nomme et date
      est un long ruban d’or s’échappant du noir

      Mais quelqu’un est entré.
      La porte se referme avec fracas.
      Le pas célère gravit un escalier.

      Déjà le morceau d’orgue
      avec ahanement toujours recommencé
      fait fuir les enchantements

      encore quelques battements de mon coeur
      même ainsi plus rapides
      et le soleil sera beaucoup plus loin
      et les fleurs inexorablement tues

      je m’agrippe à cet ultime météore bleuissant
      qui par le pilier
      semble rejoindre les vitraux

      Le train qui m’emmenait loin d’elle

      tant de morceaux de lueur
      se détachent
      dans l’atelier nocturne
       
      au front de mon reflet
      sur la vitre
      le paysage prodigalement défilé
      façonne
      une étoile de céramique
       
      et encore une fois elle se hisse
      au haut de l’âtre
      à l’angle dardé par la chambre
      de tout le feu d’orange
      et de sud charnel
      qui nous rêve encore

      Celle qui partit au fort de décembre

      c’est un pas
      si régulier
      sur la glace de la nuit

      un pas ni lent
      ni célère
      qui fait bruire sa voie

      il couvre
      l’airain du campanile
      où se rassérènent les vieillards

      il confère
      à l’atermoiement ultime
      cette acuité du briser

      épars éperdument
      ce pollen d’éclats
      à travers le toit saoul d’infini

      sur l’immobile étang
      entre les épaves foliées
      nul miroitement d’astres

      escamoteurs des berges perfides

      Feux antiques

      au cri du veilleur le nom d’Iphigénie aura passé sur les lèvres de la reine

      dans l’illumination du ciel vide

      au-dessus du couteau d’Aulis

      et Clytemnestre rassemble les anciens d’Argos

      sa voix a l’inflexion d’un héraut froid

      son regard l’absence d’une captive qui escompte

      « J’apprends que les montagnes de l’Ida se sont allumées

      que la lumière est parvenue aux collines de Lemnos

      qu’ensuite Athos devint un faîte de feu

      que la lumière a volé au-dessus de la mer

      pour dorer les cavernes du Makistos

      qu’elle atteignit l’Euripos

      éblouit la vigilance du Messapios »

      et la reine Clytemnestre s’interrompt

      elle dévisage sa mémoire impeccable

      Iphigénie qu’on prépare l’encourage de ses yeux d’enfant

      « J’apprends que les bruyères sèches du Messapios se sont enflammées

      que la lumière a parcouru les plaines de l’Asôpos

      qu’elle s’est transportée sur le sommet du Kithairôn »

      mais la reine Clytemnestre s’interrompt

      dans le silence d’Iphigénie luit le couteau d’Aulis

      et sur la gorge comme un lys coule le sang comme un soir

      « J’ai vu qu’un bûcher s’est élevé au-dessus du marais de Gorgôpis

      qu’éclatante la lumière s’est déployée sur le rivage

      qu’aux environs de notre cité elle a fait un fanal du mont Arakhnaios »

      les yeux de la reine s’abîment dans la nuit de la mère

      « Ainsi de torche en torche

      de brasier en brasier

      de flambeaux acharnés

      en laborieux soleils

      la nouvelle a couru

      jusque dans la demeure des Atrides :

      le roi Agamemnon a pris la ville de Troie »

      Disparitions

      une feuille de papier buvard
      peinte en bleu ciel
      où s’épanouissent des fleurs
      dont les minces tiges serpentueuses
      sont d’un bleu plus foncé
      et portent des corolles blanches ou rose pâle

      le tableau n’est concerné
      ni par les racines ni par la terre

      une jeune femme le regarde fixement
      il n’a ni date ni signature
      mais elle reconnaît les pastels de l’amie
      qui n’a pas reparu depuis si longtemps

      un homme remontait l’escalier
      en direction de sa chambre
      ne sachant que faire de sa fureur
      il décroche le tableau
      et s’en retourne aussitôt
      à la salle des repas
      vers celui qui en est la source

      les excuses méprisées
      il le frappe à la tempe
      et tandis que l’autre s’effondre au milieu des cris
      il s’enfuit

      la jeune femme s’approche
      contemple l’angle sanglant de l’oeuvre
      qui saille de l’un des carrés blancs du sol

      il ressemble à une grande flèche
      qui indique les forêts cernant l’hôpital
      à travers les grandes baies vitrées
      où s’éploient des oiseaux noirs

      il convie au départ

      ce qu’elle cherche désormais
      de tout son coeur et de tout son être
      pieds nus affamée dévêtue assoiffée

      une tombe simple ou déposer
      de longues fleurs pastels éclaboussées d’incarnat

      Visiteur

      sous l’embellie
      cultures
      et pâquis
      toute sentinelle des yeux dissoute

      les fondrières
      retracent
      une odyssée
      vierge d’hexamètre et de nostalgie

      libations
      de lumière
      sur les empreintes d’un dieu
      qui n’a pas désappris de s’étonner

      Tradescantia

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    • Auteur
      Réponses
      • #3407583
        Mascotte d'Oasis
        Avatar photodolores
        Membre Oasis
          • Sujet: 5311
          • Réponses: 62924

          Bonjour Tradescantia,

          J’ai bien du mal à te suivre dans les méandres de tes mots
          La disparition d’un être cher reste toujours en souffrance
          Merci du partage bonne journée
          Bonne semaine Amitiés.

        • #3407678
          Administratrice
          Avatar photoSybilla
          Maître des clés
            • Sujet: 17861
            • Réponses: 198278

            Bonjour Tradescantia,

            Des références mythologiques grecques très émouvantes que tu as décrites !
            La mort est épouvantable qu’elles que soient les circonstances et plus encore pour ceux qui restent !
            J’ai été extrêmement émue en te lisant !

            Douce journée cher ami poète!
            Toutes mes amitiés
            Bon courage !
            Sybilla

            Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
          • #3407679
            Mascotte d'Oasis
            Avatar photoislander
            Membre Oasis
              • Sujet: 8962
              • Réponses: 96827

              très touchant, ces poèmes de recueillemen ??? t, comme des illuminations, bravo

              yann

            • #3407787
              Plume d'or
              ★★★★☆☆
              Avatar photoTradescantia
              Membre Oasis
                • Sujet: 480
                • Réponses: 1116

                Bonjour,

                Ô Poésie, fugitivité suprême sur le bleu d’un météore qui va joignant la lumière polychrome…

                Pour vos vaillantes lectures de l’hexaptyque, pour le bouquet des mots reflétant vos ressentis, Hexagratitude ! …

                Tradescantia

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