-
Sujet
-
Poème partagé par Noel-Opan – création poétique en ligne
Ô Toi, Muse endormie en un pays lointain,
Ton silence est pénible et grisaille mon teint.
Reviens, dès cette nuit, tambouriner ma porte,
Le mâtin endormi ne sert plus de cloporte !Lorsque le crépuscule aura rosi le ciel
Prépare ton voyage et d’un geste officiel
Fais donc moi bien savoir que je ne dois plus taire
Ce qui fera, demain, le brillant commentaire.Je ne suis point Marquis mais Marqué du vouloir
Du dessein révélé par les bruits de couloir.
Il s’y dit, à l’encan, que j’aurais bonne Presse,
Qu’on m’accorde cela sans secours de compresse.Je me suis, en effet, vu de plumes planté
Dans un rêve inouï qui m’a fort supplanté.
Je faisais, avec soin, une souple courbette
Devant le Roi surpris à lorgner ma gambette.Les gardes de la Cour en armure engoncés
Demeuraient attentifs, mais certains défoncés
Pour avoir abusé de la Bénédictine
Que servait un bon Père à la sainte tétine.Tout ce Monde emplumé me laissait soutenir
Un pas lent destiné à ne rien retenir.
En effet la rumeur aussi chaude que fade
Ne laissait entrevoir aucune rebuffade.Voilà ce qui me plût (vraiment au plus haut point) :
Avoir tous ces vivats, sans nuire à l’embonpoint
Que je portais galant comme un tout jeune Page
Que devait vivement débrider un vrai Sage.Mais non je ne suis pas partisan de l’excès
Ni pour, en grand public, dégonfler un abcès.
Revenons sagement au début de l’histoire
Où j’étais plus discret et de calme notoire.Ô Muse enfin ici, sans fausse modestie
Ne me propose plus d’avaler quelque Ostie.
Je n’ai plus le besoin d’expier quelque faute
Mais j’ai la forte soif d’une grâce plus haute.Ô Muse encor merci pour ce divin retour !
Je sens que mon crayon est parti pour un tour !
Oh que n’ai-je plus tôt commandé de la Neige
Pour qu’on puisse glisser sans besoin de manège.J’abandonne le Roi dans son lointain Château
Où j’aurais tôt ou tard pris un sacré râteau.
Je suis bien dans ce Monde, à notre belle Époque
Ère d’Aménité où pas un ne débloque !Être les pieds sur Terre et sans déguisement
C’est le pied pour celui qui jamais ne se ment.
J’ai failli me tromper à cause de ce rêve
Où ma Muse endormie était seule en sa trêve.Soyez tout comme moi de modeste transport
Pour pouvoir accoster en n’importe quel port.
Allez soyez dans l’heur sans bouder la Nature
De l’être qui se veut taquin et peu mature.
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.



