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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne

À un ancien collègue et ami
I
Te souviens-tu Jean-Claude, au bord de la rivière,
Dans ces matins brumeux d’un automne avancé
Qui me voyaient debout, piétinant et glacé,
Des heures à guetter la touche carnassière ?Réminiscence encor, quand s’éteint la lumière
De l’ami, du collègue habitant mon passé,
Aube, le trépas fait d’un destin effacé
Renaître du néant l’image coutumière.Et, depuis le savoir de ce terrible avis,
D’un présent qui m’accule aux souvenirs, je vis
À tes cotés malgré l’oubli dès ta retraite.Mon âme solitaire a souvent exilé
Ses meilleurs compagnons d’un instant écoulé :
Je ne t’ai point revu, combien je le regrette !II
J’ai toujours le lilas que tu m’avais donné
Quand jeune j’habitai ma nouvelle demeure,
Il vieillit comme moi mais il fleurit à l’heure
Et son ombre aujourd’hui ne m’a pas pardonnéLes vingt-cinq ans de vide assorti de silence.
Parce qu’ils sont vivants dans un coin de l’esprit
On n’imagine point que la mort leur écrit,
Quittance du prix fort de notre indifférence.Si c’était à refaire… Hélas ! on ne peut pas,
D’une longue amitié se sont gommés les pas
Au fil d’un temps qui court fatalement plus vite.Le mur de ma pensée est couvert d’un tableau
Qui dessine une forme encline au bord de l’eau,
Familière à mes yeux que la tristesse habite.Calijo
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