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Sujet
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Mise en page de Sybilla / Image web trouvée par Charef
À l’abri des regards
Mon PygmalionJe l’aime sans éclat, comme on aime une source
Qui murmure à l’abri des pierres et du jour,
Je l’aime à pas comptés, loin des chemins de course,
Dans un lieu que le monde ignore et contourne.Elle est ce feu discret que la paume retient,
Cette voix qui s’approche et jamais ne s’impose,
Je la cache au creux doux de mon jardin ancien
Où les aveux fleurissent à l’ombre des roses.Nul regard n’y pénètre, nul mot n’y fait bruit,
Tout s’y garde intact, fragile et fervent ;
Aimer ainsi, c’est veiller sur la nuit
Comme on veille un secret infiniment vivant.
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Prose poétique
Je l’aime avec retenue, non par peur, mais par soin.
Je sais que certaines présences ne supportent pas la lumière crue : elles se fanent dès qu’on les expose. Alors je la garde dans l’escarcelle de mon jardin secret, là où le désir respire lentement, à l’abri des mains pressées et des regards trop sûrs d’eux.
Il n’y a rien de bruyant dans cet amour. Seulement des frôlements intérieurs, des silences pleins, une chaleur qui s’installe sans jamais réclamer. Elle m’a façonnée sans le savoir, comme on polit une pierre par la patience plutôt que par la force. Et moi, je l’accueille sans la nommer, conscient que ce qui est tu dure plus longtemps.
C’est un amour qui ne se montre pas, qui ne se raconte pas. Il se cultive. Il se protège. Il se ressent.
Et c’est peut-être là sa plus grande sensualité : exister pleinement, sans jamais se livrer tout entier.Copyright©2026 Charef Berkani
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