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Sujet
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Prose :
Elle ne pousse pas, elle insiste.
Dans le silence minéral d’un pot de terre cuite, elle élève une intention. Quelque chose en elle refuse l’horizontalité des renoncements. Alors elle monte. Lentement, presque timidement, mais avec cette certitude obscure que la hauteur n’est pas un lieu, c’est une fidélité.
Ses tiges ont l’air fragiles, comme si un doute pouvait les rompre. Pourtant, elles tiennent. Elles tiennent par entêtement plus que par force. Et le long de leur ascension, les feuilles s’installent avec une rigueur presque musicale, charnues, ponctuées de taches sombres, comme si la plante écrivait sa propre partition, note après note, sans jamais se relire.
Puis vient l’aveu.
Au sommet de cette patience dressée, les fleurs apparaissent. Elles ne s’imposent pas, elles s’offrent. Tubulaires, suspendues, d’un rouge orangé qui semble contenir une braise ancienne, elles oscillent comme de petites lanternes confiées au vent. Elles ne cherchent pas à éclairer le monde, seulement à ne pas s’éteindre.
Et soudain, tout devient clair.
Dans ce coin discret de terrasse, sans faste ni profondeur de terre, quelque chose a compris l’essentiel : grandir n’est pas conquérir, c’est persister. Il suffit de peu, un peu de lumière, un peu de patience, et cette obstination silencieuse à se tenir debout.
Alors la plante ne dit rien.
Mais elle montre.
Elle montre que l’on peut, malgré l’étroitesse des racines, inventer une verticale.
Et que même dans la retenue, il existe une manière d’atteindre la grâce.© 2026 Charef Berkani
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