-
Sujet
-
Il est mort un matin, de froid, sans un murmure,
Dans un coin de Nanterre au cœur de la cité
Parmi l’indifférence et tant désemparé
D’implorer chaque jour un peu de nourriture…Tout seul il survivait, vieil homme condamné,
Avec ses souvenirs, au fond d’une masure.
l’hiver pas de chauffage et sous l’humble toiture,
Tremblait de peur, de faim, son corps ratatiné.J’accuse nos élus qui par désinvolture,
Laissent périr des gens, pris par la pauvreté,
Aux marches des palais et du supermarché
Quand la ville à Noël exhibe sa parure !Bien sûr, un petit mot très vite à la télé :
« faut pas faire de bruit » a dit la Préfecture.
Pas de vagues surtout, fermons la sépulture,
Cela ferait du tort à notre député !Le président serein parla de conjoncture
De son bureau cossu, son salon surchauffé.
un beau discours sans fin pour le ventre affamé
Qui subit les rigueurs de la température.C’est dur de s’en aller ainsi mon vieux René.
Mais que le Manitou, d’un manteau de fourrure,
Recouvre ton cadavre et calme la blessure
Qui coule de ce corps à jamais tourmenté…A René, S.D.F., mort de froid un 13 Décembre 1998 à Nanterre.
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.