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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne
L’adversité me suit depuis que je suis né
Et de lâches desseins ma vie est coutumière.
L’aurore s’est éteinte en ce matin damné :
Un chagrin sans issue étouffe ma lumière.Je croyais au bonheur éclairant mon chemin
Qui va de la retraite à la pierre tombale
Avec mes petits-fils me tenant par la main,
Mais le rêve est brisé par une onde brutale :Choisi par le hasard pour être son martyr,
Toi, mon petit Mimi, le bourgeon de ma branche,
Vers de vagues terroirs il te faudra partir,
Sauvage est ton esprit comme une feuille blanche.Naufragé malheureux sur ton îlot désert,
Nul ne peut accéder à tes rives lointaines
Et le mal enrayant ta croissance te perd
Dans l’ample tourbillon de houles incertaines.Posé sur mes genoux, ton corps frêle et nerveux
Frémit sous les cahots ; lorsque mon doigt effleure
Ta joue et la blondeur pâle de tes cheveux,
Caressant un oiseau tombé du nid, je pleure.Je ne peux contenir mes larmes devant toi,
En mirant dans tes yeux ma tristesse infinie
L’interrogation me torture : pourquoi !?
Est le mot qui revient comme une litanie…Quelle faute commise ou quel dieu dictateur
A décidé qu’un jour tu devais te soumettre
Aux sectaires arrêts d’un gène destructeur ?
-Je n’ai pas de rayons pour nimber ma fenêtre.Je n’ai plus d’espérance au front de l’avenir
Pas plus que je ne veux de croyance à ma table,
Mon cœur crucifié ne peut se retenir
De rugissements vains devant l’inéluctable.Et, depuis que je sais la souffrance en ta chair,
Que, désormais, ta vie est une tragédie,
Nombreux sont les instants où la mienne est l’enfer
Puisque l’on ne peut rien contre ta maladie…
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