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Sujet
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Il est mort dimanche matin.
J’étais encore au lit tentant désepérement de garder la nuit sous mes draps pour arracher quelques minutes de sommeil à cette éblouissante lumière qui s’engouffrait dans ma chambre par les interstices des volets. L’aube était scintillante comme la flamme de son baptème.
Vincent est parti par un beau ciel bleu, habillé des pensées de sa famille, en silence, à l’insu de la conscience du reste du monde, de l’oiseau qui chante, de la fleur qui s’ouvre, de la rivière qui coule, de la montagne immense, de la mer qui danse.Comment la mort a-t-elle pu sonner à la porte d’une si belle journée ? On devrait tous mourir un jour de pluie, sous un ciel triste et gris, pour que jamais le soleil ne soit associé à de tels souvenirs, pour que nos proches aient l’illusion appaisante que le monde entier porte le deuil.
Vincent se serait sans doute lever plus tôt que moi assagit par son douloureux combat, heureux de vivre quelques précieuses secondes de plus, d’épouser encore une fois le regard de sa chair et de son coeur, de sentir l’air frais de l’aube envahir ses poumons et la caresse du soleil glissé sur sa peau, d’humer l’odeur d’un bon café ou d’un journal fraichement imprimé…tout simplement.
Vincent n’aurait pas dépenser son temps en minutes de sommeil, il l’aurait manger comme on savoure un morceau de pain sec quand la famine s’installe, il l’aurait bu comme on se délecte d’une goutte d’eau dans le désert étouffant, il l’aurait travaillé comme ces colons qui, à mains nues, défrichaient les terres sauvages, il l’aurait déshabillé comme on effeuille son premier amour, en tremblant de bonheur, il l’aurait certainement…il l’aurait; et de, depuis longtemps si seulement il avait su…
Nous, nous le savons…1,2,3, il n’ira plus au bois, 4,5,6 cueillir des cerises…………49 ans…
« rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Ainsi mon cher Vincent, selon M. Lavoisier, la matière demeure au delà de notre mort. Cette idée me plait. En enterrant ton corps, nous te rendons à la matrice universelle où seront brasser tes atomes et quoique devienne ton âme, il y aura toujours ici bas quelque chose de toi dans l’oiseau qui chante, la fleur qui s’ouvre, la rivière qui coule, la montagne immense, la mer qui danse….
Aurevoir Vincent
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