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Aux jeunes loups . Jean Claude Annoux (1964)

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photodaniel46, le 02-01-2014 09:38.
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    Plume de diamant
    ★★★★★★
    Avatar photodaniel46
    Membre Oasis
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      Ils sortent de l’enfance comme s’ils sortaient d’un bois
      Plus tremblant d’arrogance que de peur ou de froid
      Les jeunes loups, les jeunes loups.
      Ils abordent la vie avec la même foi
      Chacun guettant sa proie d’un égal appétit
      De jeune loup, les jeunes loups

      Si vous tentez de les séduire
      Ils vous montrent les dents,
      Mais quand ils sourient leur sourire
      Est celui d’une enfant.
      Il ne faut pas les flatter
      De la main, ce ne sont pas des chiens
      Ils gardent toujours leur fierté
      Même s’ils n’ont pour manger
      Qu’un seul os à ronger.

      Ils aiment s’amuser, mais ne savent pas qu’ils jouent
      Quand entre chien et loup on les voit déguisés
      En loups-garous, les jeunes loups.
      Parfois leurs yeux s’allument
      Quand passe une ingénue
      Aux longs cheveux de lune
      Qu’ils suivent dans la rue
      A pas de loups, les jeunes loups.

      Et bientôt dans leur cœur tout bouge
      Quand ils se voient tremblant
      Au bras d’un petit chaperon rouge
      Qu’ils habillent de blanc
      Ils se croient apprivoisés,
      Installés dans un conte de fées
      Mais rien n’est fini pour autant
      Car la vie les attend
      Pour leur faire les dents

      Pour que jeunesse se passe
      Ou sans raison du tout
      On leur dit tout à coup
      D’aller faire la chasse,
      Aux autres loups, les jeunes loups.

      Avec ou sans lauriers, ils reviennent meurtris
      Et peuvent réciter, même sans l’avoir appris
      La mort du loup, les jeunes loups
      Alors ils arrêtent leurs frasques
      Et s’arrachent soudain
      Le loup qui leur servait de masque
      Et par un beau matin
      Se retrouvent à la croisée des chemins
      Seuls devant leur destin
      Et prennent la voie de leur choix
      Qu’ils poursuivent tout droit
      Sans reculer d’un pas.
      Même si beaucoup d’entre eux
      Vivent sans foi ni loi,
      Cela importe peu
      Ce qui compte pour moi
      C’est qu’ils sont devenus des hommes
      Et qu’un jour parmi eux
      Il s’en trouvera deux…
      Pour aller fonder Rome.

      Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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