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Sujet
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BELLE MAMAN…Façon XVIIIème
Madame,
Votre lettre m’a plongé dans une certaine perplexité. Ai-je bien compris les raisons de cette esquive ? Mon invitation était faite de bon cœur, et ce, malgré nos relations que l’on peut qualifier de distantes. Dois-je annoncer tout bonnement à ma chère Claude que sa Mère adorée ne pourra nous visiter à cause d’une plante à épines qui se mêle de fleurir ?
Je crains fort, Madame, que cela ne provoque chez elle une grande tristesse, même peut-être un zeste de ressentiment.
J’aurais aimé, Madame que vous eussiez plus de franchise en me signifiant que ma seule présence auprès d’elle vous insupporte, sans que j’aie fait quoi que ce soit pour mériter cela. Votre froideur envers moi depuis que je fréquente votre fille s’est muée en aversion dés la joie de nos noces. Je le sens et je le sais. Ne vous est-il pas venu à l’esprit que des relations plus normales entre une mère et son gendre auraient pu parfaire son bonheur et qu’elle puisse en souffrir ?
Oui, Madame, si vous me l’eussiez dit, en toute franchise, eh bien j’aurais fait en sorte de ne point être là quand vous seriez venue. Voyez donc à quel point l’amour peut me contraindre.
Vous dites que le temps passe vite, que les ans sont comptés, pour votre cactus rose ou l’enfant délaissée ? Vous savez que nous partons aux Indes des le début de Mai , et qu’il vous en reste peu pour encor tout changer.
J’espère bien, Madame, que vous me répondrez, me donnant des raisons sur quoi me reporter pour consoler enfin mon épouse aimée.
Vous voudrez bien transmettre mes meilleures salutations à votre cactus rose lorsque vous le verrez.
Veuillez croire, Madame, à l’expression du respect et à la considération de votre gendre dévoué.Alexandre de Beaumont
Parceval
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