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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne
Ode au silence
J’aime déambuler sur la sente où j’écoute
La mitraille des pics ou la trille des geais,
Ces chants de la Nature assistent mes trajets
Mais mes rêves sont tus par le bruit de la route.Que l’esprit vagabonde à terre ou dans les cieux !
Que le songe se porte au loin des apparences !
Il est toujours un son qui brise les errances :
Sur ce sol adoptif rien n’est silencieux.L’insecte vrombissant dans l’urne des pétales
Éclabousse de tons la fleur se déployant,
Et fait, pour l’élégante, un tumulte effrayant
Comme un bourdonnement d’horloges matinales.Même le campanile imposant de grandeur,
Dont l’antre est déserté par ses âmes fidèles,
S’il n’est que le divin ami des hirondelles,
Accable le hameau docilement d’ardeur.Comme une aube d’été sur la rive endormie
La brume s’étalant, venue après la nuit,
Dépose une enveloppe étanche sur le bruit…
Et le coq du village éteint cette accalmie.De la ville s’élève un sourd ronronnement
Tel un essaim lointain de guêpes ou d’abeilles,
Et ce ton lancinant irrite mes oreilles :
Acouphène tenace et sans soulagement.Si certains aimeraient l’existence sans armes
Ou d’autres habiter des pays toujours verts
Moi, je n’espérerais que dans mon univers
Hanté par la fureur, se taisent les vacarmes.Souvent réfugié dans ma viduité
Je vais de moins en moins au théâtre de l’homme,
Le prolixe discours de mon double m’assomme
Et je voue au silence un culte mérité.
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