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Carnets d’un « Anti-voyage ».

  • Ce sujet contient 3 réponses, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoclaude, le 03-10-2009 12:20.
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    Sujet
  • #2608494
    Plume de platine
    ★★★★★☆
    Avatar photoclaude
      • Sujet: 560
      • Réponses: 1454

      Carnets d’un « Anti-voyage ».
      ou
      Je repars vivre, puisque c’est ainsi que cela s’appelle.

      Envolée.
      De leurs aéroports bondés ne décollent plus aucun avion
      Vers ces pays somptueux
      Qui ressemblaient
      Au yeux
      Qui tant les regardaient.

      Solitude 1
      Des machines enregistrent vos bagages
      J’ai souri à une femme de ménage
      Juste pour rencontrer un regard.

      Solitude 2.
      Entre Orly et Mérignac,
      Je n’ai pas eu à Marignane
      La présence que j’attendais.

      Ma vie 1.
      Parfois, avec ma femme, je fais l’amour
      Avec le désespoir de qui ne veut pas se noyer.
      Je sombre alors dans cet amour.

      En vol 1.
      Qui saura me dire
      Pourquoi il me faudrait revenir ?
      Bien qu’obligé à rien
      Je me sens responsable de tous.

      En vol 2.
      L’aile droite de l’avion
      Effleure l’Etang de Berre
      Dans l’effilée lancée
      De cet avion envolé.

      En vol 3.
      Pourquoi ceux que l’on attend
      Sont-ils donc si absents ?
      Apparais-je moi aussi si lointain
      Aux regards de mes familiers ?
      Pourtant, j’aime tant ces absents !
      Mais aiment-ils si peu ma présence ?

      En vol 4.
      Leurs conseils d’évasion
      Pour rehausser l’éclat
      De mon moral
      Ne sont que de vieilles lunes
      Pour vieux oiseaux sans plumes.

      Poésie 1.
      Dresser l’obituaire
      De ses pensées défuntes
      C’est rendre hommage
      A Jaccottet
      Et à ses « figures absentes ».

      Optimisme 1.
      L’hôtesse de l’air a le regard droit
      Qui vous considère.
      A mon âge, la beauté ennuie,
      Mais cette franchise dans son regard
      Etait une clarté attendue.

      Ma vie 2.
      Rien à dire.

      Une passagère.
      Le lissé de la chevelure d’une passagère
      Evoque la secrète Diotime,
      Cette femme perse.
      Mais sans ses lions, bien sûr.

      Bordeaux 10h.
      Dès après l’atterrissage,
      J’allume mon portable
      Pour y trouver ,peut-être,
      Déposé, le SMS attendu.
      Rien.
      Alors, je repars vivre
      Puisque c’est ainsi que cela s’appelle.

      Un passager.
      Un homme fébrile fouille
      Dans son bagage ouvert.
      Oh ! Merveille
      Un livre,
      Un exemplaire de La Pléïade.
      Subitement, le monde redevient vivable.
      Fugacement.

      Au bord de l’Atlantique.

      Sera-t-il un jour possible
      De faire taire les cris des mouettes
      Et les appels inextinguibles
      De la mendiante de Duras.
      Un mendiant passe
      Sans vice-consul.

      Après vol 1.
      Le SMS que j’attends
      N’arrivera bien sûr pas
      Ou alors il sera si tard
      Qu’il sera trop tard.
      Et j’aurai si peu choisi
      Pour ce semblant de nuit
      Cette fille qui déjà m’ennuie.
      A partir de combien de désespoirs
      Sent-on que jamais plus
      On ne refera surface ?

      Arcachon.
      C’est l’arrière saison
      Dans la ville désertée
      Derrière un rideau ourlé
      Cachant des secrets
      J’imagine Marguerite
      Et son « Homme-Atlantique ».

      Ma vie 3 : Arcachon ou le paradis.

      La nuit se fait noire
      Sur ce fond clouté
      Par les étoiles allumées
      Toutes incendiées.

      Et puis ce soleil
      Qui comme un miel
      Dégouline du fruit
      Si mûr, trop cuit
      Par ce soleil de nuit.

      Comment, vous ne savez pas
      Que ce matin déjà,
      Un message magique,
      La voix magnétique,
      Le regard magnifique,
      M’attendait ce visage
      Si beau, peu sage
      De mon amie ?

      D’où ce soleil de nuit
      Ces étoiles dans mes yeux
      Et tous ces passants qui sourient
      Et tout ce ciel si bleu
      Qui déborde ma vie
      Qui submerge à l’envi
      Toutes mes réticences
      Toutes mes désespérances !

      Et ma poésie fugue sans moi,
      Galopante.
      Et mon envie de vie fuse en moi,
      Crépitante.

      Landes en feu 1.
      Que ne suis-je incendiaire !

      Quand les pins embrasés
      D’une fumée comme exhalée
      Brûlent leurs fûts exsangues ;
      Quand les flammes hors de cette gangue
      De branches enchevêtrées, calcinent le paysage,
      C’est un panache noir qui avec rage
      S’épand dans le ciel obscurci
      Par tant de noires scories.

      Que ne puis-je devenir incendiaire
      Pour, par un retour de flamme
      Attiser la fadeur de mes drames
      Et embraser d’une passion altière
      Ma femme.

      Ma vie 4 : Sur l’autoroute.

      Tout cela toujours si noir
      Et toutes ces pensée brèves
      Qui tissent leur laminoir
      Et cette vie dont on crève !

      Sans ces mots où serait l’exutoire ?
      Sans eux comment finirait mon histoire ?

      Comment toujours appréhender la différence
      Entre la pensée de l’accident simulé
      Et l’acte osé de l’accident provoquée ?
      Entre les deux, n’y aurait-il pas de nuance ?

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    • Auteur
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      • #2769517
        Plume de diamant
        ★★★★★★
        Avatar photoEve-Lyne
        Membre Oasis
          • Sujet: 2241
          • Réponses: 21199

          Notes furtives !
          Trés belle lecture !

          J’ai adoré !
          Merci

          Amitiés.

          Eve-lyne, Nadine.

          😆

          EvE-LyNe
        • #2769526
          Plume de platine
          ★★★★★☆
          Avatar photoclaude
            • Sujet: 560
            • Réponses: 1454

            Amedyaz : Te croiser est toujours un plaisir
            Eve-Lyne : je n’ai jamais lu aucun de tes poèmes.
            C’est ce que je vais maintenant faire car il
            humainement « normal » de savoir pourquoi tu t’es
            arrêté ici. Donc, à bientôt.
            Capricorne : ce n’est pas la première fois que je te remercie
            de ta présence; ce n’est pas parce que je ne
            commente pas tes poèmes que je ne les lis pas
            ( et tes commentaires aussi, toujours très
            chaleureux).
            Eveidem : si je ne te dis rien c’est que j’ai beaucoup à dire.Trop.
            Ton clin d’oeil à la fourmi m’a damné,Eve.
            Pour vous tous ( sauf Eve-Lyne) : je vous lis souvent mais
            vraiment je ne dispose pas du temps suffisant pour juste dire
            « merci » (en fait,comme vous le voyez ici,je ne sais pas faire court
            car je crains toujours une maladresse de ma part).

          • #2769544
            Plume de platine
            ★★★★★☆
            Avatar photoclaude
              • Sujet: 560
              • Réponses: 1454

              Je vous remercie toutes (!) et toi aussi Honoré.
              J’ai d’autres voyages prévus; voudrez-vous encore partir avec moi?

              Merci à toi aussi , surtout.Viendras-tu aussi ? Encore ?

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