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Sujet
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La violence embrase la France d’Outre-mer.
Fort-de-France a subit un pillage sommaire,
Et l’état condamne ces réactions primaires
D’une population qui baigne dans l’amer.On condamne des faits dits « intolérables ».
La révolte est placée sur l’autel instable
D’une dissidence fort déraisonnable
Menée par des jeunes aux vertus coupables.On nous montre du doigt cette poignée mutine
Qui aurait profité des couacs de la machine
Pour casser et piller les fragiles vitrines
Des pauvres enseignes de la candeur divine.Tout ça me chatouille la fleur de ma conscience :
On nous stigmatise l’horreur de cette errance,
Sans jamais rappeler d’où viennent les semences,
Drapés que nous sommes dans notre suffisance.S’il est une poignée qu’il nous faut mettre en bière,
Faut-il que ce soit ces maladroits incendiaires
Qui ont, toute la nuit, cédé à la colère
L’amertume opprimée d’un quotidien austère ?Ou serait-ce celle qui s’est, impunément,
Permis de dépouiller, abominablement,
Toute la richesse de ces îlots charmants
Et la subsistance de ses plus loyaux amants ?Moi, j’y ai vu, là-bas, quelques colons pédants
Ecraser tristement les justes résidents
D’un beau territoire aux décors transcendants
Où seul le dénuement s’offre en doux prétendant.S’il nous faut, ce matin, pleurer l’atrocité,
Ouvrez les yeux, messieurs, sur notre vanité
De petits blancs hautains aux sombres vérités,
Et faites le procès de nos obscénités.Moi, j’entends remonter, du fin fond de la terre,
La désespérance d’un esprit légendaire
Qui, six pieds sous pierre, maudit cette misère.
Qu’aurait-dit le Père, l’ami Aimé Césaire ?
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