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Poème partagé par ethiel – création poétique en ligne
Là je m’en irais bien, et d’ailleurs où tu veux,
Avec le coeur si lourd qu’on croirait une pierre
Fin prête à s’ébouler du sommet d’un aveux;
Comme une larme à l’oeil, sombrant sous la paupière…Là je m’en irais bien faire un peu mon enfant,
Pour profiter enfin du père au creux de l’homme,
Si tu me permettais d’un repère réchauffant,
Ce « Toi » si rassurant, béni par chaque môme…Là je me blottirais, tu sais, mais pas longtemps,
Et puis je grandirais, soudain devenue forte;
Comme une fleur charmée par ton air envoûtant;
S’étirant droit au ciel, où tu la réconfortes…Là je m’en irais bien, la main dans tes cheveux,
Comme une rébellion aux épis qui s’y dressent,
Rebrousser le chemin si secret de tes voeux,
Pour semer la bataille, armée de mes caresses…Là je ferais le vide, ou la nuit dans mes yeux,
Pour laisser pénétrer dans ces vues monochromes,
Les couleurs ravivées par ces airs merveilleux,
Qui pourraient m’enivrer, tant j’y sens tes arômes…Et là je partirais, tu vois, même à deux fois;
Deux d’un voyage au loin qui pourtant nous rapproche,
Tant la brise onirique en emporte parfois,
Bien au-delà du sol, où s’essouffle une roche…Puis je partirais bien aux pinceaux de mes doigts,
Esquisser un pays nouveau de l’ouverture;
Effaçant chaque ardoise aux avoirs et aux doits,
Préférant tout tableau, humain dans sa nature…Mais j’irais bien tu sais, dans un débordement,
Mélanger du carmin avec une avalanche,
Pour trouver la nuance où bien timidement,
S’assortirait ma peau, brûlant sa robe blanche…Là je partirais bien au milieu du brouillard,
En vogue à ton regard cachant tout un mystère,
Que j’irais bien percer comme un Colin-maillard,
En cherchant à tâtons, un relief à ta terre…Puis je m’en irais bien en voyage incertain,
Qui me conduirait là dans la grande inconnue
D’une équation complexe où perdant mon latin,
J’irais dans un silence, aimer ta plage nue…Mais tu sais je pourrais, cherchant à m’enliser,
Trouver le sable doux de mes seaux infantiles;
D’ici mettre un paquet qu’hier j’ai remisé,
De là semer mes grains, de folie sur tes îles…Je pourrais même ici, plongeant dans ton esprit,
Suivant tes profondeurs, tombant dans ta lumière,
Tenter de me résoudre où j’ai payé le prix,
Rubis sur des lambeaux, de chair en ma chaumière…Ô je partirais bien, à deux si tu voulais,
Remonter ces fonts noirs où l’idée semble vaine,
En m’assurant de toi si devait s’écrouler
Au cour de l’ascension, le mont de ma déveine…Mais j’irais bien tu vois, s’il était une fois;
Celle de la première et puis de la dernière,
M’étendre à l’entre-deux pour refaire avec toi,
Cet amour qui éclaire, un feu sur ma croisière…-Deleyaman – Arev Tibav-
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