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Poème partagé par ARCHANGE – création poétique en ligne
(Pour une flûte traversière aux notes plaintives)
Mariétou! Mariétou!
Mariétou poupée de chair, poupée de sang et de larmes.
Mariétou poupée soumise et adorable.
Dis-moi qui t’as ainsi flagellée graine de femme?
Qui a osé profaner ton sanctuaire ô déesse si vulnérable?
Quelle est donc cette main intruse qui enlève ta toile?
Mariétou! Mariétou!
Ils t’ont parlé de rite, de danses et de passions.
Ils t’ont parlé de colas, de vins de palme et beaucoup d’honneurs.
Et tu as bu le fiel de leurs coeurs dénués de compassions.
C’est vrai que tu ne les croyais pas capables de tels horreurs.
Mariétou! Mariétou!
Dis leur que tu es à ton sixième printemps!
Mais qu’importe? Tu n’es après tout qu’une poupée, une poupée de sang.
Mariétou! Mariétou!
Douleur cruelle, douleur sans lendemain
Douleur injuste, douleur sans pitié.
Apportez la coupe, qu’elle boive le calice jusqu’à la lie.
Appelez donc la vieille dame au visage tatoué;
qu’elle amène les tessons de bouteille, la cendre et le couteau rouillé.
Mariétou! Mariétou!
Poupée de chair, poupée de sang et de larmes.
Mariétou poupée qui ne parle pas, poupée qui subit.
Poupée aux cuisses écartelés, au sexe taillardé.
Poupée qui crie sans que nul ne vienne au secours,
Poupée qui pleure et meurt!
Ce soir sur ta stèle j’ai planté une fleur;
j’ai gravé avec du burin ces quelques mots sans cesse envolés:
« ici repose Mariétou la poupée de sang,
elle n’avait seulement que six ans,
elle n’était seulement qu’une enfant».🪶 Signature de la plume
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