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Sujet
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Je te salue clochard, toi qui n’as plus de toit;
Toi qui as dispersé ta vie au bord des routes,
A force de devoir ne compter que sur toi,
Ton âme s’est nourrie des parfums de déroute;Elle s’est endurcie, tant, que plus rien ne peut
La déstabiliser, l’atteindre, l’étouffer;
Loin des griffes du monstre elle va, peu à peu,
T’emportant sur son dos au devant de la féeQui te fera bientôt accoster sur cette île
Enchanteresse et dont tu n’aurais dû jamais
T’éloigner lentement tant elle était fertile
En sables émouvants, en plages à aimer;Je te salue clochard, révère ton courage;
Celui de ne baisser ton regard embrumé
Cependant que tu vois, au pré de tes mirages,
Paître tous les bonheurs que tu voudrais humerEt dont tu te souviens quand, seul dessous un pont,
Essayant de dormir, drapé de solitude,
S’immisce en ton esprit ce que nostalgie pond
Lorsque reviennent tes années fleuries; si rudeVision qui te fait vaciller, revenir
Sur terre aux mains de l’anathème et, ce faisant,
Au lieu de t’entraîner vers un noir avenir,
Te redonne le voeu de lendemains plaisants;Je te salue clochard, moi qui l’étais aussi!
Tes souffrances, tes joies, je les connais, je sais
Que tu vas te sortir de ce cloaque; ainsi
Le soleil chassera l’ombre de ton passé;Et alors comme moi tu revivras enfin,
Tes yeux se tourneront vers l’ardent horizon
Qui, de son ciel bleuté empli de séraphins,
Embaumera ton coeur de maintes floraisons.Vivre ses r?ves
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