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Exclus partout, par tous

  • Ce sujet contient 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photojp183, le 10-02-2009 10:32.
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    Sujet
  • #2605887
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photokhanisty
      • Sujet: 294
      • Réponses: 536

      Moi, je ne demandais pourtant rien, au départ …
      On m’a déposé là, peut-être par hasard,
      Peut-être avec un but, mais on ne m’a rien dit ;
      On ne m’a pas prêté les clés du paradis.

      On ne m’a pas fêté comme la providence,
      On ne m’a pas soufflé qu’on avait de la chance …
      Il m’a plutôt semblé semer la confusion,
      Et ma venue n’a pas fait l’objet d’effusions.

      Ma mère avait déjà cinq mouflets sous sa robe,
      Et mon père ses trois bouteilles pour voir l’aube ;
      Je suis descendu voir ce qui poussait dehors,
      Voir si là bas les fleurs portaient des boutons d’or.

      Mais en bas de la tour, ne germaient pas de fleurs …
      Le sable de la cour n’arrosait que la peur.
      Le moindre des débats vous menait au combat,
      Et ce sans exception, pas même les ébats.

      L’ennemi vous trompait, les amis vous vendaient.
      De malicieux lutins, de méchants farfadets,
      Voilà tout ce qui restait des contes de fées
      Dans ces histoires où survivre est ton trophée.

      Je m’étais réfugié dans les classes d’école,
      pour y décrocher ma lune, mon auréole,
      Pour y dénicher la main tendue de l’espoir,
      Pour trouver une raison de rêver le soir.

      Cependant, ma bobine n’a pas du leur plaire.
      On ne m’y aura demandé que de me taire
      (Car c’est ainsi, Monsieur, qu’on se montre exemplaire !),
      Parce qu’on s’y fou des blessures de nos guerres.

      Je n’ai pas écouté le jeune homme en galère
      Qui se disait professeur et s’en donnait l’air,
      Alors qu’à la limite, s’il faut être clair,
      On aurait pu s’entendre comme bons compères.

      J’étais venu pour y apprendre l’avenir.
      Lui aussi. Et advint ce qui devait advenir :
      On ne s’est pas compris, et pas plus écoutés.
      On a tué le temps l’un et l’autre à douter.

      Douter de l’un, douter de l’autre. De toi, même …
      L’école était pourtant, pour moi, comme un emblème.
      C’était la promesse qu’un jour enfin l’on m’aime,
      Qu’un jour un baiser reposera mon front blême.

      J’ai eu beau me jurer que j’y débusquerais
      Palmes et mérites, doux accessits dorés,
      Je n’ai pu conjurer ce foutu sortilège
      Me guettant dans chaque classe, sous chaque siège.

      Il m’aura poursuivi jusqu’à la toute fin,
      Jusqu’à ce jour où je n’ai plus eu la faim
      Pour assumer l’ennui, l’échec, l’humiliation,
      La haine, les préjugés, l’incompréhension …

      Un brin trop âgé pour rester avec les gosses,
      Mais bien trop peu pour au boulot rouler ma bosse,
      J’ai trainé mes seize balais dans la poussière
      Des rues de ma cité aux relents suicidaires.

      J’y ai retrouvé la peur, l’ennui, la misère ;
      J’y ai appris l’orgueil, la rage et la colère …
      J’ai pris ce qui venait pour me faire des frères,
      Ceux que je me liais au bon gré des galères.

      On s’est tous reconnus à ces airs convenus
      De dur qui ne veut pas montrer ses plaies à nu ;
      Comment envisager, là-bas, de se plaindre,
      Quand on tape sur ceux se risquant à geindre ?

      Exclus partout, par tous, pour des idées reçues,
      Vus comme des parasites ou des sangsues,
      Réduits à ne briguer que les portions congrues,
      On se résout alors aux affres de la rue.

      On finit par croire que c’est notre destin,
      On se laisse abuser par l’odieux baratin
      De ceux qui refusent de nous voir au festin,
      On se convainc qu’on n’est pas digne du gratin.

      Ça peut sembler léger, pour vous, comme attitude,
      Mais quand l’exclusion vous devient une habitude,
      On finit par lâcher droiture et rectitude
      Persuadé qu’elles ne sont pas de vos aptitudes.

      Dans les faits, il est relativement facile
      De ne pas prêter l’oreille aux voix imbéciles
      Tant qu’elles ont la clémence de rester futiles,
      Discontinues, sporadiques et puériles.

      Mais c’est une toute autre affaire, mon ami,
      Quand vous y êtes immuablement soumis,
      Quand chaque jour on vous cible comme ennemi,
      Il en vient un où vous consentez à demi.

      Et vous déciderez, ce jour là, excédé,
      Que désormais, le préconçu sera fondé,
      Qu’il est temps de cesser de tendre l’autre joue,
      Et que quitte à perdre, ma foi, autant qu’on joue !

      Moi, c’est une fois que je m’y suis résolu
      Que l’étau du crime a jeté son dévolu
      Sur ce cœur qui rêvait encore d’absolu
      Mais qui perdait de vue l’avenue du salut.

      Tout est allé si vite, à partir de là,
      Que j’en ai précipitamment perdu le la :
      Drogue, alcool, délits ; j’ai couru sur la pente
      De mon déclin à une allure ahurissante …

      Ô, si vos beaux yeux sur ces quelques lignes s’usent,
      N’allez pas croire que je cherche des excuses :
      Je sais bien qu’il y en a qui ont traversé
      Les rives de mon Styx sans jamais déchausser.

      Ne soyez pas trop prompt à juger mes faiblesses :
      Le fait que certains fassent preuve de prouesses
      Induit-il qu’on se doit d’avoir autant d’adresse
      Pour qu’on ne condamne pas notre maladresse ?

      Pourriez-vous me jurer détenir la sagesse
      Qui vous aurait toujours conduit avec justesse,
      Malgré l’inexpérience de votre jeunesse,
      Loin du gouffre béant qui longe la détresse ?

      Si vous trouvez aisé d’avancer le malheur
      Pour se justifier d’avoir commis telle erreur,
      Il l’est plus encore d’estimer à la hâte
      Que toutes ces douleurs n’en sont pas les stigmates.

      Cette société n’est pas plus responsable
      Des actes dont je me suis rendu coupable
      Que ne pourrait l’être notre Mère Nature
      D’avoir créé l’homme avec tant de démesure.

      Mais il n’empêche que bien rare sont les fleurs
      Qui peuvent pavaner d’éclatantes couleurs
      Quand elles ont du germer dans un terreau stérile …
      Est-ce moi ou la vie qui m’a rendu hostile ?

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    • Auteur
      Réponses
      • #2753215
        Mascotte d'Oasis
        Avatar photodouceur3
        Membre Oasis
          • Sujet: 1828
          • Réponses: 21965

          touchée par tes mots ! 😆

          Lire, c?est rencontrer du monde, au plus profond de soi.
        • #2753237
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photopoemic
          Membre Oasis
            • Sujet: 3071
            • Réponses: 50398

            La force des mots accompagnant les maux..
            pourrait donner naissance a un émouvant scénario!

            Amitiés

            michel

            😆

            [color=990000]MON 2eme RECUEIL...JE TE PORTE L'AUBE..EST DISPONIBLE..[/color]
            http://www.oasisdesartistes.com/modules/newbbex/viewtopic.php?topic_id=97282&forum=47
          • #2753351
            Plume d'or
            ★★★★☆☆
            Avatar photokhanisty
              • Sujet: 294
              • Réponses: 536
              😆
              😆 pouniack 😆
              😆 roky59 😆
              😆 frisson1 😆
              😆 poemic 😆
              😆 Amedyaz 😆
              😆

              Merci de m’avoir accordé tant de votre temps pour lire ce poème et d’avoir eu l’extrème gentillesse de le commenter 🙂

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            • #2753368
              Plume de diamant
              ★★★★★★
              Avatar photojp183
                • Sujet: 558
                • Réponses: 12342

                Là, on peut dire que tu m’as impressionné; tant que je n’ose plus rien dire!
                Amitiés de Jean-Paul.

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