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Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne
. . . . . . . . . conduisant à la Fresque de la gare, à la Communion, et à la Délivrance exhaustive
Fenêtre
Étendue
sur le lit de ce soir
le silence
m’a recueilliela fenêtre
est pleine d’un arbre
dont une parcelle verte
demeure lumineuseje la crois
affranchie du soleil
du mouvement
de l’axiome d’un jour encore
qui déclineimage de ma sérénité
libre
du sang qui court sur mes os légersErrance
ce grand vent nocturne
je le connais
ce vent de la solitude opiniâtre
ce vent de l’allure
qui devance la chair
ce vent qui émeut
jusqu’à l’effroi
les géants de pierre
juchés
sur les édifices
il souffle
à l’instant apothéotique
de l’humain silencié
sa fraîcheur
rappelle
les premières lunes
de l’affranchissement
et dans son serment
de ruines
errent des lueurs mendiantes d’auroreLa Fresque de la gare
Sur l’escalier
parmi ceux qui montent
et ceux qui descendent
ceux qui lanternent
et ceux qui courent
ceux que le mouvement souffle
et ceux qu’il allume
ceux qui murmurent à leur coeur
et ceux dont la voix porte
je m’immobilisedésengagé du temps
le mur en face de moi
tout entier un tableauet le présent m’est retiré
comme une robe de fatigue
par la ferveur d’un amantle lointain pourrait m’emporter…
oiseaux et nuages
même matière ouatéetriangles des voiles blanches
escamotant le bleudévolution méditerranéenne
soleil invisible et ubique…pourtant plus près
le vrai voyage
par les yeux clairs de cette femme
sentinelle sur le quaiSes yeux qui rendent
nos signes de la main à mon retour
nos accolades silencieuses nos baisers
ses yeux qui les ont vus
et où ils sont retrouvésleur mémoire fidèle
sans le fard de la séduction
sans les paupières de l’oubli
ressuscite nos rendez-vousCommunion
chaque jour
mais l’heure varie
un homme s’approche des arbres jumeaux
blancs et comme éternels
aux abords de l’égliseles yeux fermés
il caresse doucement leur écorce lisse
son coeur empli d’une prière vaste
s’épanche sur l’écho des lèvres
effaçant l’âge qui eût pu être le sienla folie
lui est attribuée
des anges erronés
avec leurs grandes ailes de dérision
volent tout autour de luinul n’aura reçu les pupilles sans appétence
pour voir cette main de sang
serrer la main de sèveLa Délivrance exhaustive
fractions d’ocre
la naïveté de leur semis caliciforme
sur la serpentueuse sente où l’errance s’envenimaitopulentes enfin les enfuies d’azur
grivelées du serment de l’orageadret en pâture
cerf-volant
des indéfinités
des bêtes
des verts
et des pierres passées à leurs échos de nacrepuisqu’aussi rouge de tenir
le poing du dernier enfant thésauriseur
a
été
briséTradescantia
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