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Sujet
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Ta misère, c’est ma misère,
tes yeux perdus inconsolables
sous les décombres des maisons,
ce sont mes yeux
arrachés à la lumière, à l’aube écrasée par la mer,
ton souffle épuisé par l’arrogance,
c’est mon souffle
qui cherche à s’éloigner de la pierre,
tes mains écorchées par l’acier mutilé,
ce sont mes mains
qui cherchent à saisir
les poutres résistantes de la vie.
Ta misère, c’est ma misère,
ton visage recouvert de poussières,
c’est mon visage
qui attend le retour
des constructions durables,
des baisers apaisants, du pain partagé,
Tes prières sont mes prières
dressées comme des rites poétiques
sur les prairies d’un monde inconstant,
Ta misère, c’est ma misère,
j’attend que les yeux débordent
des barrages et des distances épisodiques,
j’attend que les poitrines se soulèvent
comme des raz de marée sur les gouffres possibles,
Ta misère, c’est ma misère,
j’attend que les bateaux traversent l’océan,
que les ports s’ouvrent comme des livres,
que les aéroports délivrent leurs médicaments,
mon coeur tremble comme la terre d’haïti,
mon sang se verse dans la mer innocente,
mes frères nus me regardent immensément
depuis leur ïle dévastée comme un soleil béant.
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