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HIATUS-VINS 31

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoSybilla, le 02-06-2025 23:22.
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    Plume de platine
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    Avatar photoParceval
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      VINS 31

      PIERRE-LOUIS A L’OUVRAGE

      Ce même après midi, Pierre-Louis Monthalier reçoit un appel de son collègue des RI. Informel, juste pour échanger quelques nouvelles. Et, dans le flot :
      ― …Ah oui, tu sais, la piste que tu nous avais passé pour ce mec trouvé à Brignoles, eh bien, c’est bingo, tu as mis dans le mille. Je me demande comment tu fais. Ça ne nous avance pas des masses, c’est vieux et il n’y a que des témoignages, trop peu pour solder…On en reste aux présomptions.
      ― Du bol et du tarin, comme d’habitude, moun camin. Tu fais bien de me parler de ça. Je viens de mettre un peu d’ordre dans mon bordel et j’ai trouvé une chemise échappée du dossier Estrésiani, j’allais te la mettre au courrier….
      Un moment qu’il attendait ça, et c’est super que ce ne soit pas lui qui ait eu l’air de s’informer. Il va pouvoir envoyer son missile de croisière sur l’objectif : il y a juste quelques éléments un peu modifiés dans la chemise en question. Discrètement, travail en solo. Il a eu en main les dossiers Lucas ET Estrésiani. Va comprendre, Charles…. Pourquoi les empreintes des deux personnes sont à présent identiques ? Mystère, mystère.

      Il la sent tendue à l’extrême, et s’il ne lui tenait pas les mains elle ne pourrait cacher leur tremblement.
      ― N’aie pas peur, je ne te veux aucun mal, ni a toi ni à ton frère, qui faites tout pour m’aider. Tu sais, c’est nouveau, même pour moi. C’est apparu alors que j’étais encore à l’hôpital de Brignoles. Une faculté de « jauger » les gens, leurs intentions à mon égard. Je savais reconnaître les bonnes ondes et les mauvaises. Ça s’est développé au fil du temps, je suis devenu cognitif et même pré-cognitif à très court terme. Je « sais ». C’est venu comme ça, sans doute déclenché par ce fameux traumatisme psychique dont parle ton frère, et dont tu as pu avoir une petite idée récemment, n’est-ce pas ? En tout cas, je t’assure que je n’en ai jamais usé pour influencer qui que ce soit…
      Elle se calme un peu, articule :
      ― Bien obligée, mais je te crois. Que s’est-il passé le mois dernier ? J’en suis malade.
      ― C’est la première fois que ça m’arrive. Je ne me souviens de rien d’autre que cette communion dans la douleur et de cette communication par la pensée. Nous étions si proches. Après mon réveil, je n’ai jamais cessé de sentir ta présence. Que nous le voulions ou non, nous sommes liés par cette expérience. Nous devions en parler. Ce n’est pas en restant dans le déni qu’on peut avancer.
      ― C’est quand même terrifiant, ce truc. Imagines-toi quand j’ai compris à l’enregistrement muet que nous échangions mentalement.
      La télépathie, je n’y ai jamais vraiment cru. Que des gens soient médium, très difficilement.
      ― Nous aurons maintenant tout loisir de chercher à comprendre et qualifier ce qui nous arrive. La conjonction de l’hypnose et du sujet abordé en sont vraisemblablement à l’origine. Il nous faut rester discrets, je ne tiens pas à devenir une attraction de foire. Toi non plus je suppose.
      ― Pas de danger, je fais un blocage pas possible, à part avec toi ; même mon frère, je n’ai pas pu lui en parler.
      ― Il semble que ce contact particulier n’existe qu’entre nous, alors si tu en es d’accord, laissons notre relation relever d’une amitié fraternelle. Bon, je n’exige pas que nous nous piquions le doigt pour sceller cet accord…
      Un sourire, ils se lâchent les mains, détendus, déjà complices. Toutes les cartes ont été mises sur la table. La sincérité, avec un bémol : pour elle, il est amnésique, et lui sait bien que non, et qu’il n’est pas Luc.
      Un coup discret frappé à la porte : c’est Claude. Le tutoiement disparaît. On dirait que Lucas va mieux. Efficace, la copine Sonia.
      ― Allez, tchao, on se tient au courant…

      Il faudra attendre jusqu’au mardi gras pour que l’on retrouve Lucas dans le bureau de Solange Garmeyer. Et il y a du monde : outre Madame la directrice, son interne préféré Claude, Sonia Dussarte, trois fonctionnaires en civil et une dame un peu boulotte, frisée comme un mouton, une assistante sociale. Il se doute bien que cet aréopage est là pour quelque chose d’important.
      Effectivement, on lui annonce avec moult précautions que les conclusions de l’enquête, s’appuyant sur les témoignages et des éléments du dossier, établissent de manière irréfutable qu’il est Luc Estrésiani, sans toutefois pouvoir établir, vu son amnésie, les circonstances qui l’on fait échapper au naufrage et réapparaître à Vins dix-sept ans plus tard.
      Alors qu’il affiche la surprise et l’effarement que l’on attend de lui, associé au : « Mais, mais, mais vous êtes sûrs ? » balbutiant, il vaticine hyper rapide. C’est l’heure du choix. Sa conscience, car il en a une, on l’a bien vu, est assez élastique pour lui souffler qu’il ne lèse personne après tout, et qu’il tient là les clefs de sa liberté. Aléa jacta est, il ne reviendra pas en arrière. Il se prend la tête dans les mains en murmurant : « Comment est-ce possible ! » qui est déjà une acceptation.
      Dés lors, tout va s’enchaîner assez rapidement. On le réconforte, on le congratule, on l’assure comprendre que c’est un choc pour lui, mais qu’une nouvelle vie va pouvoir commencer. On lui explique que toutes les pièces légales nécessaires à son identité vont être établies par ces messieurs de l’état-civil et qu’a partir de maintenant, s’il doit rester à l’hôpital, dés que les médecins estimeront qu’il est en état de le faire, il sera libre de sortir accompagné. Lorsqu’il disposera de ses papiers, il pourra, s’il l’accepte, quitter définitivement les lieux pour une structure d’accueil spécialisée dans la réinsertion des personnes en difficulté. Le temps de prendre ses marques dans la société actuelle.
      L’assistante, madame Guilbert, lui apportera son concours pour toutes les démarches administratives et les aides sociales auxquelles il pourra prétendre. Un soutien psychologique lui sera dispensé à l’extérieur par Madame Dussarte, en tant que de besoin.
      Tout cela est parfait, mais il sature grave et demande très légitimement à se retirer pour prendre du repos et commencer à réfléchir sur ce qui l’attend. Accordé. Ouf ! Il file dans sa chambre et s’écroule sur son lit. Enfin seul.
      Garde-à-vous face au plafond, les yeux grands ouverts, il compte quatre araignées minuscules et s’amuse à les suivre dans le halo de la veilleuse. Ça le détend, et il en a besoin. On ne le verra pas au réfectoire, ce soir. Il a franchi le Rubicon : encore quelques mois difficiles et on finira par lui lâcher les baskets. Il pourra enfin se consacrer à la quête de ses traces et des arcanes de son incroyable parcours. En attendant, à lui de parfaire sa « mise à niveau » : La monnaie, oui. On va rentrer dans l’euroconcret. Les coms et l’informatique : Il faut absolument qu’il puisse travailler sur PC. Le reste, il l’a déjà largement potassé. Et aussi, il sera nécessaire qu’il repasse un permis s’il veut être autonome…

      Le nouveau Luc est arrivé ?
      A suivre
      Parceval

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        Avatar photoSybilla
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          Bonsoir Cher Ami poète Parceval,

          Il aura donc une nouvelle identité…
          Parviendra t’il à retourner à son époque un jour…?

          Superbe récit en partage !

          Je vais m’empresser de lire la suite !

          Belle soirée Cher Ami poète Parceval !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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