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HIATUS-VINS 52

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoSybilla, le 18-07-2025 23:03.
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    Plume de platine
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    Avatar photoParceval
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      HIATUS – VINS 52
      REDOUTABLE SONIA

      A mi-parcours du sentier des douaniers, ils se ménagent une pause, il s’agit d’y aller doucement avec la cheville de Sonia. Il serait dommage d’en compromettre la guérison complète et traîner des séquelles : Non, ils ne feront pas la cote qui mène au Fort et rebrousseront chemin. Ils rêvassent, en se tenant chaud, enlacés sur un banc. Sans le regarder, elle dit :
      ― Voilà ce que j’ai décidé. Les photos, c’est bien beau, mais ça ne suffit pas. Je vais aller faire une reconnaissance là-bas. In situ, au contact. Voir comment il est, ce qu’il fait, sa vie, son œuvre, ses proches, l’environnement. Fastoche, il ne me connaît pas. Je l’approcherai par le biais de la librairie spécialisée. Je vais d’ailleurs me renseigner sur le type d’ouvrages. Il se trouve que j’ai un faible pour l’œuvre d’Hugo Pratt : ça devrait faire une bonne entrée en matière, non ? Et puis, j’improviserai en fonction de l’accueil.
      ― Là, tu me scies un peu. Aurai-je osé te le demander ? C’est donc cela que tu rumines depuis tout-à-l’heure. Tu as décidé la meilleure chose à faire.
      Ils se lèvent et repartent d’un pas tranquille. Lucas fredonne «  Que serais-je sans toi…. » Elle se serre contre lui et poursuit :
      ― Je passerai par Paris, ça sera plus discret et j’ai à m’expliquer avec Edmond. Il m’en veut et se fait du souci pour moi. Il faut que je le rassure à notre sujet. Évidemment tu restes amnésique, mais tu es l’homme de ma vie. Je souhaite rester en bons termes avec mon frère. Après, je dirai que je vais à Quiberon prospecter pour un séjour thalasso au printemps.
      ― Comme tu voudras. Pour la discrétion, n’en fait pas trop. Peut-être que j’aurai l’occasion d’identifier ceux qui me pistent. Quand pourras-tu ?
      ― Le temps de réviser mon agenda et d’avertir le frangin, ça devrait pouvoir se faire dans une grosse semaine…
      Hôtel Ibis, Montparnasse, vingt-trois heures. Assise au bord du lit, le peignoir largement ouvert, Sonia met un peu d’ordre dans sa coiffure, après un bain bien mérité. Fatiguée, mais pas mécontente. Séchoir rangé, un clin d’œil au miroir et elle s’affale sur les draps, les bras en croix. Ah, oui, demander le réveil à sept heures, son train est à huit heures vingt : Vannes avec changement à Nantes, et un autre Ibis au bout. Un coup de fil à la villa des Pignes ? Pas besoin, elle sent qu’il est là, bien présent, comme une caresse… Mais quand même, c’est frustrant en diable !
      Elle les a rejoints comme prévu, peu après cinq heures, au salon de l’Hôtel. Toujours aussi sympa, Dorothée, bien assortie à Edmond. On voit qu’ils naviguent dans la même sphère. Un moment agréable et détendu. Fine mouche, la psychanalyste. Elle n’a pas été plus loin que l’apéro, prétextant n’avoir pu se libérer davantage, elle va laisser le frère et la sœur dîner en tête à tête.
      Le sujet qui fâche, sa liaison avec Luc, bien entendu. Sonia va devoir argumenter, convaincre. « Tu sais, ça m’est tombé dessus sans prévenir » Et l’argument massue : « c’est un peu ta faute aussi, tu m’as littéralement jetée dans ses bras, je me suis attachée professionnellement, et il y a eu plus avec affinité. Tu vois, j’ai l’âge de déraison. Je ne suis pas un cas si isolé que ça. »
      Il rétorque : « D’accord, mais je m’inquiète. Surtout que ça n’a pas l’air d’une passade. Dans la majorité de ces cas, tout finit assez mal, quand on ne tombe pas carrément sur une relation de dépendance genre gourou, mêlée d’intérêts sordides. » Elle parvient à le rassurer et, face à sa détermination, il finit par rendre les armes. Il était temps, on allait gâcher le dessert. « Tu verras, on aura l’occasion d’en reparler tous les trois de vive voix… »  Gagné, embrassades, elle aurait été désolée qu’un malentendu subsiste.

      Le temps est toujours aussi pourri lorsqu’elle débarque à Vannes. Enfin il ne pleut pas et il fait nettement moins froid qu’à Paris. Elle traîne son bag à roulettes jusqu’au stand de location de voitures et repart dans un délai raisonnable au volant d’une Twingo rutilante. Il est midi passé, la première crêperie rencontrée fera l’affaire, on ne part pas à l’attaque le ventre vide… Seulement une reconnaissance aujourd’hui, avant de prendre ses quartiers à l’Hôtel. Elle a pris son GPS. Son domicile d’abord. Voilà, rue de Kervenic, numéros impairs, c’est là. Belle maison cossue, faisant la part belle aux blocs de granit. Elle peut faire une halte en face, faussement absorbée dans l’étude d’un dépliant. Un étage harmonieusement intégré à la toiture, des fenêtres à petits carreaux, un grand garage. Le jardin avec des arbustes d’ornement, des massifs d’hortensias énormes en train de se refaire et des fruitiers en fleurs derrière. Gazonné, dallé, nickel, prêt pour le printemps. Vraiment chouette, la tanière des Kervelec. Au moment où elle redémarre, une 806 se présente face au garage. La conductrice descend, et s’affaire à décharger de volumineux colis. Y a pas photo, c’est Annette.
      La librairie se trouve dans la vieille ville, en zone piétonne, pas loin de la gare. Elle ira dans la soirée. En attendant, Sonia joue les touristes et file vers la presqu’île. Auray, Carnac, la Trinité. Elle avise quelques établissements de Thalasso qui pourraient faire l’affaire quand ils reviendront. Séduite par la beauté des lieux, elle poussera jusqu’à Quiberon avant d’atterrir à son hôtel, près de la gare. Une liasse de dépliants va la distraire pendant qu’elle s’accorde un bref repos. Il est presque six heures quand elle repart en promenade en centre-ville. Première acquisition : un parapluie. Malgré le crachin, du monde dehors : sympa et animée, la zone piétonnière. Une placette pavée, des cafés, des crêperies, quelques boutiques à touristes… Voilà la librairie «  Les Compagnons d’Armorique », à côté du syndicat d’initiatives. Une façade étroite, enseigne stylisée, mise en valeur par le granit sculpté. De beaux livres en vitrine. Un coup d’œil permet de juger que l’intérieur est plus vaste qu’on pourrait le penser et qu’il y a du monde. Ouverture de neuf à dix-neuf heures. Elle ira demain à dix heures. Elle passe au SI, se renseigne et repart avec tout ce qu’il faut pour choisir un établissement de cure saline. Tiens, un petit resto l’invite à entrer. Ce soir, fruits de mer et poisson. Délicieux, à part qu’elle a voulu goûter au kouign aman. Une horreur, ce truc, c’est l’estomac lourd qu’elle va appeler son Lucas. Malgré sa décontraction de façade, ce soir elle a besoin d’entendre sa voix… « Oui, demain ». Un sommeil agité…
      Ce matin, le vent aidant, le ciel est bleu, à peine laminé d’écharpes laiteuses. Du bleu dont les peintres disent qu’on ne le trouve qu’ici. Elle pousse la porte vitrée, son entrée saluée par un carillon harmonieux. Un quinqua à lunettes tient le comptoir et la gratifie d’un bonjour souriant. Quelques chalands fureteurs dans les allées, c’est tout en longueur. A mi-chemin, un escalier de fer en colimaçon donne accès à l’étage, sur demande, c’est ce que dit l’affichette. Les rayonnages sont remplis de volumes décorés. Toute une allée est consacrée au cycle arthurien. Histoires légendes celtes et bretonnes; la bande dessinée est largement représentée. Sonia fait le tour, compulse de ci, delà, hésitante, apparemment ravie et revient vers le comptoir.
      ― Je peux vous aider ? Un conseil peut être…

      A suivre
      Parceval

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        Avatar photoSybilla
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          Bonsoir Cher Ami poète Parceval,

          Que de mouvements !
          Et l’histoire d’amour entre Sonia et Lucas est en belle harmonie !

          Découvriront t’ils la vérité ?

          J’ai hâte de connaître la suite de ton superbe récit !

          Belle soirée Cher Ami poète Parceval !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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