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Poème partagé par khanisty – création poétique en ligne
Il parait que les hommes
Se sacrent Roi de Rome
Depuis qu’ils ont la pomme
Croqué jusqu’aux arômes.
Il paraît que nos mâles
Fiévreusement s’emballent
Dès que s’ouvre le bal
Du bipède idéalDu fier petit minet
Aux abords efféminés,
A l’étalon tanné
Aux avants-bras veinés,
Ils seront tous d’accord,
De leur voix de stentor,
Pour crier haut et fort
Qu’ils charment dans l’effort.Il leur en a couté,
Ainsi, de supplanter
Les rivaux surcotés
Posant à vos côtés.
Chacun s’est démarqué
Pour sortir du paquet
Des séduisants laquais
Voulant vous embarquer.Il vous a fait promesse
De vous sacrer princesse,
Et sa délicatesse
Câlinait votre ivresse ;
Sa passion corruptrice
Vous rendait réceptrice
A la douce malice
Dont il voila ses vices.Il jurait tous les saints
Qu’il battait en son sein
La force d’un tocsin
Pour combler vos desseins ;
Il criait à qui veut
Qu’il vous rendrait gouteux
Ce quotidien pâteux
Pour honorer vos vœux.Comprenez, jolie fleur,
Qu’un si pesant labeur
A fatigué son cœur
Qui maintenant se meurt.
Belle enfant, admettez
Que s’il a, tout l’été,
Son potentiel vanté,
Ça peut vingt ans compter !Dîtes-moi, à présent,
Où est le courtisan ?
Que lui ont fait les ans
Qui semble si pesant ?
Le séducteur d’hier
N’est plus tout aussi fier,
Ni ses muscles d’enfer :
L’acier redevient chair …Sa bonne volonté,
Sa sensualité
Et sa sincérité,
Remisées de côté,
Ne viendront plus tenter
La jolie fleur d’été
Qui voit l’hiver chanter
Son cœur désenchanté.Elle subit l’embarras
D’un scélérat ingrat
Qui, dès lors, fait du gras
Pour appuyer ses gros bras.
Il ne se rend pas compte
Que la fée de son conte,
Triste laissée-pour-compte,
Accuse son mécompte.Désormais, elle travaille
Pour amener la maille
Payant les victuailles
Pour nourrir sa marmaille.
Lui attend que la gloire
Le nomme au directoire
Ou ne cesse de boire
Entre deux jobs de foire.Elle doit le soutenir ,
Sans cesse le vernir,
Pour qu’il puisse tenir
Sans trop se dégarnir.
Elle doit l’alimenter,
Le blanchir, l’escorter,
L’éduquer, l’abriter,
L’aliter, l’appâter …Si la santé s’emmêle,
Derechef, c’est la belle
Qui prendra sous son aile
Ce gaillard au cœur frêle ;
D’apparence fragile,
C’est en roseau gracile
Qui reste aux vents docile
Qu’elle couve son idylle.Quand s’ancre l’inconfort,
Qui redouble d’efforts
Pour contrarier le sort ?
Qui prend à bras-le-corps
Les soucis en essor ?
Qui mérite, dès lors,
En label, sur son corps,
L’attribut « sexe fort » ?
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