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Insomnieux kaléidoscope de la jeune leucémique des lisières

  • Ce sujet contient 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoTradescantia, le 24-05-2022 02:03.
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    Sujet
  • #2693276
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoTradescantia
    Membre Oasis
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      • Réponses: 1116

      Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

      Leucémie

      la lune apportait sa lacune
      dans le bleu soir du carreau

      un mouvement ravisseur
      navre la destination

      la fenêtre et ses échos de croix
      supplicient la rencontre

      à son larmier l’hôpital
      empierre le halo d’un soupir

      un reflet de lampe dans le noir
      ironise ma fièvre de plénitude

      les ombres du tamaya
      subjuguent la chambre qui mura

      oiselles et sylphides
      anges ailés de silence

      insectes d’or inverse
      ogivale embuscade au pinceau des cendres

      silhouettes sans mémoire
      près du souffleur cardiaque

      c’est parmi l’écarlate de mon sang
      qu’erre l’échancrure lunaire

      Église nouvelle

      Otages
      du soir qui bruine
      les vitraux vont cendrant leurs anges polychromes

      Titubante
      une vieille femme
      après un temps comme un siècle
      s’éloigne de l’étagement des feux épars
      qui frissonnent au pied d’une madone
      elle se retourne une dernière fois
      d’un air de pardonner à l’apathie du bois
      elle incline le vague lunaire de son visage
      sur sa vêture noire
      et y résorbe les lignes de ses mains jointes
      De sa répétitive prière
      il reste quelques chuintantes d’or
      qui s’accrochent au tabernacle
      aux huiles peintres des calvaires

      Demain
      après mon voyage
      à travers l’hôpital des lumières languides
      je serai
      sur les éminences de l’aube
      par ma veine la plus bleue
      rayon parmi les rayons premiers
      pour raviver la sollicitude
      dont les excellences de verre
      entourent
      les tristes de cristal

      Le verrier

      Au milieu de la table entre les mains inertes
      avoir pleuré des nuits enfle un morceau de verre
      à travers lequel jusqu’au lilas du parfum
      transparaît celle qu’il navra
      et dont la détresse s’est ceinte de rochers

      Car son art fulgurait au plus fort des mémoires
      et l’oeuvre sacrée portait l’homme défait
      On vint le conjurer de rêver un vitrail
      qui dominant la nef saurait éterniser
      de la martyre du lieu l’exemplaire assurance

      Les pigments scrupuleux partagent le remords
      un pinceau lapidaire illimite la sensation d’absence
      puis jusqu’au souffle
      il rend le visage
      avec les yeux de jais qui regardent un dieu
      il peint l’effusion de la tunique blanche
      entre le flagellateur et le lion

      Et chacun s’amuse ou s’émeut
      de ce ton fraternel ou familier
      quand tout gesticulant il parle à la sainte que
      rallume désormais le soleil des aurores
      et qui chamarre la pierre des piliers
      de ses brisements versicolores

      Les aurores leucémiques

      drilles sur le noir mué en tableaux
      les destinations viennent au safran

      allumements de chaux dans les épaisseurs du bleu
      afin d’ordonner des voies paraphrastiques

      puisque de l’orient a sourcé le rose
      en ruisselle la vitre myriadaire

      entre les navrantes ramilles des murs
      le lent blafard du soufre des globes

      la cochenille de mon sang roule les étoiles
      avec l’échancrure d’une lune à l’étourdie

      où, parmi le sursis qui poudroie
      une aire d’allure encore qui ne soit chancelée ?

      Le monde de verre

      un grand arbre
      où par intermittence
      vient tressaillir le bleu d’hébétude

      le planétoïde polychrome du jeu sans orbite
      qu’escamote soudain
      l’oeil étonné de la vieille tour

      les mille enfants de moire
      interdits ou déliés
      dans la bourrasque des alertes maternantes

      les envols de vies noires
      vers les nuages
      qui vont transmuant caravelles et lassitudes

      l’impassible liseuse
      dont s’exhale pourtant
      l’alphabet pollinique des communions

      si lisse
      leur enveloppe de vitre
      sous la paume opiniâtre
      et le profond de la pupille
      sous l’utopie de pénétrer
      qui a la saillie de la joue

      fenêtre
      les ingrédients du ponant
      composent les nettetés de tes croix
      lévitant cimetière
      pour carreler l’imagerie qu’on dépouille

      l’instant lugubre
      y dépose comme brume
      la buée leucémique
      sur laquelle la pulpe du doigt qui s’efface
      ne sait plus graver

      Carreaux

      en buées échancrées
      en succès innocents des croissants
      sélènes pictogrammes du sceptre aoristique
      ces tétragones qu’à l’orée de la dyade
      va noirconjuguant un aplomb insisté

      parodies de lices où des lignes
      intermittemment vouivrent

      commenceresses claires
      et appréciements de bleu pastel
      atteignant l’oblique montueuse
      elles acheminent leurs veinures avitaillées de sombre
      vers les horizontales

      aux fins d’encoroller
      leur minute de tigelles
      parmi l’humide écaillé
      poindre s’immole à la nova

      de cueillir
      jusqu’au bouquet hors la séquence
      la main est l’ardeur
      de s’en remettre aux guides de vaguant aiguail

      déjà linéaments à même la bonde
      le remenant des hyalophores

      et le jour ira s’épanchant
      de l’exuvie qui le paillette et le tigre

      Laconismes

      I

      Bouteille au pied d’une statue de madone

      Son étroit goulot gauchement retranché
      ceinte d’un ruban cinabrin
      et d’une ligne d’argent
      sa transparence prodigue d’eau d’émeraude
      elle prosterne
      l’anthologie d’un champ de blé

      II

      Bouquetière

      Parmi les éclats les roses sparsiles
      parce que la colère elle aussi
      est candidate aux épures nocturnes

      Toute l’eau versée sur le tapis
      pour les noyades des sylphides
      qui se fussent délivrées de la laine veloutée
      et qui évasent la prunelle de bistre

      Aviaire

      le verre a musiqué
      sous le pas élusif

      à mi-pente de fièvre
      depuis la brisure éveillée
      s’aile le multiplicande

      toits de délitescences
      oiseleurs volutés

      un inespoir mordoré
      détrousse l’habitude
      du timbre de sa voix

      orphelin du péremptoire
      le temps s’interloque

      et ces mouvantes figures d’un ciel insaisi
      soudain se renonçant
      en l’humblesse de la ligne de cendre

      À l’acmé de la leucopoïèse

      foyer des mille trains
      un ovale
      où la nitescence extrait ma passée

      le safran y fait des châteaux de nord de sud et de l’éventuel point de départ sur lequel appuie mon délai

      l’est et l’ouest y sont émulsionnés par le fluide brésil

      le tremblé du trait noir
      qui inachèvera toujours
      la calligraphie de mon lendemain-poème
      quelle est son ardeur à freindre
      et à éclore !

      mes yeux se souviennent
      de soulever leurs carats d’iris
      parce qu’il existait un ciel à adorer
      et l’art de facetter l’eau de l’infini

      dans ses à-pics d’élucidation
      la verrière avalanche tous les parcours à la sanguine

      Je n’ai jamais rien écrit

      Je n’ai jamais rien écrit
      sinon la solitude
      imminence du poème

      qu’elle fut longue
      comme un ouvrage dès midi
      l’attente du silence

      je m’abandonne
      à mon souffle
      où désormais poudroie l’horloge

      mon corps sait un déshabillage
      dont le tressaut retrempe les sens

      la moindre pensée d’un geste
      a le poids d’un monde perdu

      des oiseaux polychromes
      se répètent dans les voilages

      des fruits rouges se délivrent
      de la succulence et de l’éphémère
      dans le pénombral creuset de la porcelaine

      un coeur de sucre
      inconnu désormais
      à toute amertume bue
      raffine sur la candeur
      auprès de la lampe gironde

      sur les portes closes
      les poignées d’or
      se réduisent à l’écho
      du visiteur en la mémoire

      Je n’ai jamais rien écrit
      sinon la solitude
      je ne me trouve nulle part
      sinon à l’imminence du poème

      Pure halte

      Dans le poignet de brume
      un plain-chant fait tressaillir
      les vespérales veines des arbres

      Dans le clos de l’invisible
      un contour suppliant
      ensoleille sa rosace

      La patience pressent les étoiles
      qui d’un coeur de flambe en poudrée
      parsèment le battement du mystère

      Les nourritures impossibles

      enfin
      sur la table transparente
      elle a déchiré le filet mince
      regardé rouler
      s’alentir
      se figer les oranges

      son dernier semis de perles
      gravé sur les carreaux
      la pluie se tait

      calmée
      l’haleine
      filigrane
      la pénombre

      hurlée de la lampe
      son jour qui bluffe

      elle attend les mains moins disparues
      calligraphes des partages de jadis
      encres broyées sur la source du poème
      pour écorcer les fruits d’ombre
      qui parsèment le tapis couleur de paille

      après le sommeil et ses saccades
      allumement des oranges
      avec l’or qui nomme les florilèges
      les jus cèdent aux aurores

      le tranchant
      qui rayonne l’arôme descellé
      s’irréalise à ces soleils propices

      et ce n’est pas s’éteindre
      ce continu sillage du luire
      océan du mur
      récif de l’angle
      périssoire de l’aquarelle
      où se rose encore ta jeunesse

      et cette heure
      qui fiche des aiguilles coureuses
      dans la mire de l’éternité
      réfléchissement des oranges
      dans le profond de la table
      spectrale cueillette
      pour le sang devenu spéculaire

      ce qui repose comme demain
      à l’intérieur des paniers tressés
      sur les sommets inatteignables des armoires muséales

      oiseaux des premiers ciels
      échos des blés d’enfants
      baies à même l’émeraude plurielle des évadés
      gestes parmi la vigueur dévouée
      aux gibiers du jardin

      sur ces passerelles exquisément arquées
      en lesquelles se sont muées leurs anses

      voyez-la traverseuse de ses dernières faims

      Assouvie

      à demeurer ce qui délibère
      longtemps étourdit le faisceau

      linéaments de paucité
      au bas d’une inclinaison vague

      lorsqu’un sang miraculé
      élit les minutes poètes

      voile à la lucarne
      l’aube de neige
      concède un bleuissant défaire

      d’un verre le rose allumement
      apothéose l’inemploi

      dans sa flammerole cueillie
      un fruit brûle la nourriture

      et sur la courtepointe
      où le florilège en chagrin
      retourne au germe
      des éléphants satinés
      troubadourent ce relais
      d’ors et de verts rassasiants

      Dolor colorque

      I

      Vitrail

      cet ahan d’yeux
      par-delà ce qui matière
      jette ses cristallins fallacieux

      pour la source
      cette incessante épée
      qui traverse la gorge

      divisible torse
      ondoient deux fils de sang

      par degré
      modère leur sombreur
      le rose lunaire du dénudement

      joignant le jardin polychrome
      où repose la satiété d’un contemplateur
      leur invisible réunion
      allume un déferlage de corolle

      II

      Se doloser

      Sporade et multiforme
      la braise qui le dominait
      ne franchissait pas ses contours

      les sentences et les humiliations des vitraux
      avec leurs fagots leurs tuniques
      avec leur bleu palinodié
      avec l’émulation des macles de leur orange
      n’étaient pas consumées

      et moins encore
      vassalisant le tremblé des lucioles en rangs
      le revendiqueur taillé dans un sombre
      qui suppliciait tous les aubiers éteints

      Par la voix leucémique

      distributive et bleu de nuit
      couleur des chronométries anémiées 

      et ce lent évanouissement 
      qui safrane la sentinelle 

      parfois tout à cette définition 
      qui sacre le bibelot
      des silhouettes tutélaires
      gracient le tamaya

      du poids des ailes 
      s’effeuille le navrant vitalisme 

      lignes et bandes par myriades
      vivier de la verticale et de l’horizontale 
      des insistances comme des sources 

      de sa luneuse angéiologie 
      le sang s’exile
      pour se relier au noir
      par-delà folklore et symbole 

      je suis ce legs à
      sa métamorphose en l’encre
      qui carrelle les transparences incunables

      Arrivée en gare

      la pluie
      emperle les transparences
      qui divisent le défilement

      animalcules d’eau
      territoires de verre
      leurs itinérances

      embellie et néon
      se disputent le butin d’étincelles

      une toiture déjà
      émanation des forces qui freinent
      supplée au ciel

      lampe réfléchie
      asile de tous les rayons

      sources jumelles qui safranent
      la fluente obsidienne des multitudes

      S’éclairer

      découpe en ribambelle
      de la silhouette humaine

      le sombre meut ses multitudes
      sur les aires du passage

      dédoré par le fermail des textures
      le nuancier du transparaître

      un oeilleton de safran
      des syllabes fulgurées
      un bagage qui gronde
      effervescente consomption des tabacs
      des secrets des silences

      soufré pluriel sur le nectar des haltes
      les vitres se prodiguent

      première couleur du geste
      pour la glyptique des prunelles

      congé de bleu soprano
      le ciel y fascine sa braise candide

      un train
      laissé à sa déshabitude
      gemme de la vitesse
      où villégiature l’étoile
      robuste évanouisseur de visages
      les voyelles des villes s’évadent
      jusqu’à renommer la lumière

      innocent
      de la distance
      couturier départ
      qui réunit le sang lunaire
      à l’ignescence des mille verts

      Charme

      aiguière en voyage
      sa transparence mauve
      et déjà syncopé le porte-fadeurs
      avec l’arbitraire de la tablette
      qui eût gardé contre le bris

      une eau reste au boire
      autant qu’au ravir
      du défilement s’alentissant la moire
      tantôt irise tantôt platine
      l’étique ovale tremblé qui la surface

      Musique

      Effusions d’orgue pensif
      à travers la pierre
      des vitraux bordent la rue des Solitudes
      imagier et féal le verre
      parmi l’étincelle de mai
      partage le sentiment de plaie

      Le poème devenu proie

      Comme un fauve
      l’azur
      infiniment bondi
      au cri de la persienne

      un fauve
      l’azur
      et soleille l’inassouvi
      qui le médaille

      et la vitre imagière déjà du souffle
      sur l’antilopiné sans sommeil
      dont la course
      à travers la page de savane
      est cet alphabet dérangé
      enclin à l’effaçure
      autant qu’à la stupeur

      Insomnieux kaléidoscope de la jeune leucémique des lisières

      orange et lilas
      stupeur de la rotation
      un soleil a scindé
      son sang de galaxie

      deux abat-jour
      orphées des angles

      ombre et lumière
      envisagent des trigones
      pour la lyse des bases

      symétriques jachères
      des épanchements

      le point secret
      où se fondent les aigus de leurs sommets
      pollen de voyelles infirmières
      sur l’aile anémone du sursis

      dans le mauve plissé de la couverture
      s’ensable le florilège dédoré
      son signet rouge et flexueux
      comme brisures d’agrippement

      et toute lame toute entaille
      toute veine évidente et sud
      remises à l’entrebâil des rideaux

      métamorphique minceur
      d’un compendium de silence
      cet instant mande à la relayeuse
      une lave ocre et prairiale

      idéale ténuité
      d’oiselles musicales
      lamelleuse légende
      des masses de jadis
      seul le larynx d’Homme
      buvant à son incunable

      interstice andante
      de pluie pénombrée
      minuit dodécaphonique
      fabulé de ruisselances

      dans le sang brillé
      d’os alunis
      et d’arythmie pellucide
      se retrempe l’uchronie des incandescences

      Fenêtre imagière

      le croisillon
      éclipse

      sur les horizontales
      des glissées
      se dépensent
      pour réinviter
      les luisances

      déjà
      de l’angle du carreau
      la mue restitutive

      diagonale
      à travers l’aoriste du cyan
      lune son éclosion de verrier

      Le Tao leucémique

      ses linges
      des vêprées recrudescentes
      vont fleurant l’achronie et le mètre torpide

      un rire
      transcharnel
      leur octroie quelque altesse

      leur tomber les éploie
      ravisseurs en diaphane rouge de tout luminaire

      paysage la hurlière
      par-delà l’acrimonie des angles

      ô lisières
      que s’audacent vos kaléidophanies
      où faire louve filante la confluence d’hôpital !

      sa voie
      anfractueuse passée de l’incandescence élective

      au congé-racine qui tient toutes les salves d’inconnu
      le reflet donne fée son quatre-feuilles de secondes

      vont merveillant en leur conflagration nulle
      révolte comme tristesse
      lés et baux

      De mon désir verrier mêlant parmi l’or et l’encens pour munifices mages la lacune
      or ensuite d’une décade l’écrin de palissandre était retourné des abysses
      et ton chiffre impavide descella sa gravure sur l’intaille insondable
      le sidère n’ayant pas désappris d’effluer ses orients à travers notre havre lilacé

      Suicidable

      de soliflore en soliflore acquise
      aux soifs de son cueilleur poïkilomane
      la rose des vents aura soufflé
      les pastels des musculeux abat-jour

      parcourant le baldaquin de gaze
      que tend le trapèze des tours
      l’étoile s’étonne qu’elle cascade

      de l’arête longue qui
      sur mon orientation a décidé
      proéminent des ors et des noirs
      aux fins d’arlequiner un griffon
      que va fléchissant la vacance d’une lanterne

      à ce jour anfractueux qui l’engage
      le myocarde cède son parchemineux volume
      à l’acouphène qui légende sa frainte

      aussi le sang de sa pleine déroute
      se bifurquant enfin au tamis des leucoses

      vêt d’une incarnate mousseline
      le zéphyr de la dernière passante

      et illune les neiges ascensionnelles

      Cimetière hyalin

      égaillement
      de bouteilles de verre
       
      ce qui est bu
      ce qui est vide
      scintille
      languides étoiles égarées
      dans le jardin du souvenir

      Sublimatoire du besoin

      foudre platine 
      sur le fol hyalin
      pour muer la brisure 
      en naissante dendrite

      versicolore anthologie du jour métabolique 
      sa capillarité émonde la contemplation 
      et congédie le porphyrocyané lacis des vaisseaux 

      outreretour et transapôtre 
      le myocarde trimardeur 

      et le liquide désapprend la viscosité 
      en compliciant l’ulysse leuçalgique

      à même la jachère des alcools
      des chemins germinent leur pas lucide 
      là où la soif émancipée de l’araire 
      afin qu’abonde-aure le saisonneur
      disjoignit ses commissures jusqu’à la transparence

      Tout portulan évanoui

      à une éphéméride de chrysocale encor
      se seront soustraits les trois angles glutinés

      chamane de l’induit
      le soupçon d’iris suscite l’abîme des reflets
      et le zéro du choc
      promeut la chute au transplafonnier

      flueurs des lignes à leur non-sonore noël

      pour chaque aplomb
      cette horizontale d’épiphanie qui suspend la céréale

      or les parallèles
      prodiguent la hauteur pulvérulente
      air et corps au bout de leurs élans
      ignorent la conjointure

      les brins qui murent
      une île y corrobore son extrait

      son geste sanguifié par la gamme des cendresses
      jusqu’aux neiges mages dérobant les arbres de noir
      baigne un navire dans le lait d’une approche

      et translate l’abord
      avec la pupille
      avec la plante du premier est
      à la luisance de voile qui croît

      Opulence

      de cette embellie
      l’inespéré

      par surcroît
      du chat fauve l’inopiné bondir
      dans l’arbre de pluie
      qui emperle et gorge les carreaux

      à ce point étincelé
      le remuement
      une cristallerie cascade
      en manière de bénévolence

      et de tous les carats de l’instant éclabousseur
      aumône les prunelles mendiantes

      La navreuse

      l’ambivalence des lisières
      possède le moment cardiaque

      sous la netteté de l’affublement jaune
      pareil au bris d’éteule d’un vitrail qui parabole
      l’axiome des saisons délie ses phonèmes
      de leur obligation

      aux extrêmes des pulpes le foliacé recueillir
      s’est arrogé la pointe de lance

      par l’insoupçonnable écorchure
      tout le long de son pluriel
      le journalier décor s’étrange

      partir vrai s’échevelle
      s’épanche en déplantations de vent

      flanqué de son recel hématique
      stride un train disparaissable

      à travers la détissure
      l’aiguail endiamante l’exuvie d’un repos

      puis à l’épointé où richoie l’élan
      transpercer
      équidistance des orées
      échappe de toute préhension

      source
      de carole
      et d’aile

      inépuisablement dégouttant d’abîme

      Or nué

      Jusqu’à la si nette cueillaison de verre
      une cathédrale se coalise avec un feu
      aliforme s’y prend et le file une soudaineté
      à l’aube pollinique des torpides fusains

      Fragilités

      Poids de la pluie noire
      sur les panonceaux

      la hautainerie de leurs mots-luminaires
      a ployé

      prodigieuses
      des enjambées
      franches de toute blandice
      vont alors exilant
      de la ville vénale
      les démesures qui
      dans le battage de l’outre-coeur
      avaient contrefait des dieux

      Ténue

      prunelles feuillies
      dissoutes cités
      chemins qu’auront charmés
      les joueurs de murmure

      libation
      de la dernière systole du fragile

      dans la courbure des herbes
      se moirent les veines

      du souffle
      une nacelle encore
      pour dériver le carmin pusillanime

       
      Nectar de luminaires
      bleu lisière d’un midi
      carillonné par la divagation battante

      méticuleux rendez-vous
      des clairs de monde
      et de ciel
      en la gamme d’une corolle

      arceaux de cette quiétude
      prodigue d’ovales

      et roses
      des pétales transparaissent
      au travers des pétales roses

      entre eux ira se glissant
      ma présence fissile

      Maladie magicienne

      la poignée
      en dépit de son brandissement lacté
      dissoute
      dans l’ombre téméraire

      une liqueur de bleu diaphane
      emplit les carreaux

      ramures du reverdir orpailleur
      ivresse des dehors

      et ne demeure au verre
      que le malingre embuement
      de la désenchanteresse

      qu’un vieux noir de cadre
      ses lignes se croisant
      ses angles démultipliés
      pour sa prétention au terme

      puisqu’il arrive que le vent
      et la pause de l’oiseau de moire
      concernent le tamaya
      qui visite l’aquarelle
      et qu’arque la sanguine

      prestidigitatrice détresse
      et la transparence est ce va-et-vient
      d’un sentiment de ciel

      La nuit guérisseuse

      le rose et le blanc
      ont suspendu leur ruissellement de linge

      renversée jusqu’à la trouvaille
      une ampoule dégorge dans l’angle

      le lavis
      enténèbre ses énigmes de cercles et d’arceaux

      le verre
      qui a étrangé le verre
      d’une neige soudaine
      abonde
      et chaque carreau renonce son inchoation

      mais déjà le gris-bleu
      a restitué

      l’arbrisseau fige ses oiselles
      devant l’inexorable éteignement

      ce qui safrane à peine les croisures
      leur cède sa quiddité de source

      une brume faramine
      dévore le cyan des divisions

      de part et d’autre
      d’un corps qui repose
      ces épanchements d’ombre
      avec ces rus de mauve laine

      De la transparence à la transparence

      I

      pour lacuner la route

      d’une inlassable étoile vitesses
      et passages annuler

      luit la trouée soudaine du connu

      ces six pas
      dardés par le trottoir
      cet agenouillement
      parmi l’exponentielle avanie

      main et rupture
      convergent vers l’éclat
      où du rose ira précisant du verre

      II

      qu’importe autour
      jeux brisés et fades effrois

      quand désapparié
      impuissant à sombrer son oblique dans les herbes
      paraît un soulier d’enfant

      son injonction de laine à saisir
      la couleur progressive

      III

      la cache
      aux confins des absences d’eau
      dans un presque clos

      il reste une aube
      et c’est gésir

      et c’est allumer anguleuse
      de la paume se levant
      toute cette façon de gemme

      soit atteint le sang

      IV

      derrière la robe de la fille qui
      lente approche
      déjà l’effusion
      a nuancé le rouge

      à sa fixité
      puise l’agonie

      les yeux s’échangent

      V

      il n’est qu’un geste
      recueillir le fragment

      un corollaire du geste
      essuyer
      puisqu’il déroge à la meurtrissure

      et comme elle réunit désormais son regard à cette optique
      six pas sont légués
      à son éloignement

      au travers un monde est trouvé
      où rosir a supplanté la larme

      Évanescence architecte

      des nuages croisent
      leurs actualités filamenteuses
      pour le sortilège de l’angle

      ainsi partir l’altitude
      augure de la translation
      jusqu’au matériau d’azur

      immaculé partout
      au-dessus des bâtiments
      ce voeu qui volute ses fumées

      Gravure

      verre
      à même la nébuleuse luisance
      et l’horizon a diminué son arbre
      dans le sortilège leucémique
      qui approche les peaux des flanelles

      fenêtre
      toutes les croix de ton partage

      leur sombre accru délivre l’acuité
      pour graver sur des tablettes de ciel
      sang et vent
      oiselles de feuilles
      foudre et aorte enfuie

      débord des soirs sans rose
      et fiole vide sous la lampe des sursis

      L’arbrisseau verrier

      la caducité
      en suspens

      l’effeuillement
      fait des proies
      triomphantes d’incarnat
      et de flamme mirabelle

      au tremblé
      au tournillé
      au dansé du vitrail arachnéen

      Église

      Et j’eus soudain besoin de vous
      vitraux
      qui dominez et cernez les apaisements

      qui muez
      le rébarbatif soleil
      en paraboles polychromes

      en assombrissements
      fidèles
      au coeur patient et vespéral

      J’avais soudain besoin de vous
      vitraux
      qui prenez tant de part à la cendre émue
      de la dernière silhouette en prière

      Polychromie de la déprise

      aurore
      un ciel en orangé
      infiltre le train
      ses coulures
      à travers la balbutiante assertion des matières
      hasardent les lettres de la destination

      épanché le rose s’y mêle incontinent
      jusqu’à la jubilation de l’illisible

      et radieuse la vitesse
      entraîne le trajet
      dans un ajournement couleur bleu d’assomption

      Tradescantia

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    • Auteur
      Réponses
      • #3378966
        Mascotte d'Oasis
        Avatar photoislander
        Membre Oasis
          • Sujet: 8962
          • Réponses: 96830

          Leucémie, « le mot le plus horrible » de la langue française, celui qui fait peur, votre poème est merveilleux, il me fait penser à des « vitraux de cathédrales » (pas forcément religieux), l’on devine des liens avec le sang, l’hôpital, je souhaite que vous ne soyez pas « concerné », par ce que vous écrivez, toujours est t-il que je suis scotché et admiratif, malgré un « grand mystère » ? de ces poèmes brillants et étourdissants presque, mille bravos, je vais essayer de moins analyser, me contenter de regarder les vitraux,

          amitiés poétiques

          yann

        • #3378976
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photoNoireLune
          Membre Oasis
            • Sujet: 1482
            • Réponses: 52493



            Bonjour à vous…Tradescantia
            Sûr je rentre en délitescence quand je vous lit…
            en infiltrant le train de votre assertivité…

            Très amicalement…


            La Po?sie ?a sert ? faire du bien...
            ?a d?noue le n?gatif...
            et ?a devrait ?tre rembours? par la s?curit? sociale...
          • #3379057
            Administratrice
            Avatar photoSybilla
            Maître des clés
              • Sujet: 17854
              • Réponses: 198274

              Bonjour Tradescantia,

              Cette maladie fait peur….très peur à tout le monde !
              Tu l’as évoquée admirablement bien avec le passage torturé qui doit cheminer dans le cerveau et l’esprit lorsque l’on est concerné ou par une autre très grave maladie !
              J’espère que c’est du fictif, sinon, je te souhaite un immense courage !

              Belle journée cher ami poète!
              Toutes mes amitiés
              Sybilla

              Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
            • #3379152
              Plume d'or
              ★★★★☆☆
              Avatar photoTradescantia
              Membre Oasis
                • Sujet: 480
                • Réponses: 1116

                Bonjour…

                … Vaillance belle des visiteuses et des visiteurs de l’insomnieux kaléidoscope… Pudeur et lucidité des mots laissés… confiés… Gratitude émue…

                … lucidité… la même racine que leucémie : leuk- ‘briller’… Oui, ce sont aussi ces vitraux qui s’allument, déclinant en la cathédrale intérieure du vivant et du fragile et du fugace toutes les nuances du rouge… Le recueil aurait pu s’intituler aussi : Les verreries échoïques…

                … De cette racine si ancienne, leuk-, vient également le mot : leucopoïèse ‘formation, création de globules blancs, brillants, dans le sang’… C’est une véritable métaphore… le sang devient vitrail flamboyant, le sang devient flambeau… à sa lueur le monde est tout différent… Alors, essayer de peindre en mots, essayer d’exprimer le monde, le quotidien, les repères, les géométries se métamorphosant dans et par cette lumière-là… Leucopoïèse… -poïèse, de la même famille, bien sûr, que… poésie !

                La journée vous soit généreuse et étincelante ! …

                Tradescantia

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