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José-Maria de HEREDIA (1842-1905)

  • Ce sujet contient 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoadn, le 07-04-2018 17:03.
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  • #2660256
    Plume de diamant
    ★★★★★★
    Avatar photocyrael
    Membre Oasis
      • Sujet: 14564
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      Vendange

      Les vendangeurs lassés ayant rompu leurs lignes,
      Des voix claires sonnaient à l’air vibrant du soir
      Et les femmes, en choeur, marchant vers le pressoir,
      Mêlaient à leurs chansons des appels et des signes.

      C’est par un ciel pareil, tout blanc du vol des cygnes,
      Que, dans Naxos fumant comme un rouge encensoir,
      La Bacchanale vit la Crétoise s’asseoir
      Auprès du beau Dompteur ivre du sang des vignes.

      Aujourd’hui, brandissant le thyrse radieux,
      Dionysos vainqueur des bêtes et des Dieux
      D’un joug enguirlandé n’étreint plus les panthères ;

      Mais, fille du soleil, l’Automne enlace encor
      Du pampre ensanglanté des antiques mystères
      La noire chevelure et la crinière d’or.

      José-Maria de HEREDIA (1842-1905)

      l'Amour rayonne quand l'Ame s'?l?ve, citation maryjo
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      • #3110837
        Plume de diamant
        ★★★★★★
        Avatar photocyrael
        Membre Oasis
          • Sujet: 14564
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          J’aime…..

          Les roses d’Ispahan

          Les roses d’Ispahan dans leur gaîne de mousse,
          Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l’oranger
          Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce,
          O blanche Leïlah ! que ton souffle léger.

          Ta lèvre est de corail, et ton rire léger
          Sonne mieux que l’eau vive et d’une voix plus douce,
          Mieux que le vent joyeux qui berce l’oranger,
          Mieux quel’oiseau qui chante au bord du nid de mousse.

          Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse,
          La brise qui se joue autour de l’oranger
          Et l’eau vive qui flue avec sa plainte douce
          Ont un charme plus sûr que ton amour léger !

          O Leïlah ! depuis que de leur vol léger
          Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce,
          Il n’est plus de parfum dans le pâle oranger,
          Ni de céleste arome aux roses dans leur mousse.

          L’oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse,
          Ne chante plus parmi la rose et l’oranger ;
          L’eau vive des jardins n’a plus de chanson douce,
          L’aube ne dore plus le ciel pur et léger.

          Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger,
          Revienne vers mon coeur d’une aile prompte et douce,
          Et qu’il parfume encor les fleurs de l’oranger,
          Les roses d’Ispahan dans leur gaîne de mousse !

          Charles-Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894)

          L’oasis

          Derrière les coteaux stériles de Kobbé
          Comme un bloc rouge et lourd le soleil est tombé ;
          Un vol de vautours passe et semble le poursuivre.
          Le ciel terne est rayé de nuages de cuivre ;
          Et de sombres lueurs, vers l’Est, traînent encor,
          Pareilles aux lambeaux de quelque robe d’or.
          Le rugueux Sennaar, jonché de pierres rousses
          Qui hérissent le sable ou déchirent les mousses,
          A travers la vapeur de ses marais malsains
          Ondule jusqu’au pied des versants Abyssins.
          La nuit tombe. On entend les koukals aux cris aigres.
          Les hyènes, secouant le poil de leurs dos maigres,
          De buissons en buissons se glissent en râlant.
          L’hippopotame souffle aux berges du Nil blanc
          Et vautre, dans les joncs rigides qu’il écrase,
          Son ventre rose et gras tout cuirassé de vase.
          Autour des flaques d’eau saumâtre où les chakals
          Par bandes viennent boire, en longeant les nopals,
          L’aigu fourmillement des stridentes bigaylles
          S’épaissit et tournoie au-dessus des broussailles ;
          Tandis que, du désert en Nubie emporté,
          Un vent âcre, chargé de chaude humidité,
          Avec une rumeur vague et sinistre, agite
          Les rudes palmiers-doums où l’ibis fait son gîte.

          Voici ton heure, ô roi du Sennaar, ô chef
          Dont le soleil endort le rugissement bref.
          Sous la roche concave et pleine d’os qui luisent,
          Contre l’âpre granit tes ongles durs s’aiguisent.
          Arquant tes souples reins fatigués du repos,
          Et ta crinière jaune éparse sur le dos,
          Tu te lèves, tu viens d’un pas mélancolique
          Aspirer l’air du soir sur ton seuil famélique,
          Et, le front haut, les yeux à l’horizon dormant,
          Tu regardes l’espace et rugis sourdement.
          Sur la lividité du ciel la lune froide
          De la proche oasis découpe l’ombre roide,
          Où, las d’avoir marché par les terrains bourbeux,
          Les hommes du Darfour font halte avec leurs boeufs.
          Ils sont couchés là-bas auprès de la citerne
          Dont un rayon de lune argente l’onde terne.
          Les uns, ayant mangé le mil et le maïs,
          S’endorment en parlant du retour au pays ;
          Ceux-ci, pleins de langueur, rêvant de grasses herbes,
          Et le mufle enfoui dans leurs fanons superbes,
          Ruminent lentement sur leur lit de graviers.
          À toi la chair des boeufs ou la chair des bouviers !
          Le vent a consumé leurs feux de ronce sèche ;
          Ta narine s’emplit d’une odeur vive et fraîche,
          Ton ventre bat, la faim hérisse tes cheveux,
          Et tu plonges dans l’ombre en quelques bonds nerveux.

          Charles-Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894)

          l'Amour rayonne quand l'Ame s'?l?ve, citation maryjo
        • #3111768
          Plume de diamant
          ★★★★★★
          Avatar photoadn
            • Sujet: 2889
            • Réponses: 24907

            Un grand poète que j’apprécie beaucoup.

            Adn

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