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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Pour Adelaide c’était son premier carnaval de Venise,
Du balcon de la grande salle elle pouvait apercevoir le Campanile
Qui surplombait sagement la Basilique Saint-Marc, des tendres idylles
Naissaient dans la ville lord du Carnaval et de ses nombreuses gourmandises.Elle venait d’avoir seize ans, était la fille du consul de France.
Sa tante l’avait accompagnée toute la matinée chez les costumiers,
Loin de l’extravagance des costumes baroques à la folie déployée
Toutes deux avaient choisi une robe bleue de jeune marquise aux liserés garances.Un orchestre de chambre jouait du Vivaldi avec une joyeuse prestance,
les violons, les altos accompagnaient un clavecin acrobatique :
Les danseurs aux costumes baroques, aux masques hiératiques
Dans de lentes farandoles se perdaient dans d’étranges pénitences.les glaces reflétaient les couples à l’infini, dansant cette nuit de Carnaval
Comme elles le faisaient déjà à l’époque des Doges,
Les mêmes danses, les mêmes costumes aux mêmes horloges
Répondaient depuis des siècles pour la folie du festival.Bientôt sur les toits des maisons, au dessus du Campanile
On allait tirer les feux d’artifices sur la grande lagune,
Adelaide sentit une présence, une ombre posée sur la Lune
Attendait comme elle les fusées aux couleurs juvéniles.– » Puis je m’approcher de vous jeune marquise,
Demanda l’ombre, vos manières sont exquises
Loin des pantomimes des fantômes du passé
Vous ne vous êtes pas égaré.Je baille toujours d’ennui à les voir danser,
Leurs farandoles étirent leurs ennuis à l’envie,
Toujours à jouer à cette fausse éternité ,
Je suis sûre d’une chose, votre jeunesse ils l’envient. »– » Puis je savoir qui vous êtes ,
Je ne suis qu’une jeune fille Monsieur. »– » Quel doux accent, vous êtes Française, Ah Paris.
J’aime votre ville autant que Venise, je vous en prie
Ne m’en voulez pas de mon audace de Casanova,
En tout vénitien habite l’âme du séducteur ma foi.Permettez moi de me faire pardonner, tendez moi votre main,
Venez quittons cet endroit , je vais vous faire un tour
Sur une gondole, sur les canaux nait parfois l’amour ,
Dites moi votre nom avant que sonne le lendemain. »– » Adelaide, Monsieur mais… »
L’homme saisit sa main, l’entraine en courant dans les grands escaliers ,
Sur les quais une gondole les attend , le gondolier leurs sourit.– » Venez installez vous , je vais m’asseoir prés de vous.
Allez mon bon , voguons sur les eaux sages du canal.
Adelaide je veux voir votre sourire, il est sans égal
Pour gommer de votre cœur la peur de ce premier rendez vous.Levez votre regard vers les étoiles , regardez les fusées exploser
En milles et une couleurs , les clameurs des balcons chanter ,
J’aperçois enfin votre sourire , laissez moi vous embrasser ,
Voler un peu de votre jeunesse sans vous indisposer. »Elle laisse l’inconnu l’embrasser, son baiser est doux, brulant.
– » Puis je savoir votre nom , vénitien étrange, si charmeur ? »
– » Mon nom risque de vous décevoir ,
je vais vous quitter ce soir ,
On m’appelait Casanova il y a bien longtemps.
Cagliostro , ce troublant sorcier, m’a donné l’éternité.
Heureusement pour moi il me reste ces moments charmants,
D’une jeune fille un baiser innocent .
Adieu Adelaide , je viens d’avoir trois cent ans. »L’homme saute sur le quai , disparaît à sa vue.
Le gondolier lui sourit :
– » Pardonnez lui ,
La solitude lui pèse plus encore ,
Tenez pour votre gentillesse une bourse d’or. »Adelaide regarde la gondole remonter vers le grand canal,
Une bourse d’or dans son sac à main, voilà une nuit peu banale
Se dit elle en rejoignant sa tante qui l’attend inquiète prés du palais.
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