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L’ Anthologie de Luna

  • Ce sujet contient 7 réponses, 6 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoTradescantia, le 28-05-2022 09:11.
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    Sujet
  • #2693338
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoTradescantia
    Membre Oasis
      • Sujet: 480
      • Réponses: 1116

      Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

      Élévation

      toutefois aux lèvres du voeu
      l’énigme de la survivance
      n’avait laissé qu’une vaporeuse lettrine…

      ces mains en javelles
      jusqu’à l’exaucement
      qui ouvre une pulpe encore

      dans la faim de cristal
      dérougit un organisme nouveau

      à l’orphelinat des soupirs
      le zéphyr vient se désavouer

      appuyé contre la lumière verte
      où s’assimile un tremblé d’azur et de tuile
      s’aile le rose des épanouies

      sur le bord de la fenêtre
      un instant triste
      l’écorce éparse parodie les nuages

      mais le parfum sachant mourir à sa sanguine
      lesté de la seule exultation d’Homme
      déjà touche aux métamorphoses
      où se distribue le reliquaire d’un soleil

      Fumées 

      ces laines radieuses
      continûment
      volcanisent les faîtages

      votives
      leurs métamorphoses

      en faveur
      du rouet

      et sur le fil immaculé
      toute ruisselière
      de l’impasse de cochenille
      alaire formule
      je franchis le fugace

      Clair de lune

      Au paroxysme du déni des fêtes aliénantes
      cette solitude que définit l’ahan
      tandis que les masques des jours vains
      de loin en loin désavoués
      envisagent la distance parcourue

      Un dernier cri s’éteint piédestal du silence
      Elle troque sa simple science
      contre l’ombre en croissance
      les yeux à l’âme n’impriment plus les mille soifs
      et reposent comme des onyx hors de l’écrin des sens
      les voyelles s’exhalent de son nom
      et vont soupirant pour la voix qui rebaptise
      son souffle où loge enfin la pensée
      se dissipe en formes hautes et vagues
      l’humide reconnaît le sang
      le minéral l’os

      Elle croit participer de l’herbe et de la roche
      depuis les commencements
      quand s’allume un carré de safran
      qui délinéamente une manière de refuge
      et son silence supérieur

      Si dense
      une note paraît alors
      et dans le temps qui l’isole des suivantes
      s’épure un désir inconnu au corps ancien

      Un esprit doux et sans tristesse
      planant au-dessus d’un piano
      lentement compose une lune
      après l’éternité de nuages

      mais elle
      elle-même étrenne la naissance
      après toutes les années
      mues par le fil pusillanime

      Et se redresser sous la musique des jouvences
      et confier l’air à ses poumons de chrysalide

      Bien que le sombre ait ressaisi la lucarne
      estompé les lignes ascétiques
      épanché dans le songe les mains démiurgiques
      la lune pleine désormais
      comme une soeur intense
      accompagne celle dont le pas déjà bruit
      sur le chemin frayé
      dans les retours qui poudroient

      Le peintre apocalyptique

      À mon sang
      j’eus le pouvoir encore
      de dérober le rouge
      afin de peindre la dernière rose

      Alors nous allâmes elle et moi
      au confin du regard et du parfum
      nous confondant dans une même marcescence
      pendant qu’un dernier vent du sud
      gorgé de ma toile fluide encore
      glissait comme un jardin sur les ruines fumantes

      L’absence

      I

      Le simulacre de poignard et de cimeterre
      chaque trait jusqu’aux plus effilés
      se résolvait en ton poème
      il ne vint plus que l’eau des prunelles sur le papier de riz
      avec sa transparence pour le bûcher des encres
      et la dernière feuille a neigé de mes mains sans printemps

      puis le grand pays blanc
      où je la rêvai ubique
      exténue mon vagabondage

      la conviction du chemin
      repose
      profonde

      pour doubler désormais mes empreintes
      voici vaporeux mon pas seul qui retourne

      II

      Ce vieux banc de bois réappris par ma halte
      un souffle des nourritures en sommeil
      ou la bourrasque fortuite
      et l’arbre qui le côtoie s’éparpille
      en prosternant ses roses faîtières à peine divulguées
      ma rémittence habite son calque de pétales

      toutes paupières ignées
      soir après soir
      les soleils fabulent

      à l’étal de ma patience
      la criée
      du fruit

      que nul partage n’attend sur la table
      où mes mains récoltantes le glissent

      III

      Quand je m’éprouvai entre le ciel et le champ
      comme une funambule d’éther
      sur la ligne séparant leurs bleus symétriques
      j’inclinai l’urne blanche
      et tes cendres qui linéamentaient un phénix
      touchèrent au firmament des lavandes

      puis s’y étonner encore une fois
      toute une après-midi de sud
      et de serments sans inflexion

      d’un ruban de toujours
      je noue
      ma pensive cueillette

      le même parfum descend des porte-bouquets de l’espace insensé
      où le feu imitant mes fièvres te fit impondérable

      Outre-tombe

      À l’acmé de l’absence m’a cueillie le voyage
      ses distances de demi-sommeils
      de nuages comme un continent ouaté
      de bleu, de ténèbre, de rose pâle
      où s’évaporent les noms des peuples
      où démissionnent les frontières

      je n’avais qu’une adresse vague sous midi saillant
      j’écartais les véhicules tressés d’horaires
      et silencieuse je traversais les villes
      purifiée par la sueur et la soif
      mûrissant les paroles que je portais en moi

      engouffrée dans mes pensées
      confondues avec les arbres de l’adret
      j’effaçais le temple
      sa silhouette surprise et vénérable

      j’ai cherché ta tombe
      à l’or brûlant des calligraphies

      Mais elle était en moi si continûment
      qu’il me sembla quand je la vis
      la déposer parmi les autres

      j’ai lu comme je t’appelais
      j’ai passé mes doigts comme je t’écrivais
      j’ai reconnu sur la pierre
      deux pains nourriciers de la métamorphose
      et les traces charbonneuses
      des prières qui ont brûlé

      Le vert autour
      le vert était la stridence des cigales
      le premier de mes mots
      y disparut

      le ciel invariable
      cette aspiration du gris étrange au bleu
      où, jaillis des faîtes
      des pylônes se fichent

      les premiers de mes mots
      dans l’abîme sonore et vert
      les murmures sur mes lèvres
      à même l’absurdité de tant d’élytres qui chantent

      la terreur et la détresse
      avoir perdu l’île intime
      où se partage le poème

      À l’acmé de l’absence
      m’aura cueillie un trop long voyage
      ………………………………………………………….

      Tu ne serais pas là, mon amour
      avec les oreilles humaines
      et l’ouïe heureuse d’autrefois
      et j’ai pris étendue sur ta pierre
      la décision de la nuit qui éteint le nom

      L’aurore avait les visages exacts de ta mère
      et de ton frère
      penchés sur moi

      j’ai pris la résolution de leurs mains tendues
      et fortes jusqu’à me relever
      moi du poids noir de tous les tombeaux

      à leur sentier généreux
      à nos mémoires prodigues
      je me suis livrée

      Alors distinctement
      au bout de nos contentions
      j’ai entendu ce que j’étais venue te dire
      je l’ai entendu passer
      comme des oiseaux-voyelles
      au-dessus du cuivré de la mer

      mer noire

      aux hublots de sa chambre sélène
      s’étrange le lacuneux gemmail des déclins

      à mi-décroît du feuillet sidéré
      comme la drisse l’immunise
      risqueur du virtuème qu’envergue
      une immaculation de paroleur
      alluder désamarre

      et confluent les libations des obscurs
      vers l’énigme qui source le large

      au gré des boras amnistieuses
      les promontoires porphyrisés
      transmuent le soupçon d’étoile
      et les portulans imagent les essors
      s’éteignant d’infini

      en faveur du succinct qui la gîte
      houle décerclante l’encre traversière

      et du moindre rai d’élucidation déictique
      réputé un abord

      sitôt que de l’incandescente asymptote
      s’évade un inane et jaloux éclat

      et pour chaque fanal perlier
      pleuré par l’inatteint

      pavillonne un peu plus pélagique
      le poème ligamentiel du non-dire

      L’appel

      fleurs d’ambre et fleurs de vermeil
      s’entrelacent
      sur la vapeur bleue des voilages

      dans une telle distance du bouquet
      s’enfièvre l’imagier des corolles
      s’exalte le calligraphe des étamines

      parmi la cité bourdonneuse
      un hiatus en manière d’oiseau
      a dardé son ramage

      éveilleur des parfums d’altitude
      il traverse
      en vain appel

      la si mince aile de rose
      tout le demeurant du savon
      a mué l’essor
      en ce coquillage de verre
      que paillette un mica d’arc-en-ciel

      Cueilleresse d’éther

      Aux fins d’enchérir sur les gris déclives du tombeau
      des ailes sont venues battre

      parurent les trilles
      et la caducité de l’inscription
      l’emporta sur le sens

      palpitante de son primicériat
      la chance des ombres
      instaurait un astre aliène

      Quand entre les cyprès
      se déclosent miraculés
      des volets en écailles
      se profile fugace
      une délinéation humaine

      les gravures où l’alphabet
      amplie sa fécondité liante
      germinent le pluriel
      d’un envol curviligne

      en plagient ses couronnes
      et sitôt le dissolvent les espaces
      flués des calices dans la florence de l’azur

      Au revers des oiseaux
       
      évanouissantes nuances
      à la division de la multitude 
       
      de la gravure qui sombre
      lorsque se dessaisissent les contre-lumières 
      tant vont fraîchissant les verres jumeaux
       
      dans le crayeux des voilages 
      délibèrent d’aliformes échos 
       
      désheurée la chambre
      méconnaîtra ses surprises d’incandescence
       
      l’extrait tu
      affirme le rose 
       
      les verts pardonneurs d’ombre
      firmamentent 
       
      et la frémie des corolles
      quintessencie le vol 

      Joaillerie en plein ciel

      oiseau chanteur
      que ses ailes démentielles
      sertissent
      dans la rose de ouate
       
      au passant
      il aura rivé
      la merveille

      Thé cosmique

      persuadée par l’infusion
      l’orange renonce sa forme

      en hérite un astronome
      qui colore des planètes brûlantes
      tout autour de la tasse d’inconnu

      l’arôme embarque

      des orbites bouleversées
      à coups de leurs fouets soudains
      chassent les prétentions aux recommencements

      humer
      franchit

      les pulvérulences des horloges et des mètres se sont réunies
      en ce point de leur ultime observation

      chaque gorgée
      robore l’étonnement
      et d’un sentiment de béatitude
      doue l’enthousiasme explorateur

      inutile le sucrier
      voue le vieux pas à sa poudre

      lorsqu’il est atteint
      même le fond s’aile en ambre

      anse et main auront été glacées par l’indistinction

      elle enclôt le minimal bouquet d’allumettes
      pour cette évidence de feu
      qui s’attache aux prodromes du retour

      Fleurs des Pharaons

      je fus ce grand roi
      à l’âme duquel a murmuré tout un fleuve
      aussi la mort et son écho de crâne
      qu’y pouvaient-ils

      ma chair incisée s’affranchit des entrailles
      et reçut les gestes du natrum, les caresses des baumes
      et les regards liquides, doux et chers
      imprégnant le tissu de l’emmaillotage

      parmi les trésors qui se reposent de leur valeur
      mes yeux gemmés et peints
      par ceux qui m’ont vénéré
      ont des paupières d’imperceptible voyage

      et je ruisselle des fleurs sans nombre
      longuement réunies et cordelées par ceux qui m’ont aimé
      afin que leurs effluves me prolongent
      dans la nuit prairiale de l’éternel

      Dissolution

      Voie
      des neiges scintillées

      l’empreinte
      s’atomise

      le geste vaste et pastel
      égrappe le sang

      nuagées de l’expir
      les moelles s’évadent

      cendre en prière
      parmi les parfums votifs
      reposer enfin
      dans l’urne du clair

      Origine

      de la page et du cuir
      délivrés avec tel sporadisme
      graphèmes d’or et d’alizarine

      bicolore pollen
      au-dessus de la lacune prairiale
      où s’affine mon vœu d’immémoire

      vainement sinue
      pour héler en fouet mince
      la crueur du signet

      des ombres
      impalpable de serpentes et de lances
      le papier brusqué bruissé de bourrasques
      épeurent des siècles de vers

      s’essore le pluriel natif de l’alphabet

      une parcelle sibylline
      apprend qu’il n’ira pas au-delà de la nuée muscoïde

      de l’effort qui tant cueillit
      saille un bouquet de transparences
      aux fins d’offrir le fragrant iris de la première lyre

      Le premier jour de la leucémie

      ce matin-là
      il y avait six éléphants
      qui entraient dans le lac
      pour y prendre leur bain

      c’est que bien sûr un petit cirque était de passage dans notre ville pour quadrupler son spectacle et nous sourit bientôt son chapiteau multicolore tout environné d’autres pittoresques rescapés de l’arche de Noé

      la scène avait coïncidé

      avec l’insolite éclabousseur de ton sang

      La couleur du bagage

      Au revers des passants
      cette femme soudain
      ses juvéniles cheveux de jais
      rayonnant l’allure égale
      vers le départ

      et sa main gantée de lys
      imprime aux roues du bagage
      un tournoiement de planète
      les prémices d’une orbite
      en manière de trottoir

      et emporte tout le mauve possible
      vers la toile des voyants
      où se tient l’épure de l’aster essentiel

      Pour peindre Argo

      parmi le pêle-mêle du rivage
      une étoffe éploie sa déchirure plurielle 
      ce fanage du rouge arboré 
      anémiant les étoiles qui demi-cerclaient l’étoile

      mais de pilier en pilier
      au long de l’embarcadère
      s’érige l’imminence polychrome

      la ville-brigantine esquissée sur le vent
      bracèle par myriades 
      ses tonitruants chantiers sable et hâlés 
      de trigones qui fluent en saillances de flammes

      leurs aigus de couleurs et ma cadence convergent
      vers cette relâche de verre
      où s’émeut l’albe enfance du bateau

      Voyagée

      par la distance fertile 
      la flavescente genèse 
      de la biche des courants 

      comme sa précision 
      ange de la confidence 
      ébranche les divagations 

      la charte de sa fuite 
      pas à pas se muant 
      en fracture de liber 

      intacte l’énergie du partir
      la lisière obombrée
      affrète son gisant 

      des étoiles leucémiques 
      qui paissaient les carmins
      se baldaquine le vaisseau de souffle

      Caducifoliée

      un mouchoir imbibé
      de la mémoire des pluies
      enfonce mon pas dans le trottoir

      par un charme mimétique
      au faisceau de l’embellie
      son éclat de neige a pris l’aspect
      des feuilles d’automne qui l’environnent

      et j’épouse sa chute orchestique
      et colosse comme le ciel
      après son détachement de l’arbre alpin
      qui a dénébulé ses faîtes glacés

      Déroutée

      En brins
      au long des sentiers accolés
      qui débordent l’intervalle saisonnier
      du côté des fraîcheurs

      elle éparpille
      ses réfléchissements
      de paille

      Je la vis aurifier le congé
      lorsque son cercle enforesté s’avéra
      garantissant des languissances synallagmatiques

      et sa ligne se persuada
      qu’elle redéfinirait cités et complexions

      après une minute de liséré qui flavesce
      l’érection cupide la hacha

      comme l’a cherchée aux fins de refranchir
      comme la pleure la créature décharmée !
      qui ne peut même se repaître de sa pléthorique tige
      et dont l’imminence hivernale
      trahit l’haleine de gibier

      Arachnéenne

      Volets
      atteints

      traversés

      ô syndrome des confiances après une nuit

      paillettes et rayons
      follets

      éphémères
      de lueur

      surpris
      dans l’hyacinthe légère
      des rideaux

      Une aube
      proie
      de mon indolence

      proie
      du songe
      insurgé
      contre l’intermittence

      une aube
      proie
      des pupilles
      qui désapprennent
      les au-delà des lambris

      proie
      des membres
      qui désavouent
      l’aorte fantôme de Sisyphe

      proie
      des renonciations sans invectives
      aux paraphes qui obligent

      Sans plus être le sujet du verbe
      tisser une chaude lumière
      que perle le serein d’un crépuscule des orgueils

      toile rose
      des aboulies heureuses
      l’essaim métallique des clefs
      s’y résigne

      cocon de soie
      tranquille souffle
      le moindre volume
      s’y enferme
      avec la dernière mesure

      Cycnéenne

      opulence des lisières
      elle affleure diaphane
      à vos portes d’aubiers

      en la turbulence des possibles
      s’étranger du myocarde

      le demi-mensonge de la louve soeur
      a crû parmi la carence des fusains
      et féconde le délai frêle

      les carmins exsangues
      épuisent la fluence des minutes

      et ces ramilles amoncelées
      qu’enneige l’inattendu
      crayère des nages étourdisseuses de sombreur

      Vespérale

      carreau pastel
      soleillade en cheminée
      un air de château
      donne une tour onirique
      à l’imminence du couchant

      si lucide geste qui ouvre
      par la main diaphane
      et voluté parmi la fraîcheur
      le parfum du thé de rose
      croise la gorge musiquante
      de l’invisible

      Extinguible

      à même le miroir
      cette patience alifère

      lilas lisérant l’ajour phonique
      les lèvres désapprennent la tribune

      filées par la liqueur des étoiles jumelles
      les prunelles décharnent l’appétence

      ensuite des mystifiées du rouge
      le teint vagabonde
      parmi le nébuleux

      aux confins des plèvres
      l’infime envol
      afin que le reflet fût ravi

      les planétoïdes de candeur
      que le cou n’appellera plus au cercle inane
      sinuent à l’entour d’un baume rhodophane

      Par les yeux leucémiques

      la part d’étincelle du sang
      les paupières encor descelle

      pâleurs incarnadines venues à leur symétrie
      l’aube en striure en pliement mue l’angle

      et le long de son oblique insensiblement glissante
      le carrellement losange son frisson

      innocente de la récognition
      elle atteint au charme des révèlements

      les bleus de vous transsudant, embonpoints des ébènes bordureurs
      aux fins d’aquareller en camaïeu une bucolique
      depuis les guèdes de ses labours
      jusques aux vires de ses ciels gazes et oiseleurs

      les bronzes vous prorogeant, renonciations angelicielles
      puisque lézarder nu
      acière à incandescence la transmission
      quand la nymphose de l’ombre en croix
      conglutine les ailes serpentueuses

      l’outremer t’éployant, pluriflore des étages hyalins
      où parmi les poussières splendies du prélude
      la corolle découpe à l’emporte-pièce le silence
      comme au confin du faisceau de la systole rectrice
      il lui échet de découronner

      Complétude

      azur minutieux
      pierre à aiguiser
      les angles de la ville

      le silence des repères
      la poudre des tours
      les oiseaux des ailleurs voleurs de cristallins
      pour étincelles

      le lendemain s’arroge la coupure
      le cher dessein s’épanche
      c’est l’innocence des diamants roses
      qui coagule

      et nulle géométrie ne fabule plus
      par-delà le sfumato des montagnes

      Les papiers sans poème

      ce polychrome magma d’enfants
      ainsi disparaissant
      sous un décernement d’ardoise
      et de tuile couchante
      par degré le square
      se résout en l’épure d’un silence

      l’oiseau fusain
      va soulignant jusqu’à la ramille
      qui porte le crépuscule au coeur

      cette veine qui sinue
      à mon poignet candide
      source
      de l’épanchement d’ombre
      et bien plus que soleil et planète

      minuit brûle ses étoiles
      dans le safran des luminaires
      fixe bûcher de vitre
      rideaux glacés
      lourds
      aux mains compromises du lendemain

      et cette eau
      diaprée d’épieurs de saphir
      qui emplit le grand verre à moitié
      étrangère à l’ancien déglutir
      complice des soifs d’outre-organisme

      à travers son clair de bleu
      les couleurs des papiers sans poème
      anamorphosique arlequin
      des alphabets alanguis

      et les réfléchit
      l’or griffé
      qui médaille le livre

      brumes d’hôpital
      sur les distances propres à ce pouls thaumaturge
      la mue de l’évident
      en l’ajournement démiurge

      et pourtant écrire
      lexies
      tout à leurs alliances de guérisseuses
      une encre d’abondance
      le sang parjure
      à son rouge

      draps d’hôpital
      si connaisseurs des esquisses lasses
      et même au plus fuligineux des paupières
      toujours de cette couleur neige
      des endormeuses leucémies

      Portrait en aube

      une braise
      venue ligner le mur

      le vieil aubier des renoncements
      à son incandescence
      confié

      puis les minutes
      cursive des soleils
      délinéamentent l’ombre

      noirs d’alinine à leur jaillir de croix

      délicatesses d’un feuillage
      muées en vivants fantastiques

      mais dans un clair de rectangle
      du tableau leurs approches
      leurs effleurements
      leurs aguets
      continûment les taillent
      jusqu’à l’insaisissable

      vanillée d’aube
      la page de leur théâtre
      franchit l’angle et se plie

      à l’intérieur de notre cadre
      sur sa gracilité de métal
      où le reflet flambe la limite
      le cuivre qui t’échevelle jeune femme
      a des évidences d’effusion

      S’allumât

      Ces rideaux pour un feu de fûts
      en rouge brique et en chamois
      en beige et en ponceau

      Les adolescentes verticales sont croisées par des ombres
      afin que brûlent des quadrangles limbiques
      et les acuités des fuseaux assassinés

      Les chrysopées des encadrures
      prononcent un flamboiement
      qui passe les huiles chromolanguides

      S’allumer

      mur dévolu
      à la lumière en citronnier
      quadriller l’aube
      vitres et tamaya
      à leur mimodrame d’ombres
      croix et feuilles-créatures
      se métamorphosent
      parmi les limbes des pupilles

      orangé des fruits
      roulés sur la transparence
      perles couleur tango
      qui guirlandent la lampe
      et pour la déhiscence des orients
      seul s’allumer
      comme météore et fugace
      pare et nourrit

      Cantonnier des vanités

      Cette flambe de confins
      et comme le premier homme

      L’aurore faite ciel
      réverbère son habit

      Il rassemble
      ce qui fut abondamment vidé la veille
      toute la veille vacante
      et tonitruante
      sur la grande place
      ce qui chahute fixement sur les tables
      ce qui se rue sans élan sur les sols
      dans une dérisoire rébellion de verre et de carton

      L’arbre vaste parcellise
      l’orangé mûr de l’orient

      Les sublimes épaves nébuleuses
      vont hissant la lumière éclatante

      Encore
      cet homme
      comme le premier d’un monde
      comme le protagoniste de la seule trame vaillante
      et franche
      distance
      les esquisses de pas et de machines et de voix

      Et même
      au surgir de la multitude adolescente
      par son geste égal
      puissant pivot des mille choses vides
      il a l’autorité des sûrs engouffrements

      Les statues d’arrière-saison

      Pour dérober leur base un gazon flambe et dore
      sous les grands lacis noirs où doutent les aubiers
      et de tout son miracle un seigneur topiaire
      profile leur désinvolture sur son château vert
      qui fiche quatre tours dans le siège du temps
      Ce que furent nos mains longanimes leur est dévolu
      par mille orages améthyste et ardoise ouvragés en ciels d’étoiles
      nos propres paupières closes les transfigurent
      ils savent l’abandon de nos demi-visages au creuset du baiser
      et leur étreinte ne lénifiant aucune sépulture
      prolonge notre désir humain jusqu’au minéral clair

      Phantasmor

      c’est le segment indéfini
      où la lisière vibrionne d’abeilles

      par une albe coquille
      virtuosité des pluies sopranes
      qui jugule la ronce
      la bifurcation est commencée

      se ravive ce désir
      qu’en hapax la gemme
      aux colligeurs inconnue
      y approfondisse son secret

      surtout
      surtout que le geste macabre
      n’aboutisse

       
      un quadrangle de verre
      où se coalise l’idéation des reflets
      avec l’imagerie de la transparence

      le fossile du choix
      soupire un brin de pastel

       
      de la cendre qui échoue à cercler
      la patience d’un sertissage bu
      et le bois qui décidément aspire
      à crucifier les prunelles de brise

      comme il s’enfonce le pas
      pour empreindre
      pour confondre les déceptions
      dans la contiguïté magmatique

       
      et déjà de sa plénitude
      l’aile s’est écossée

      son essor

      mais cette équerre avec l’imminence des cimes

      à joindre la pulvérisation mellifique
      qui circonstancie le rucher
      émancipé de son colorieur

      Laconismes

      Dialogue de lumières

      fonte lente des neiges

      parmi la retrouvaille d’oiseaux

      les voies humides

      s’illuminent

      ces paroles viennent :

      – à l’instant où

      par ma propre volonté

      ma vie n’ira pas plus loin

      que ma lucidité soit telle ! –

      ***

      Ces bandes d’oiseaux noirs

      Vous savez…

      ces bandes d’oiseaux noirs

      sur le bleu

      ou le vélin du ciel

      ses longs cheveux

      dans le vent

      de nos promenades heureusement imprécises

      ***

      Tréfilage

      lièvre

      sur la ligne des confins

      mes pupilles confidentes

      jusqu’à leur ténuité

      ***

      Déréliction

      tu vacilles dans la déréliction 
      mais il n’y a pas un espace entre les branches
      que ne féconde une étoile

      ***

      Vernale arantèle

      ainsi tous les chemins
      auraient convergé là :

      plonger le florilège
      au profond de l’arbre mort…

      et sous la main
      qui peut-être hésite
      à se retirer

      sentir comme une gratitude
      effiler
      du titre le demeurant d’or

      tisserande de la lumière

      ***

      Ressenti

      ombres d’un hiver
      en partance
      foudres noires
      où s’allument les verts

      où s’enfonçant à peine
      mon pas renoue avec l’humilité

      ***

      Papillon

      cet instant de mes yeux
      juste au-dessus des ailes soufrées
      tous les désamarrages coalisés
      avec toutes mes décisions

      ***

      Ravissement

      un papillon effleure

      et qu’emporte de moi
      son vol soufré qui
      indéfiniment s’éloigne…

      qui déjà fait
      palpiter la lisière ?

      Parque

      elle me disait :
      tu marches sur les voies du monde
      avec tant de sérénité
      sans dévier
      sans hésiter
      ni les carrefours ni les merveilles
      ne te tourmentent
       

      je lui disais :
      c’est que j’ai fait jour après jour
      de mon souffle
      un fil
      de plus en plus solide
      et mes pensées
      comme des mains
      ne le lâchent plus
       
      il dévide la trajectoire exacte
      de la vie
      qu’il m’est donné de vivre
       
      sans jamais se tendre à l’excès
      et sans jamais devenir lâche
      il traverse les brumes
      comme les voiles de soleil
      les pierres brûlantes
      des déserts qui purifient
      comme les terres de neige
      des campagnes qui retrouvent

      elle aura dit enfin
      mais pour elle-même :
      je n’ai pas su
      te suivre plus longtemps
      ta route était si certaine
      et si convaincue
      je n’ai pas pu te suivre
      plus longuement
      tu t’es évanoui
      dans le lointain
      je pris un moment
      pour ton fil
      le dernier rayon du soir
       
      je t’ai cherché
      dans ma nuit
      dans ma nuit
      je t’ai crié

      jusqu’à la perte de l’haleine

      Fatigue

      Je n’ai pas trouvé le parc
      mais je ne l’ai pas sincèrement cherché

      je ne prétends plus chercher quelque chose
      et je n’aurai suivi que des chemins giratoires
      refermés déjà sur mes appétences

      je porte le faix de ma fatigue
      aussi abondante que les compassions d’autrefois

      au hasard de la longue canicule citadine
      j’ouvre une porte

      au-dessus des livres
      au-dessus des enfants qui s’y absorbent
      le plafond par intervalle
      dispense une fraîcheur monocorde

      Je n’ai que ma fatigue à partager
      après le double voyage vers la mémoire indemne
      et vers ta tombe

      c’est mon sourire mon éclat mon poème
      cette fatigue étincelante de l’or
      qui a confié ton nom à la noire pierre
      dans les montagnes verdoyantes de Zhoushan

      Que les injonctions les gestes les élans les courses
      ne connaissant plus de mesure
      viennent y puiser

      venez implacables travailleurs
      qui ne savez plus l’équilibre
      venez puiser à mon agir suspendu

      Il me gagne
      le sommeil

      Il me dégrève du sang
      le rouge

      l’air qui tombe du plafond
      s’il pouvait se saisir d’un rêve encore
      au fond de moi
      pour l’élonger le dissiper
      dans les histoires murmurantes et multicolores
      qui fascinent les enfants

      Ressourcement

      dans ton message
      à l’encre bleu tutélaire
      cette étymologie
      de l’ange

      Enseigne du guérir

      vers le soir
      de venelles sans nul code
      en exponentielles lenteurs
      explorante ininterrompue de l’analyse

      … elle aura failli s’unir
      à la fontaine
      entre deux degrés d’obscurciscence
      de ses arcelets de corolles
      aux fins de s’y faire le foyer des aurorales
      d’y attendre le sortilège de la convalescence
      en le luisel de transparence

      … d’une façade
      qui citrine et qui safrane les absences
      aura perlé l’adagio brucknérien
      et les hématies rebondissent
      insaisissables
      mainte naïve
      acanthe déchirant sa candeur
      approche l’orient patrial
      mais les plus lucides vont se grumelant
      en cet allegro con fuoco
      dont un feuillet de verre déjà scelle l’infirmité

      … parmi le surréalisme de la vitrine
      elle élit une lame
      des chandeliers tout alentour
      auront tendu en bleu glacier ou en rose
      à cette flambe
      qui peut décacher un décisif abandon de sourcière

      … sur sa descente
      suspendue dans la prononciation nocturne de l’espace
      étranger aux récurrences des commerces obvies
      le haut du précis calligraphie le sang
      tandis qu’au-dessous de ses sinogrammes
      les lettres latines prétextant le syntagme
      auront convoqué l’éclat des translations cycnéennes

      Stûpa

      entre l’huile sacrée et le volume cinéraire
      enfin je les ai réunis
      les livres que nous avons partagés toi et moi

      ô ma vie de nomade légère
      mon bagage est devenu idéal

      et sur la terre hospitalière
      de chambre en chambre toujours je vais
      où ton filet de voix réitérée
      d’entre les reliures de notre bibliothèque funéraire
      me destine le poème de notre perpétuation

      L’exil dans la mansarde improvisée

      ainsi le lattis couru par le fauve
      noire une droite
      suspend les réfléchissements d’une lampe argyroïde

      à ses bras levés pour mimer des exultations indéfinies
      le comble boucané
      oppose des perpendiculaires ruiniques

      bifurque le tissu ce pendant qu’il s’épanche
      jaune paille et blanc cassé
      ondent en équerre le démurement

      palinodiant leur provenance mille ombres ont contrefait midi

      le pusillanime mêlement des crépuscules peut-être ces implicites roseurs tout le long des voilages
      qu’une évanescence bleu de pastel élonge effleureurs de sol

      étrangères pas moins de cinq campagnes encadrées par-dessus
      se fondent en cette acuité de l’angle propice au déchirement

      Ce que fut ce jour-là balayer les feuilles mortes

      de mon geste itératif
      singulière ardeur

      inverse ciel en feuille
      humble au faisceau
      du balai bruiteur de la cour

      mimesis qui fulgurent
      monuments lamellés
      de nos âmes déhiscentes

      miniature
      de notre nacelle comme immobile
      entre les dénégations d’un fleuve

      aile ignée
      du papillon couru
      par nos santés de prairies

      délicate étoile-main cannelle
      vouée à se fermer
      pour tenir l’atome vert de notre été

      et dans la cour orpheline des voix
      à même la survivance
      tumulus des feuilles en brumaire

      de leurs bruineuses nervures
      lacis égareur de ma mémoire

      Poecile

      une lame
      au plus safran de la vêprée de verre
      s’était confondue avec la décision

      or le poignet gracile
      devint la source du rose
      et la veine fugitive
      comme la vouivre immine
      donna son poids bleu au faisceau

      tant que s’illune son sang
      elle peint les nourritures
      sur le carrellement de la cuisine

      de sursis en sursis
      elle décèle des étoffes des ouates des sfumatos
      où accueillir des mirabelles des poires des ananas
      émancipés des animalités récoltantes

      et l’abondance fixe la béatitude
      entre l’aubours et l’estomac

      à côté de la hotte silenciée
      elle a couvert de cyan et de gris de perle
      le dernier subjectile

      pour un filet de gaze
      qui empêcherait que la fruition d’or

      ne roulât
      et n’allât en s’éteignant
      dans ce thanatoïde abîme qu’évase
      le par-delà des os dénudés

      Halte

      vieil homme harassé
      assis au bord de la fontaine
      la kyrielle de ses soifs intacte
       
      et l’eau jaillit de la pierre
      couleuvre de soleil frais

      Germinant

      point accru déjà
      au coeur du carreau

      j’y réunis le grain de toute une aurore
      avant de persister
      dans les limbes citadines

      à ma passée se sont accotées
      d’évanouissantes vitesses qui allaient
      disséminant par d’adverses voies
      l’écarlate et le soufre

      au bord d’un clairsemis de rose
      et d’or alumineux
      où la dernière minute des luminaires
      se mirait en Narcisse
      mon pas fut suspendu

      le nacarat quelquefois vêtait
      la surgie humaine
      et le regain de sa nitescence m’exaltait
      mais aussi la ceignait tellement dans le contrat
      et le prosternement besogneux
      que l’avis ou l’angle suffisaient
      pour l’éteindre

      le hasard incommensurable s’était enquis d’un parc
      où toute ma particularité
      me fit pénétrer

      l’épiphanie des corolles
      reconnut mon poing pellucide
      et le convainquit d’échapper sa riche luciole

      dans le même temps qu’un insécable muscle
      essaimait mes carnations
      un souffle venu lier les faîtes
      et unanimer leurs imminences multicolores
      épanouissait un levant caducifolié

      Matin tissé

      Les ténuités
      de l’ourdisseuse
      un lumineux zéphyr
      y tient son cartilage

      Et toute capture
      à cet instant
      confondrait
      la mort et l’étincelle

      Lysinia

      s’immaculant un éparpillage de cirropâquis
      se déprend des bêtes sommitales

      d’un chiffre cérulé
      va croissant leur espacement

      tous les cerbères de mélanérythrie
      ont vassalisé leurs bris à son pas qui pétille

      déjà la borne phosphore
      de l’épitaphe des veules

      Lysinia ne mortifie plus son volcan digital
      c’est qu’à nouveau il sait origamier
      et darder les contrats en évanouissantes ptérocalles

      les étoiles indemnes des acharnées réfringences
      silhouettent l’arceau dans la violonaorte

      ces portées prodigues d’itinérance
      pour une dalle encline au disparoir

      cette concorde des notes avec la gnose des phosphènes
      leurs hampes pour javelles au messidor des fiducies

      à ses tempes inconnues
      se défaufile la fraîche relique du vaisseau

      s’égaillent les ballots somatiques
      indiciaire bariolage de la ruption

      humus et firmament s’entrelacent
      où les cuivréclairs
      transfigurent le mêlement des andantes

      Les proies transparentes

      sur la toile
      scintilla la rosée
      en même temps que ma larme
      en même temps que l’aile
      de ce papillon

      La lampe

      Elle était à l’automne écroulée sur les roses
      ses grands yeux rougeoyants comme deux meurtrissures
      une tribu pétilleuse de vin et de feuilles foulées
      rapprochait par degré des appels et des rires

      Dans le dédale du malaise ses pas seraient enclos
      plus la moindre parole ne passerait ses lèvres
      et le dernier geste mendieur d’objets aimés mimait
      la palette et les pinceaux pour qu’ils soient dans la chambre

      Les irruptions s’espacent, les platitudes se clairsèment
      et midi saoul de silence les carreaux neigent et neigent
      s’allument du ravissement blanc, se communiquent
      aux draps, au papier de lys de l’abat-jour

      Venu le demi-disque solaire lui reste un dardement de vie
      afin de traverser les formes quelques lieues de sang pèlerin
      et la borne élit, saillante, l’ultime vigueur
      qui s’empare de la mémoire et des mains

      Et de peindre d’une seule traite sur la lampe
      l’exhaustive foudre des effluves virides
      le chemin mélodié qui sinue vers la source
      et les papillons d’or nimbant la promeneuse

      leur échappée de grâce au profond de la fenêtre réfléchisseuse.
      Puis le rose gorgeant le pinceau qui s’abat
      achève sur le lit le jardin flamboyant
      comme ces étés nets qui médusent le temps

      Dissociation

      cachectique faîtage
      sa torsade en diagonale
      des limbes lilas
      dépassionnent la flèche

      pour réserver la corde
      à l’oiselle de neige
      distançant la tension
      lune une esquisse qui s’arque

      le cruor évadé
      des effleurements de systole
      ravit dans sa poigne obombrée
      le secret de la plaie

      Sur le bord de la fenêtre

      orient des paupières
      confuse bande jumelle
      à même l’espace languide de la chambre

      ouate frémie d’un rayon
      un gris sans morose
      ira se prononçant jusqu’au lactescent

      y baigne l’anaphore des diaphanes
      jaunes bleus orangés carmins
      l’alliance d’une oeillade encore
      avec les oiseaux des tapissières

      dans le croissant incendie de platine
      se raffine le geste qui ouvre

      ô main de la couleur exacte des choses qui cèdent

      pour la transgression des lois de la cendre
      toutes les couleurs d’ailes
      les imminences du vol nué
      confluent
      vers le fluide tremblé du rose
      où la transparence sacre sa corolle

      Sur l’eau

      sur l’eau
      l’ombre du fanal

      en soudain sortilège
      lacune
      de neige
      le cygne

      s’en émurent
      les astres
      jusqu’au rapt
      nuager

      jusqu’au ressac
      croissant désir du rouge

      Le nom des bateaux : Offrissions

      À peine signifié l’orgueil refuseur
      l’anathème dépétrifia la déesse

      jailli
      un fragment d’entre ses frissons
      pour transpercer l’aplomb
      et controuver l’escarboucle au sang parti

      un gabier sitôt d’en honorer l’autel
      d’en rubriquer un vain repentir

      La souffrance amirale aura poudroyé le cap

      Plus qu’image l’offense du temple
      vient encrêper la dépouille hauturière

      à travers ses colonnes
      des virescences inexorables
      vont suscitant le profond

      Partance

      I

      pétale
      qu’au bord de l’étang ma main
      diaphane
      en parme nacelle
      échappe

      embarcadère des ombres

      II

      les corolles parme
      entrebâillent l’air

      mon corps atteignant à la taille
      de l’imminent coulé
      il me reste cette oeillade
      pour les chrysocales de l’ossuaire
      qui parsème le chemin parcouru

      La métamorphose des deux moitiés de l’anneau brisé

      de l’élan qu’inférèrent
      les funérailles de ses épeurements
      elle irait se défublant
      le long de la seconde démaillée

      devant l’ineffable toponymique
      s’exsanguinent les moyeux

      adieusé le diablant poumoneur
      dissémine le poudroiement des bornes

      un croissant sillé par le premier enfant de craie
      épanche le bleu
      qui rien ne comble
      ni ne naufrage

      et parmi le rapiècement des pâtis
      au-dessous des profilés
      où s’acière le soliflore de la rose des vents
      une arcure gîte la muabilité des soirs

      Croisée d’hôpital

      immémoire du fuligineux
      bleu voile divis
      une alumelle onde

      miragineuse en s’éclairant
      se murmure la formule symétrique

      limbes cruciformes des ombres
      et leurs soupirs pour l’obliquité
      qui vaticine les rus de lymphe

      draps et linges
      leurs froissis affins de l’osséine et de la peau
      passent du cygne et de l’amaryllis
      à l’immatériel

      même la plus obstinée des éteignaries
      s’inféode au prince safran des sels

      chrestomathie du sang-luire
      dont l’effusion domine
      le trahisseur que se montre le désommeil
      sur le mur glissent
      et s’opiniâtrent les mues du coruscant de la mirance

      son abord des aquilains et des alezans
      afin qu’ils soient coupés
      de leurs gravités humanoïdes
      de leurs cèlements
      et de leur subjectile languide

      qu’au ferment se dédie l’instant
      où ils s’affranchissent du poudroiement encellulé
      dont le feuillet vaste influe sur mon songe de galop

      au lieu qu’en battant
      prodigues d’une tramontane
      qui se rappelle l’enfance de l’aorte en cavale
      iront les aurorales camargues

      Tout orchestique

      jaillissante de la sardane
      une sylphide
      fragrante de cinname

      à l’entour de mes ambres motile
      et sa labiale qui perdure
      de ma détresse long délié blandi

      Chevaux

      Une maison d’autrefois distance le village
      aucun humain d’évidence n’y loge plus
      aux brisures de ses carreaux patiente une encre parfaite
      et mes pensées souvent en franchissent la porte

      des chevaux sur l’appui de la fenêtre
      des chevaux dans le branchage de la treille
      une herbe triste et dure a fixé leurs sabots

      et mon fantôme d’enfant selon la saison
      selon le poème et l’espièglerie des pupilles
      leur inspire un galop de grand vent
      une neige cavalière
      ou la robe de sud qui dissout le harnais

      Vanités

      Le souffle d’une enfant
      adresse à l’océan
      des planètes de savon

      dans leur besogne peuplante
      les mouvements contraires des quais
      râpent et lustrent les visages

      comme un pourpre inventaire
      va s’éteignant
      au-dessus des montagnes

      aucun des mondes limpides
      témoignés par l’enfant qui se fige
      n’aura porté son frémissant iris
      au-delà de la première amarre

      Transparences

      I

      d’aquarelle
      ou d’éprouvé faisceau d’aurore
      ses portraits enceignent la chambre

      cette bouche où se neutralisent
      le sourire et la nostalgie

      ces gemmes noires et fluides du voir

      cette dentelle des épaules sable
      sous les cheveux de jais prodigue

      et titubée la décision
      parmi le dégradé de ses âges
      elle va de l’enfant
      à la femme
      de la femme
      à l’enfant
      toute machinale inculcation du temps
      égarée

      ses lèvres parfois frémissent
      de la syllabe d’un sortilège

      fabuleux un paysage de cire encore
      dévoue une flamme
      à son voyageant regard

      ses doigts effleurent les cadres
      soupirent après la poussière
      son toucher flâne aux angles
      la pulpe déférée à l’écorchure

      II

      après le sûr transpercement
      du diaphane de la peau
      la lame ira longuement
      s’éloignant du poignet
      malgré l’incandescent fardeau
      de son dernier reflet

      ainsi bifurqué le bleu des vaisseaux
      mêle l’abandon à l’effusion

      le poids pourpre du sang qui s’enfuit
      délivre
      et déferle les tentures du soir

      et les images se brouillent
      atteignent au fourmillement
      muettes explosions des contingences de cendre

      nulle considération sélénienne
      nulle jouvence de safran
      d’une source de ciel ou de rue
      ne sait plus s’y réfléchir

      mais dans l’exhalaison de la chandelle épuisée
      s’inscrit un souffle encore
      la silhouette bruie qui prénomme
      un rire de créeur sous le loup des minuits

      III

      avec son allant de principe
      ce matin-là

      au tamis des voilages
      l’ennui visqueux du sang

      et s’épand la transparence d’une lumière rose

      un sommeil qu’a bercé la meurtrissure
      jusqu’à la carnation des clairvoyances
      porte la plume veinulée des paupières

      et sur les murs
      les visages d’une vie humaine
      indéfiniment balancent
      entre la chimère
      de leur suspension
      et la galactique candeur
      des rayons qui transhument l’infime

      Séparable

      bris de lune
      effusion bleue
      geste en nuage
      et dérision
      son esquisse pour panser
      or les hauts troncs
      partagent
      les lacis des ramures
      parcellisent

      or les mains divisées
      par l’adieu
      au bord du poème
      insondable

      Genèse

      intermittentes incandescences
      des oiseaux qui enluminèrent

      essor d’étincelle

      et sur l’alme horizon
      le geste de la semaille de cinabre
      pour travestir le moment des cendres

      atomes d’ailes

      dissoutes vitres

      un soir fruit des musardises impeccables
      lègue la lumière au rose des pétales

      y désencombrer le regard
      jusqu’au pollen de cristallin

      parmi la parturiente du sombre
      les distances iront fabulant

      le dernier brandon du clos
      atteint aux carreaux épars des architectures émues

      dans les safrans dans les soufres si frais
      à peine des silhouettes
      transgressent les traditions des corps
      et tuméfient les lignes ennuyées de leurs croix

      une à une les verses du noir
      confluent vers la vigilance paille de blé
      ravisseuse d’abat-jour

      et calme
      le souffle
      qui luit parmi l’épure d’une chambre
      toute ouverture insensée
      tout angle désemparé
      plane au-dessus de l’abîme du poème

      cygne
       
      au large des ancres de tulle
      des pavillons de vent
      des proues qui ne passeront pas l’envisagement
      au large des mâtures démentielles
      où s’affalent les îliens de la ville
       
      au bord du fugitif
      dans le mouillage de sa moelle assoiffée
      les scintillations
      safranent les câlines vagues
       
      du mitan de cette mosaïque émue
      l’épiphanie du cygne
      dont la candeur alentie
      conseille une sente lactée
      sur la plaine
      où des saphirs interminablement bercent leur couleur

      Zhoushan

      quelle invisible bienveillance
      a déposé
      sur la tombe
      de LIN
      cette libellule
      à laquelle il manque
      une aile ?

      elle n’est plus et
      c’est un joyau
      où flue l’arc-en-ciel

      Accomplîmes

      J’ouvrageai la distance
      pour qu’elle tînt de la silhouette élucidante
      et de l’apparition

      Une soudaine halte l’inclinant
      elle offrait à la neige
      son mime de bouquetière

      la brume
      par le ravissement
      prévalut

      même les empreintes
      renonceraient la dérivation régalienne

       
      Lorsque mon horizontale matérielle
      se fut abstraite
      une cendrescence imagina 
      intermittentes les orées du retour

      au milieu de la table nôtre
      en son vase marmoréen
      l’affinité collige l’immaculation
      qui atteint aux corolles

      Phantasiae assumptio victoriaque

      cette ombre venant rompre un trottoir
      qu’il m’avait semblé connaître
      pour le traitillé du retour
      et à la faveur duquel
      l’argile blanche du sourire m’advenait

      sa chrysalide de château inféode mes yeux
      qui enfantent le penser lige

      des blandices limbiques jusqu’à ce qui s’embrasse
      cajolent l’obstacle et l’étoile
      au fort des ithaques et des ulysses et des télémaques et des pénélopes qui poudroient

      un grènetis de confettis s’évertue à la médailler
      échappé de la théorie mascaradesque
      et interrompu par un gant
      dont les tribulations du nuancier de gris et de rouges
      maculent le tortillon de néoprène

      à ce que le reliquaire de mon sang
      décrète pour approche
      climax du pas glissé
      une épiphanie sporulée brasille
      pulvérulence d’un iris
      à l’acmé de son désir pluriel
      d’éprouver le poids et le choc
      de concorder la chute avec la chance
      parmi les passements des éphéméréités animales

       
      or après la façon pure du feu
      tout à sa phase la moins archane
      parce qu’à partir d’un tel moment affin
      elle va en me considérant comme myste
      qui progresse sur les degrés médullaires de la tour
      l’ombre sous l’emparement d’un zéphyr se mue
      en cet enveloppement de papier de soie nocturnal

      puis s’avivant de l’éthéréenne escapade d’un plasma
      la main est cette lévitation numineuse

      cette aphairaise de la kilomagie sidérale des gemmes

      cette désunion d’une diagonale qui récrée
      qui radie la route
      et les promiscuités métallocharnelles de ses tombereaux vites

      cette maraude d’une quinte royale de pétales
      florilégeant le cache-cache des volets
      pour les rêves du phalaenopsis
      lorsque son sommeil et son parfum se coalisent
      et aux fins d’apiécer avec quelque marcescence
      les lendemains de la plénitude du calice

      ce surpassement de l’acuité mélancolieuse
      et ocreuse des faîtes

      ce supplément de mistral
      qui haleine une camargue
      propice à la manade étrangeant ses poulains
      de la rêne d’horizon septembriseuse

      à chaque effleurage
      à chaque bifurcation symplectique
      à chaque symbiose des vols liliaux
      cet inchoatif panache

      ce coruscant décidé

      vers la sébile en bois d’infini
      des ciels mendieurs d’aloi et de carat fées

      Tradescantia

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    • Auteur
      Réponses
      • #3379411
        Administratrice
        Avatar photoSybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 17854
          • Réponses: 198274

          Bonjour Tradescantia,

          J’ai failli ne jamais parvenir à te commenter…car lorsqu’il y a des partages qui sont longs comme celui-ci, cela plante mon téléphone que j’utilise pour venir sur Oasis…

          Cependant, cela aurait été bien dommage car ta poésie est magnifique et emplie d’images percutantes et très fortes !

          J’ai adoré te lire comme chaque fois !

          Belle journée cher ami poète !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
        • #3379447
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photoislander
          Membre Oasis
            • Sujet: 8962
            • Réponses: 96830

            Ouahhhhh, quelle poème, quelle poésie, beaucoup de « fulgurances » poétiques, on pense à Saint John ,Perse, au surréalisme, Baudelaire, ????? il y a des « explosions »
             » J’ai franchi le fugace »
             » Elle croit participer de l’herbe et de la roche depuis longtemps »
             » Son silence supérieur »
             » Ce vieux banc de bois réappris par ma halte »
             » à l’étal de ma patience
            la criée
            Du fruit »
             » éveiller des parfums d’altitude »
            Bon c’est sorti du contexte évidemment, alors un peu étrange énuméré ainsi,
            mais la lecture fait beaucoup de bien, à l’imagination de ceux qui pensent (un peu comme moi hélas) avoir tout lu,
            Vous régénérez l’âme du lecteur, en toute humilité, je ne suis pas voyant, un garnd merci,
            prenez soin de vous

            amitiés poétiques

            yann

          • #3379451
            Plume de diamant
            ★★★★★★
            Avatar photopoetal
            Membre Oasis
              • Sujet: 7610
              • Réponses: 17197

              un vrai livre de poésie comme les sagas

              [email]domi.gondrand@laposte.net[/email]
            • #3379551
              Plume d'or
              ★★★★☆☆
              Avatar photoTradescantia
              Membre Oasis
                • Sujet: 480
                • Réponses: 1116

                Bonjour,

                … Émotion aurorale à la lecture de vos sentiments, et ce mot pluriel qui en fulgure : Gratitude !

                Luna, de poème en poème, de contemplation en contemplation, de syntagme en syntagme, d’épiphanie en épiphanie, Luna, de tout son être et de tout son coeur et de tout son esprit, en quête de ses fées intérieures…

                La journée vous soit don de soleil et de corolles ! …

                Tradescantia

              • #3379572
                Mascotte d'Oasis
                Avatar photoNoireLune
                Membre Oasis
                  • Sujet: 1482
                  • Réponses: 52493



                  Bonjour à vous…Tradescantia
                  « La poésie se fait avec des mots »
                  vous êtes la preuve transcendante et divine
                  de l’adage de Mallarmé…

                  Très amicalement…


                  La Po?sie ?a sert ? faire du bien...
                  ?a d?noue le n?gatif...
                  et ?a devrait ?tre rembours? par la s?curit? sociale...
                • #3379576
                  Mascotte d'Oasis
                  Avatar photoZAGHBENIFE
                  Membre Oasis
                    • Sujet: 5163
                    • Réponses: 60764
                  • #3379862
                    Plume d'or
                    ★★★★☆☆
                    Avatar photoTradescantia
                    Membre Oasis
                      • Sujet: 480
                      • Réponses: 1116

                      Bonjour,

                      Gratitude à l’égard des visiteurs de l’Anthologie de Luna, des mots qu’ils partagent pour exprimer leurs sentiments…

                      La journée vous soit de corolles radieuses ! …

                      Tradescantia

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