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La beauté des chanfreins

  • Ce sujet contient 5 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoTradescantia, le 02-06-2022 10:57.
  • Créateur
    Sujet
  • #2693417
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoTradescantia
    Membre Oasis
      • Sujet: 480
      • Réponses: 1116

      Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

      Dédié à Mademoiselle LIN

      Transfusion florale

      le long de la voie du retour
      dans le débord d’un clos
      deux bris furtifs
      et nets

      pour un bouquet de lilas et de fleurs de pommier

      sur le ru son effeuillement batelle la vacance

      de jeunes chanfreins l’ourlant
      dardent des regards
      tantôt d’éperonnements
      tantôt de passagers

      la sublime arabesque d’un papillon lilial
      effleurant ses cheveux de jais
      lui fait accroire
      qu’une corolle se sera défaite
      à la faveur d’un essor

      une chambre s’offre encore
      à modérer le battement porcelanique

      aux prémices de la vêprée
      l’eau instante
      monte dans les transparences du vase

      cet angle
      du chevet qui l’appose
      sur son beige clair et flammé
      se transmue en parfum

      sa trajectoire
      suppléant tout vaisseau
      et la songerie moiteuse des jardins
      à travers les chairs
      qui ont désappris de s’endolorir

      Après la pluie

      surmontant la dalle
      de l’enfant
      disparue il y a plus d’un siècle
      la pierre d’un ange
      diamantine à travers son noircir
      échappe une larme

      Sublime

      un printemps qui sourd
      donné tout le long des lisières
      mon errance heuristique

      leurs portiques mutuellement se pénétrant
      or que des surenchères de nymphes coupent

      en une plume impeccable
      se résolvent mes pas

      son affinité de tourmentin déjà
      d’entre mes pulpes accastillées

      pour bathyal que soit le ruiniste
      dont la confiance fée
      dispose des colonnes halitueuses
      l’épiphanie du phénix
      transfixe l’encadrure

      alors par son état de lame traversé
      fissile le zéphyr se dissémine

      d’un angle d’abondance
      la poudre soufrée
      épouse deux feuillets
      et va les douant d’ailes

      aux confins des cimes
      le vol accouche d’une seconde irisée

      calcinations danseresses
      symbiotiques cendres
      à même les nitescences
      de la vasteté d’éméraldine
      les voilà morts aux auvoires
      et de l’altitude et de la distance

      si mon cristallin s’est avrilé en mon pleur
      c’est qu’avec son relais les a confondus l’éclat

      La bête faramine

      Cette fugitivité des losanges à travers la hurlée du grenat

      leurs collisions par intermittences rhomboédriques

      où chaque fois son pourchas paraît enclos

      mais dont le dissentiment des angles sitôt tournillant

      intaille les arabesques de ses abattures dans l’escarboucle

      Kaléidoscope foliacé

      foudrer le mordoré
      pour le pluriel d’un lait

      ses rus ourdissent la ramescence
      douant l’oeil de mûrissage

      déjà au prétérit
      l’entière épiphanie du poisson

      le parsemis des verts
      les chutes des défigurements bruns

      s’emparant du limbe
      toute une oscillation
      entre le précipice et le fruitier

      Ivresse

      parmi les tombes
      je me reposais
      de mon voyage perpétuel

      un chant d’oiseau coulait
      emplissant les crânes
      comme des coupes d’agapes

      Ce que devint le trésor de la promeneuse

      éclat de minéral
      qui soupire après le rhombe
      nivéale grève
      pour l’ouvreuse d’inconnu

      la contemplation inabordée
      incueillie des offices
      le seul viatique
      qu’embaluchonne ma pénétrance essentielle

      le quadrangle de papier rose
      qu’on affectait au vers trouvé
      devient le premier are diaphane

      et l’ostracum rouge-brique
      le brasillement où graver
      la callisémie cicatricielle du premier rêve

      Voir

      deux ajours
      parmi les nervures
      de la feuille sèche 
      depuis longtemps

      composent un regard
      posé sur l’imminence 
      du printemps

      La récolte onirique

      valétudinaire baladeresse
      des vergers d’albescence
      d’entre leurs ruines
      elle a cueilli trois segments

      son allure de fagotière qui brasille
      fraye la venelle assumée

      leur dynamie
      leur coalition de triangle
      enceint le miroir

      après le bain
      meurtrier du délai divis
      en l’acuité du tableau halitueux
      une lettrine
      suggère la pénétrance de jais

      à suspendre des baies de brillance
      la stillation
      affruite la base

      Naissance du feu

      Il avait senti sous le remenant
      de chair et de vaisseaux
      le crâne s’élancer
      et heurter la pierre
      si claire

      et chaque fleur blanche
      du chemin
      jaillir comme autant d’étincelles

      Nitescence sylvestre

      Petite chandelle
      toi qui m’accompagnes pour viatique
      depuis les prémices de mon errance

      minime flamme
      de l’espérance

      tu as eu l’air de t’éteindre
      mais tu participes de ce jour
      qui se lève

      et la fumée
      naissant de ta mèche
      encore incandescente

      fait obliquer son poudroiement
      et l’épanche en volutes
      à travers les ramées

      Au cimetière devant ta tombe

      après la cueillaison
      un peu
      de mon souffle encore

      pour disséminer le globe d’aigrettes

      l’une d’elles
      se pose
      puis s’incline légèrement
      sur un pétale parme

      les heures
      sont leur colloque silencié
      dans le friselis d’un zéphyr

      lorsqu’un réfléchissement d’ailes
      vient iriser l’oblique
      tous trois tombent d’accord
      en faveur de ce charme
      qu’autorise la mimêsis des stérilités

      Immarcescence

      chaque jour
      la jeune fille
      m’offre ce même bouquet
      de fleurs parme
      sur sa table funérale

      Soulagement

      la source de la musique
      sur son coteau de transparence

      le soufre
      se mue en flamme

      son arabesque tranquille parmi les corolles jaune d’or

      après qu’elle se fut communiquée
      à la mèche
      son voilier décroît
      jusqu’à l’évanouissante baie de safran

      et la coupelle rougeoie
      au-dessus du minéral incarnadin

      entre les nerfs du florilège
      dore le sème des songes

      quelques minutes se coalisent
      pour écouter l’angoisse
      qui va fredonnant
      du fond des moelles

      Le tableau vivant

      faisceau pluriel
      suavement baigné
      en un zéphyr

      infatigable peintre
      d’envols albailés
      au-dessus de l’étang

      L’excarnation cardinale

      traduite
      en cette prodigalité collinaire
      une présomption d’aube

      des angles dyadiques
      étagent
      le fauve
      le violacé
      le métallescent
      la roseur

      parmi l’isatis des rideaux
      des ombres se sont évaguées

      au long du sceptre de transparence
      afin qu’ils soient divis
      sinue l’épiphanie d’une ramescence

      la prouesse d’un sang
      désensable les cristallins

      de sommet en sommet
      anabase du démasquement
      leur apogée germine la diffraction

      à sombrer dans la phase
      qui saumone la taie
      le poids d’un crâne
      offre à la flanelle

      leur atermoiement

      Immaculation

      ce clocher d’une telle
      intensité de craie
      que l’heure
      n’en finit plus
      d’y désapprendre son encre dure

      Phalaenoïde

      à travers le vase soulagé
      de ses dépérissements longs
      transparaît s’éployant sur son verre
      la diaphane siccité d’une corolle

      l’aqueux reliquat
      insensiblement qui brunoie
      touche à l’une des ailes
      la froisse endiguant l’envol

      clos et prés
      musardises de mai
      qui gémellent l’éternité
      se résolvent en ma lilasse maraude

      et dans l’eau jouvencelle
      jusqu’à confondre débordante
      brillants et larmes
      la noyade claire a phasé un parfum

      Mai sonore

      parmi les arceaux et les obliques
      du vert au pluriel
      un filet
      que le diaphane épétalé
      avec un parsemis de grains d’eau s’irisant
      infère

      afin que l’enserrement soit lacunier
      des friselis d’ombres
      soumettent des prémices de soyeuse

      et les dominant
      ces sentinelles-ors
      que tocsinnent des corolles

      Imagines novae

      Corolle

      Par un affût fée qui parodia l’étêtement
      étrangée de l’angoisse du bouquet
      son posage rose le brilloir angulaire
      et comme le giroiement infère la flexion de l’ignescence
      l’infime se diadémant d’irisage immine l’envol

      Incandescence

      Après le murmure des vocables que portait l’abraxas
      le silence fut doué de la vertu du feu
      émeraudant verre et voile un incendie
      se peupla d’anabases rhombiques et d’escarbilles de ciel
      pendant que l’oiseau du vêpre en foudrait la coda

      Désir

      Son errance sylvestre à travers le crépuscule
      jusqu’à ce que l’exinanition l’étende
      horizontale frêle s’absorbant parmi le principe des verticales
      le zéphyr pour l’exaucer se mêle à son soupir et qu’il décarence l’étoile
      appelée par un tressaillement de luni-corolle tout contre sa tempe

      Essor

      une joie céleste
      avait éployé les secondes de ma vie

      un chant d’oiseau
      les irriguait profusément

      Ouvrir

      éclat conique
      parmi la roseur de l’huis
      son voyage diagonal va l’appointissant

      des traits d’ombre
      croisent leurs épaisseurs variées
      et enceignent en des quadrangles labiles
      des prononciations faibles de lueurs 

      toute l’obliquité de leur cortège
      esquisse l’empêchement

      mais de l’infructuosité de la navaja
      s’infère la pénétrance

      un feu est bouté
      au rouge cerise de la serrure

      l’axiome mural a capitulé

      les pupilles argonautiques de l’éveil
      s’abandonnent aux métamorphoses
      du levain des effusions

      Instantanéité

      ce soudain brin d’or

      un oiseau déjà
      va le mêlant
      à l’ennuagement qui croît

      La beauté des chanfreins

      ses cheveux de jais se dénouent
      au long du ruisseau
      et de ses mille transparences

      elle chercherait encore le minéral profond
      qui eût miré ses traits
      angeliciels ou sommeillants

      la dynamie de l’eau s’accroît
      et sous le pont
      ce bouillonnement qui vacarme

      la rocaille du chemin
      n’a pas de cesse que ne soit brisée
      sa synergie divergente

      et le courant qu’elle mélancolise
      change son émaciement
      contre son irradiance

      déjà s’allument en les pâtures
      le calme des bais contemplatifs
      la beauté des chanfreins

      Tradescantia

    Vous lisez 4 fils de discussion
    • Auteur
      Réponses
      • #3379900
        Administratrice
        Avatar photoSybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 17854
          • Réponses: 198274

          Bonjour Tradescantia,

          Merveilleuse poésie aux images mystérieuses, mystiques enveloppées de brume et de lumière !

          Un partage tout en originalité propre à ta belle plume !

          Belle journée cher ami poète!
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
        • #3379907
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photoislander
          Membre Oasis
            • Sujet: 8962
            • Réponses: 96830

            j’ai appris que le chanfrein, était une partie de la tête des « animaux », je connaissais juste le terme en technologie, le poème est très « mystérieux », les images foisonnent de surprises et de poésie, j’arrive désormais à tout lire d’une traite, une poésie qui laisse une empreinte, que je relis avec plaisir, bravo pour cette « imaginaire hors norme »

            yann

          • #3380001
            Plume d'or
            ★★★★☆☆
            Avatar photoTradescantia
            Membre Oasis
              • Sujet: 480
              • Réponses: 1116

              Bonjour,

              À cette force qui lève le soleil pour un jour nouveau je puise ma Gratitude à votre égard…

              … Cette alliance si heureuse : mystère _ mystique…

              … Oui, en effet, le chanfrein est la partie de la tête du cheval qui va du front aux naseaux… La jeune errante semble s’évanouir avec son sang et ses cheveux de jais dans les eaux du ruisseau, mais en vérité elle devient une hippophanie…

              La journée vous soit aussi bienveillante que mystérieuse ! …

              Tradescantia

            • #3380429
              Mascotte d'Oasis
              Avatar photoAncielo
              Membre Oasis
                • Sujet: 2541
                • Réponses: 20308

                Re Tradescantia

                J’aime beaucoup ce mysticisme de ta généreuse plume. Il émane un parfum de merveille. Sublime

              • #3380652
                Plume d'or
                ★★★★☆☆
                Avatar photoTradescantia
                Membre Oasis
                  • Sujet: 480
                  • Réponses: 1116

                  Bonjour,

                  Gratitude à vous pour vous être ainsi baladé si délicatement quelques instants le long du ruisseau des chanfreins…

                  … et ce mot : mysticisme… J’ai souvent cette sensation si heureuse et si énigmatique qu’au coeur de l’aventure corporelle et terrestre existe une énergie que rien ne peut corrompre, une énergie spirituelle qui ne fait constamment que changer de forme…

                  La journée vous soit alliance de lumière et d’enthousiasme ! …

                  Tradescantia

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