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Sujet
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LA BRODEUSE
Tirant sur le fil, des courbes d’azur,
Jusqu’au soupir, du temps le plus court
La main prise,
Dans le cercle lumineux des gestes purs
Dessinant la voie du ciel, de la voie future,
L’aiguille traînait un nuage blanc ;
Rapprochant les murs, des deux ombres qui se voilent
La blancheur n’avait de sonore que la clarté du soir.Sous la voûte bleue, oeuvrant la toile,
Légère, elle courait du fil avec ses doigts,
Boule de neige, buvant la soie,
La route volait au bout de la joie
Semant un cortège dans un champ d’étoiles.Celui qui la regardait, assis à côté de l’azur,
Faisait un grand jour autour de la lumière,
Pour ne voir la nuit qui naissait sur son front
Avant la lampe, fermer ses paupières.Suivant en silence le rythme de l’aiguille
Il allait, de la cadence du feu à l’étincelle
Soufflant le vent, rechaussant la braise,
Glissant des reliefs, au gré de la pierre,
D’étancher sa soif, où elle jaillissait des sources.Et de mûrir encore, à la force vive de la veine
Où elle poussait l’aiguille, reprenait du fil,
Brodait à son premier jour, son père venait,
Sans réveiller ses rêves, refaire le sien.
EMA 😆Toi l'ineffable devenir,
Dont je bois les mots de l'autre c?t? des choses.
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😆