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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Comme ils étaient jaloux de la belle fermière
Dans ce petit village du Poitou ,
Tous enviaient ses beaux cochons aux poils doux ,
Ses bœufs , ses moutons , ses pioupious.Mais tous s’étonnaient qu’ à chaque jour de marché
Jamais on ne la voyait vendre ses animaux ,
Mais tous les voyaient s’engraisser ,
Devenir toujours plus gros , plus beaux.Les bouchers , les charcutiers bavaient devant les cochons ,
Que de merveilleuses charcuteries et jambons
Perdus par la faute d’une fermière têtue ,
Faire de ces bêtes des invendues.Un matin le charcutier , le boucher du village
Accompagné du fermier général dans un bel attelage
Allèrent sonner à la porte de la fermière ,
Ils voulaient rendre raison à la mégère.Pour la première fois chacun la vit de prés ,
Comme elle était jolie la mégère
Blonde comme un épis , une peau satinée ,
Des jolies seins pointus , une taille d’écuyère.Le fermier général commença son discours :
– » Nous sommes venus chez toi pour te rendre raison
Il est incroyable de posséder tant de cochons
Et de ne jamais les vendre au marché ,
Tu déshonores le métier !
Nous allons t’acheter trois beaux cochons ,
Voici le boucher, le charcutier les acheteurs ,
Inutile de dire non ,
L’affaire se fera sur l’heure. »Les trois compères faisaient les fiers
Voilà un beau discours devant le fermière.– » Mes beaux messieurs , toute vente se fait dans ma maison
Venez je vous invite à entrer , je vais chercher du vin
Pour conclure ce marché , installez vous dans mon salon
Prenez vos aises , j’aime bien le coquins . »Comme l’invite était audacieuse , en un tour de main
Défilaient devant eux les plus doux et gouteux vins ,
La fermière tournait autour d’eux laissant leurs mains
S’égarer sur ses cuisses , sur ses fesses , sur ses seins.– » Comme tu es une bonne fille , dit le fermier général
Bonne et belle , ajoutèrent les deux autres compère ,
Dis nous ton nom, demandèrent ils , belle fermière
Tu es si amoureuse , pour nous tous un régal. »– » Je me nomme Circé , buvez donc mon vin
Demain matin vous serez comme vous êtes
De vilains petits cochons sans têtes ,
Et je comblerai vos désirs mes lapins. »Tout le village fut étonné de voir la fermière au marché
Elle qui ne vendait jamais ses cochons en amenait trois ,
Ils étaient gros mais semblaient bien laids ,
Ce devaient être des bêtes malades ces porcs là.Pour trois sous un boucher les acheta
Ils semblaient bien tristes les cochons
Bien basses leurs queues en tire bouchons.
Jamais on ne revit les commerçants et le fermier général
Et jamais plus la fermière ne revint au marché ,
Et jamais personne n’osa lui demander
De lui vendre un cochon , un canard , un veau
Laissons la vivre heureuse avec ses animaux.
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