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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Comme elle me regarde cette jambe de bois
Insérée sur mon moignon comme un parasite,
Ma douce Isabelle passe ses journées prés de moi
Ma seule et plus tendre et fraternelle visite.Je ne suis plus qu’une plaie, une immense souffrance :
La paralysie gagne mon corps, je ne peux plus me lever.
La jambe de bois est posée prés du mur en belligérance
Pouvais je deviner ma triste destinée.Que fait maman , elle ne vient plus me voir ,
Isabelle pose des linges mouillés sur mon front
Prés de mon lit on attend le curé, on allume des ciboires,
Je vais en Enfer retrouver mes versions de Cicéron.Oh mon tendre Paul, quels idiots nous étions,
J’ai tout quitté pour l’Aventure, pour devenir riche
Mais je n’ai pas le sens des affaires, adieu le filon
Le contrebandier revient comme un toutou à sa niche.Je vais le voir, celui qui nous gouverne, le créateur
Celui qui m’a donné le don d’offrir mes poèmes,
Je vais remonter le Styx sur mon bateau ivre,
Retrouver Verlaine, ma pauvre Mariam, revivre
Dans cet ailleurs que certains nomment l’Eden,
Espérons que j’ai encore de la beauté dans mon cœur.Isabelle n’oublie pas Djami, laisse lui quelques argents
Il me fût fidèle , j’entends les anges qui m’appellent,
» Rimbaud, viens avec nous , oublie ta souffrance ,
Dans mon dos me poussent une paire d’ailes,
Je pars , adieu , je meurs , j’éteints mon soleil. »Le lendemain au petit matin Isabelle quitte l’hôpital
Dans un ciel sans nuage un triste soleil pâle
Deux hommes portent un pauvre cercueil vers une voiture
Vers Charleville et le caveau familial finira l’Aventure…
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