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Poème partagé par Mostafa – création poétique en ligne
Un soir de décembre terni
Soir enseveli d’ennui
Couvert de nuages gris
Gelé, ankylosé, endolori
Apparaît enfin la mélancolie
Se réveillant de sa léthargie
Réanimée, épanouie, ravie
Elle baille et s’étire
Et se met à rire
Un rire de plaisir et de délire
Elle met son costume noir
Son manteau noir
Ses gants noirs
Et son chapeau noir
Élargit ses manches du désespoir
Aiguise la lame de son rasoir
Et sort…
Elle va à la chasse
Sagace, perspicace, efficace
Féroce, rapace, vorace
Elle prend place
Sur un banc public
Avec une assurance diabolique
Et une aisance machiavélique
Elle contemple en silence
Les gens qui passent
Attendant avec patience
Une victime sans défense
Sans méfiance, sans vigilance
Un homme seul de préférence
Elle adore les hommes seuls
Ils sont, de nature, dociles
Et leur chasse est plus facile
Elle le regarde en souriant
Son regard ensorcelant
Son sourire rassurant
Son air innocent
Rendent le passant confiant
Il vient sagement s’asseoir
A côté de la femme en noir
Sur le banc du désespoir
Pour une éternité de perdition
Il devient un petit enfant
Assis à côté de sa maman
Regardant passer les passants
Regardant passer le temps
Elle lui prend la main doucement
Et la caresse tendrement
Le regarde droit dans les yeux
Et lui murmure des mots doux
L’homme assis ferme les yeux
Et tout devient subitement noir
La mélancolie brandit son rasoir
Et lui tranche le cou
D’un seul coup
Avec un savoir faire exemplaire
Le sang gicle et coule par terre
L’homme sent une étrange sensation
Le pénétrer de la tête aux pieds
Regarde couler son sang
Et n’a plus envie de bouger
Il savoure cette étrange béatitude
Dont il n’a pas l’habitude
Il déguste cette délicieuse lenteur
Qui le plonge dans une profonde torpeur
Mais il n’a pas l’air d’avoir peur
Il n’a pas l’air de souffrir
Il est pourtant en train de mourir
Comme meurent toutes les créatures
Auxquelles on vient d’ôter la vie
L’homme assis à côté de son amie
Reste là un long moment
Regardant les passants passer
Regardant sa vie passer
Sans s’ennuyer, sans se lasser
La mélancolie pleine de félonie
Ravit la vie de l’homme assis
Suçant sa sève comme une sangsue
Buvant son sang comme une chauve-souris
Et sans préavis
Elle se lève et disparaît sans bruit
Dans la foule infinie
Laissant l’homme assis
Seul dans la nuit
Son sang ne coule plus
L’homme ne bouge plus
Devenu statue!
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Agadir, le 7 / 12 / 2013
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Tous droits réservés🪶 Signature de la plumeMa vie n'est plus une barque dans une mer enrag?e
Et je ne suis plus le naufrag?!
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Mostafa, point fat, seul, las, si doux, r?vant de sa mie!!!
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